sujets anglais au lieu de G. 000 en i8<S
mais le premier chiffre comprend G à 7. 000 soldats
ou matelots ctG.SooMaltais qui parlent italien; si
MÉTiN. — Egypte. 7
«•« LA TRANSFORMATION Dfi L*ÉGYi>TE
Ion drduit (*es deux catégories du total, le reste iir iialanco pas Irs i'|.i.V> Fraiii;ais qui résidaient on Ki^v|ilr. il 1 r|)o«|uo du recensement.
I)'aprc> la nicme source, on comptait eu Kuyplc 7.117 sujets austro-hongrois et i.*i77 alhMuands. Il faut croire que ces derniers étaient tous réunis au (^ire le jour où Tenqiereur fit son entrée à Jérusalem : alors, en effet, les fenêtres et les magasins du quartier européen s*ornëreiit d'un >i grand nombre de drapeaux allemands que tout le monde en fut étonné.
(>es Allemands sont pour la plupart des représentants el employés de commerce qui travaillent à l'écoulement des produits germaniques. L'Allemagne achetait h TÉgypte 3<)y.79i L. E. de marrhandises et lui en vendait iSS.ag'J L. E., en iX^j'i: en 1901, elle achetait ù l'Egypte pour r).3o.36^> L. E., et lui vendait pour 77H.096 L. E. ^9oo.S!>4 L. E. dans Tannée 1900 où le commerce en général a été pi us prospère) . Entre les deux pays, l'échange des produits se fait surtout par Trieste. Il convient donc de citer les chiffres relatifs au commerce de TAutriche-Hongrie avec TEgypte, car il est alimenté en partie par TAllemagne.
En 1893, rAutrichc- Hongrie importe d'Egypte la valeur de yr^G.ooi L. E. et exporte eu Egypte pour 4G7.033 L. E. En 1901, les importations vont à i.o5i.aooL. E., lesexporUitions i\ 6:^8.408 L, E. (en 1900, 642.473 L. E.). Les deux commerces allemand et autrichien réunis ne font, malgré leur marche ascendante, qu'une faible partie du trafic égyptien qui se chiffrait en 1901 par i5.244-93g L. E. d*impor(ations et i5.73o.o88 L. E. d'exportations.
Les commerçants allemands réussiront en Egypte comme dans tout l'Orient, parce qu'ils apprennent Tarabe, se montrent prévenants avec le client indigène et lui consentent les crédits les plus longs. L'Oriental, en effet, est imprévoyant et ne songe à sa dette que le jour de Téchéance ; il préfère donc parmi les fournisseurs celui qui accorde les délais les plus étendus. Avec TAllemand, d'ailleurs, l'Égyptien, s'il ne peut payer, obtiendra un renouvellement, à condition de prendre encore des marchandises. Grûce à ces procédés, les Allemands s'établissent partout et font le commerce de demi-gros, presque de détail, tandis que les autres Occidentaux se conten-
liii«'iit de vomirc m ^ros à ilcs intormédinires ori«Mit:ui\ rl;ili!is dniis 1rs «grandes villes. Les rofïriirreiil> des Alleniands préh»iideiil que les iM'iirliefs «liiisi réalisés sonl miiiiincs, que les risques courus sonl trop considérables cl ne vali'id [>as le mal qu'on se donne : les événements montrent (|ue (OS critiques ne nian(|uenl pas de fondement. Mais les Allemands sonl |)arnH les Européens ceux qui regardent le moins à leur p#»ine.' lis onl un autre avantage, c'est une solidarité qui se manif<»ste dans les plus pelils détails : un*» dame allemande résidant au Caire, entend deux Français qui parlent d'acheter des vêtements coloniaux, elle s'offre à les seconder alors que nul de leurs compatriotes n'y a songé, elle les conduit dans un magasin allemand, où ils achélïMil des marchandises allemandes; le lendemain, rlle reçoit du vendeur une hoîte de cravates en manière de prime. Le mari de cette dame raconte qu'il a été chimiste dans une sucrerie française de la Ilaute-Kgypte ; trouvant qu'il n'avançait pas assez vile, il est revenu au Caire et s'est fait agréer comme gérant d'un hôtel, u Quand on veut réussir hors de chez soi,
<lil-il, on doit souvent changer de niélier. » Tel est le i>nnri|Kî de r.\ll(Mnniid (|ni va ciierchor forlune à Pélranger; il se plie aux circonstances, ajiprend toutes les langues qui peuvent lui être utiles et s'adapte aux mœurs du pays.
Lestouristf\s allemands sont de la mOnieétoiïe que leurs com|>atriotes établis à demeure ; moins préoccupés que les Anglais «l'avoir une allure aristocratique, ils savent voyager à moins de frais, souvent d'une façon plus confortable et toujours en voyant plus de choses. Ils ont lu les guides, les livres de géographie et d'histoire, ont a|)pris jusqu'aux altitudes et aux dates, ils se sont fait un plan de voyage, s'informent de tout, voient tout, lient conversation avec leurs voisins et les indigènes, questionnent tous ceux qui veulent leur répondre. Ce sont des compagnons de voyage parfaits quand ils sont discrets autant que savxints, et dont les renseignements ont souvent leur prix.
Les Italiens, au nombre de !i/|.^G7, se divisent en deux classes, d'une part les hauts fonctionnaires et les négociants comparables à ceux de France ou d'Angleterre, de l'autre les nombreux
iiiimigrrs |»;iuvn*s qui viv<;iil à |h»u prrs couiiiic les iiHliirfMics ci qui sont houliquicTS, garçons lie cafr, ouvriers, agents des douanes ou de la |iolice.
Les Hellènes comprennent 38. 175 citoyens du royaume de Grèce et h peu près autant de sujets lurcs. Ils se divisent comme les Italiens en deux i.'lasses : la plus haute comprend des avocats et de riches né.orociants du Caire ou d'Alexandrie, d'îux profes.sjons où les Hellènes réussissent parfaitement : la classe inférieure — de beaucoup la plus nombreuse — s'occupe principalement de petit commerce. Le revendeur, le colporteur irrecs font penser au fameux vers de Juvénal. Ils s'insinuent partout : après la prise d'Omdourman par lord Kitchener, le premier marchand euro|ïéen <[ui parut au milieu des Anglais était un Grec portant un ballot de cigarettes. En Kgypte, tout gros village possède un ou plusieurs èaAAr//. bazars oùse trouventépicerie, mercerie, vêlements, chaussures, vaisselle, débit de liqueurs, mont-dc-piélé ; le bakkcd appartient soit à des Grecs, soit à des Albanais, descendants des anciens lllyriens qui parlent une langue pa-
Les Occidentaux qui résident en lîlgyple n'y sont pas lous au sei'vice des différentes administrations. Le commerce, l'induslri^î naissante occupent près de la moitié, exactement 47,85 7© de la population étrangère. Parmi les G.Cr^') personnes apparlenant aux professions libérales (1897), 5î5 Vo sont des européens, parmi lesquels on trouve une forte proportion d'avocats et avoués ; les procès ne manquent pas dans un pays international à juridictions multiples comme TEgypte ; il y a peu de villes au monde où les gens de loi de toute origine se comptent en aussi grand nombre que dans Alexandrie, la cité des affaires, ou au Caire, la capitale politique.
Les archéologues forment un groupe peu nombreux, mais justement considéré. Le gouvernement français entretient au Caire depuis 1879 une mission archéologique, comparable aux Ecoles d'Athènes et de Rome et dont les membres continuent la tradition de Champollion, de Mariette-Pacha, à qui l'Egypte fait élever un monument devant le Musée du Caire (1), qu'il administra, et de tant d'autres de nos compa- (1) Aulrefois de Boulaq, puis de Ghizé.
»; LA TRWSKORMATION DK L KCYPTE
triulcs. Les Fnin» nis ont rivo IViî^yplologic où s'exorro inîiinlonnnl I émulation féconde de loulcs les nations, ils se maintiennent aux premiers rangs dans cette science, et c'est avec justice que le gouvernement égyptien a toujours confie l'administration lie son Musée, la plus riche collection d'antiquités pharaoniques, à un savant français, qui exerce en même temps la direction des fouilles archéologiques.
A coté des résidents, on trouve de nombreux étrangers de passage, attirés par les monuments et surtout par le climat dePÉgypte. Le Caire est depuis longtemps une station d'hiver qui fait concurrence à celles de TEurope méditerranéenne et de TAIgérie ' i •.
L'hiver doux et sans pluie de TÉgypte convient auxphtisiquesetaux rhumatisants, qui séjournent de préférence au hord du désert ou vers le sud. De magnifiques hôtels ont été construits au pied des Pyramides. i\ Hélouan-les-Bains près du Caire, à Louqsor.à Assouûn et. depuis la reprise du Soudan, à Khartoum. Leur personnel est composé en grande partie d'Allemands et de Suisses ; 11) DescripUon, pages 34-35. ,
KISANCAIS KT ANGLAIS
Les Fnuiçais cl les Anglais ont eu sur les affaires privées et publiques de l'Egypte une iniluence beaucoup plus grande que les autres Occidentaux. De Mohanimed-Ali à l'abdication d'Ismaïl, dans ce qu'on pourrait appeler la période d'influences internationales, les Français ont joué le principal rôle. Les Anglais n'ont guère commencé à leur disputer le premier rang qu'au temps des embarras financiers, des émeutes et surtout après le débarquement ( i88r^), qui amena la (in du double contrôle (iS83) ; encore leur conduite est-elle restée quelque temps incertaine.
Un\ l.\ TRANSFOIiMATION DK I. KC.YPTK
On (loil roroniinllro, en cfîel, qu'on 1S8;? le irouvrrncnirnl aii«:lais songeait surtout i^rôprimor les trouhles. Après le cléban|uement, les ministres librraux onl parlé plusieurs fois et sans arrière-pensée de retirerles troupes britanniques ; jusipie vers i«SS8, le parti de Gladslone a considéra Irvacuation comme possible et n'a jamais refusé d'en discuter les conditions. L'opinion anglaise élîiil alors indécise et ne semblait pas favoralile à une occupai ion définitive.
Aujourd'hui. le programme de paix et de réformes que Gladslone appliquait a perdu la plus grande partie de ses adhérents ; la majorité du pays a été conquise par Timpérialisme et ne rôve plus qu'annexion. Les événements dramatiques de Tannée i<^^, à la fin de laquelle nous avons parcouru rKgyple. ont montré que le gouvernement actuel de TAnglelerre entendait garder la vallée du Nil aussi longtemps qu'il serait le plus fort. II semble donc que le moment soit passé pour l'Egypte de reprendre sa liberté. On ne saurait pourtant affirmer que l'occasion ne reviendra plus, car l'Egypte n'a pas été, par un acte formel, annexée à l'Empire ou placée sous