‹ La Traite et le Droit InternationalChapitre 28 sur 54 · Officiel du 19 novembre · texte numérisé non relu

Officiel du 19 novembre

que, pour prévenir les abus commis, un bâtiment de la division navale de l'Océan Indien avait été envoyé en surveillance afin d'empêcher que notre pavillon :pût servir malgré nous au trafic des esclaves.

Quant au blocus des puissances dont le but principal avoué était la répression de la traite, il n’y avait pas de grandes illusions à se faire sur ce qu'il deviendrait.

Celui-ci a abouti pour certaines d’entre elles à un but d'intérêt purement politique. L'Allemagne et l'Italie se servaient par exemple du prétexte de la traite pour établir leur domination d’une manière effective sur les pays, s’occupant fort peu du sort des esclaves. L'Italie se montrait très douce pour protéger le sultan d’Aoussa qui continuait à envoyer ses esclaves sur la côte avoisinant Assab où ils étaient embarqués la nuit.

Le but aux yeux de tous du blocus de Zanzibar par les Anglais et les Allemands était la suppression de la traite et du commerce des armes, mais le but réel, effectif, c'était, le protectorat politique et douanier ne leur suffisant pas, d'établir leur autorité de fer sur les territoires de Saïd Bargash. L'Allemagne voulait affermir sa puissance sur le territoire de Zanzibar et les populations qui en dépendent.

Quant à l'Angleterre elle voulait surtout ne pas

laisser l'Allemagne agir seule dans un pays où les intérêts commerciaux des Anglais leur ont depuis longtemps acquis une sorte de suprématie.

Get élat de guerre facilita de la part des Arabes quantités de très lucratives razzias d'hommes sur les côtes qu'ils embarquaient ensuite pendant la nuit.

Et, tandis que l'Allemagne expérimentant la portée de ses canons bombardait à son aise le pays pour lui conserver son indépendance, l’Angleterre tout en maintenant intacte sa réputation de philanthropie trouvait moyen de fournir à ses colonies de Mahé, Maurice et Natal, une quantité considérable de bras qui travaillent à bon compte.

Sila cause « des noirs» avait été seulement confiée aux hommes d'Etat, elle était menacée de demeurer soumise aux questions politiques et de toujours céder le pas aux questions d'intérêt. Heureusement pour elle, de vrais philanthropes devaient élever la voix en sa faveur et suscitant, comme le dit Renan, une de «ces grandes influences morales qui courent le monde à la manière des épidémies sans distinction de frontière et de race » (1) ils allaient faire accomplir à la cause de la civilisation et du progrès une de ses plus grandes étapes.

Ils allaient être aidés en cela par la situation actuelle des côtes d'Afrique. Celles-ci, en effet,

Page 1