‹ La Traite et le Droit InternationalChapitre 29 sur 54 · Renan, Vie de Jésus, p · texte numérisé non relu

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De Montardy 9

placées dans la sphère d'influence dé l’une où l’autre puissance, 1l devenait manifestement possible de couper les communications entre les lieux d'origine du commerce des esclaves et les marchés d'outre-mer auxquels les traitants arabes destinent leurs captifs.

Le contrôle que pourrait exercer chaque puissance était suffisamment effectif pour supprimer la traite‘maritime sur la côte Orientale sans qu’il fallût demander à aucun Etat de renoncer à ses préjugés ou à sa politique traditionnelle. Une conférence dans le but d'arrêter les mesures destinées à la répression de la traite s’imposait dans de telles conditions. Déjà l’Institut de droit international s'était prononcé, le 7 septembre 1888, sur les solutions adoptées par la conférence de Berlin en matière d'occupation et avait émis les vœux suivanis :

Art. 8. — « L'autorité de chaque nation préparera l’abolition de l’esclavage. L'achat ou l'emploi des esclaves pour Je service domestique par d’autres que par les indigènes seront immédiatement interdits. »

© Art. 9. — «La traite sera interdite dans toute l'étendue des territoires visés par la présente déclaration. Ces territoires ne pourront servir ni de marchés, ni de voie de transit pour la vente des esclaves et les mesuresles plus rigoureuses seront

prises contre ceux qui se livreraient ou qui seraient intéressés à ce trafic. On empêchera l'introduction et le commerce intérieur des cangues et autres instruments de supplice à l'usage des propriétaires d'esclaves. Le débit de boissons fortes sera réglementé et contrôlé de façon à préserver les populations indigènes des maux résultant de leur abus. »

En 1888, la grande voix de Léon XIIT (1) s'était fait entendre annonçant une croisade nouvelle avec un nouveau Pierre L’Hermite pour la prêcher. Il s'agissait de notre compatriote, Mgr Lavigerie, évèque de Carthage, qui entreprit aussitôt de visiter les principales contrées de l’Europe pour y jeter les fondements d’une œuvre anti-esclavagiste. Il fonda en France, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en Portugal, en Autriche et en Espagne des comités unis sans doute dans une pensée de civilisation el de solidarité fraternelle, mais exclusivement nationaux séparés pour l’action, devant trouver leurs ressources chacun chez eux et par conséquent mettre

1. « Plaise à Dieu que tous ceux qui ont la puissance et qui tiennent l'empire ou qui veulent que les droits des nations et de l’humanité soient sacrés ou qui sont au fond du cœur dévoués au progrès de la religion, que tous,en tout lieu, écoutent nos exhortations et nos prières, unissent leurs efforts pour empêcher, pour réprimer, pour abolir le plus honteux

et le plus criminel de tous les trafics. » Lettre de Léon XIII aux évêques du Brésil.

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