‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 7 sur 42 · VALLKE ET DELTA DU ML · texte numérisé non relu

VALLKE ET DELTA DU ML

qu'aux r<li(i(('s (hi (|uinzicin<ï sirch» dont les miriarcis iiaillicolorcs, rlancés, jijourrs, jonl songer à nos clocliers de style flanihoyanl (i). Os constructions ne sonl pas les restes <run passe disparu. Au (laire, le culle est céléhré, renseignement donné comme au moyen Age. Partout la vie de TOrient musulman se révèle à l'Européen. Dans le quartier des bazars, les artisans et les marchands se groupent par corps de méliers dans de grandes cours ou le long de ruelles que des tentures protègent contre le soleil : ici, on respire Todeur des huiles et des essences, ailleurs Pair retentitdu bruit des ciseleurs sur cuivre, ailleurs encore ce sont les ballots de tapis précieux que les caravanes ont apportés d'Asie-Mineure et de Perse.

Les rues sont pleines de piétons, de cavaliers, d'àniers ; le porteur d'eau circule avec son outre, le marchand de coco avec sa cruche et ses cymbales de cuivre, le perruquier ambulant, le ven-

(1) PnissE d'Avknxes, L'Art arabe au Caire, 1 vol. in-/|, avec aUas en 2 vol. in f«. Le manuel de M. Gavet, L'Ari arabe^ (Bibl. de l'enseignement des Beaux-Ails, Paris), étudie surtout les monuments du Caire.

MÉTiN. — Egypte. 3

M l-\ TIS\N>KUIIM.\TIUN l)K I. KGYPTK

«loiinlo crcpf*s ri de viandes frites, s*iiis(allcnl à ronil»re: sous les gr.indes voùlesdes|)()rtesorienlales. li's oisifs s'nssemMent pour fumer leur pipe et se raeonler des liisloires inlerronipucs par des éclats de rire. (Jn a sous les yeux les petits métiers, les personnaj^es, le décor des Mille et une nuits.

Tout à côté, rOccident a transporté son activité qui varie suivant les différents quartiers européens : aux alentours du jardin de TEzbékieli dominé par les fûts hiancs et les l)ranches vertes des |>almiers royaux, un coin de boulevard avec l'Opéra italien et français, les magasins francaiset allemands, lescafés italiensct grecs, est le centre des nations méridionales et des Fran^;ais, où le bruit et la gaité dominent. Plus loin, au bord du Nil, la cité anglaise a été construite loin de la ville indigène ( i; : elle est coupée par des avenues plantées d'arbres que bordent des villas isolées et cachées dans la verdure; ni cafés, ni boutiques; des cavaliers, des équipages, voilà toute la vie extérieure. Tout près, dans une île du fleuve, a

Il Sur lo motlêlo des villes anglaises des Indes. Voir notre fmle d'aujourd'hui, |»a£res i45 et 179.

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vÀv trucrc \i\ proinoiiîulc <-irculair(* «Je tîliczirch, ({iio les Aiiglnis ont niiso ;'i la \\uh\o et où aflliieiit clia(iue soir les voilures de maîlres. (^c <|iiarlicr élégant et froid est celui qui s'agrandit l<^ plus vite. On y bâtit des maisons, on y aménage des hôtels à Tusage des riches anglais ou américains qui viennent chaque année plus nombreux passer Thiver en Egypte. Partout les capitalistes indigènes se mettent à construire pour les Européens. L'un d'entre eux possède la maison donnant sur TEzbékieh où nous avons pris notre logement : il en fait élever une autre beaucoup plus belle dans le quartier anglais du Nil. Nous allons la visiter. C'est un grand édifice de la Renaissance italienne devant lequel on place un magnifique i)erron en marbre de Carrare, récemment arrivé de Livourne, ainsi que l'escalier et les cheminées ; le Caire et Alexandrie achètent chaque année pour plus de cinq cent mille francs de marbre. Les parquets sont venus tout façonnés de Norvège et de Trieste; le gaz, Teau sont installés pardes ouvriers européens. En cherchant dans tous les coins, on ne trouve que deux détails égyptiens, la salle de bain sans bai-

gnoire et le loit en Icrrasse où les (ioiiieslicfiies indigènes viendront faire hi lessive ilans de grandes jarres de terre, suivant Tiisagc loeal. La uiais(»n est disposée de manière à pouvoir, selon les besoins, Hre louée à des particuliers ou transformée en hôtel meuldé.

Le Caire a pour cadre les derniers escarpements des deux falaises dorées qui bordent le Nil depuis la Nubie, gradins de deux plateaux déserts, le lybique à l'occident, Tarabique àlorient. qui s'écartent et font place au delta. Au pied du Mokattam, dernier promontoire du plateau arabique, se trouve la vallée des tombeaux, cité de nécropoles, où la mémoire des anciens sultans est rapi>elée par des mosquées aux couleurs tendres surmontées de dômes et de minarets. Comme dans tout l'Orient, les monuments ne sont pas entretenus, mais, pour ceux-ci, leur délabrement s'accorde avec la solitude de la vallée; au delà des tombeaux on voit s'étendre au loin une plaine sans maisons et sans habitants, nue sous l'éclatant soleil : du côté de la ville, arrive, par-dessus un mamelon brûlé, la rumeur confuse du Caire, semblable au bruit lointain d'une récréation d'écoliers.

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