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Est-ce là une préparation à l'envoi dans une colonie pénitentiaire ou àla remise à la famille ? Doit-on laisserles enfants dans de pareilles conditions, sans travail, pendant le temps, assez court à la vérité, en général, que dure l'instruction de leurs affaires en province ? Personne n'oserait le soutenir.
Tant que l'état de choses actuel durera, l'administration pourrait à notre avis charger les gardiens chefs de veiller à ce que les jeunes prévenus aient du travail; ils pourraient être par exemple employés à tous les menus travaux de l'intérieur de la prison; l'administration pourrait récompenser de quelque gain les services rendus par les enfants. D’un autre côté les gardiens, pour la plupart anciens sous-officiers, pourraient leur donner des leçons élémentaires de lecture, d'écriture, de calcul, etc. :
On pourrait faire encore mieux : ce serait de créer pour une série de départements, chacun supportant sa part dans les frais de construction, une maison de prévention pour les mineurs des deux sexes ; ce serait comme celle que nous avons souhaité voir construire à Paris, une sorte d'école professionnelle, vaste et bien aérée.
On pourrait même charger de toutes les affaires qui concernent les mineurs arrêtés dans la région le Tribunal où serait construite la maison de prévention.
On aurait de la sorte des magistrats compétents pour ces affaires d'un genre tout particulier : d'un autre côté l'enfant qu'on enverrait à la colonie ou que l’on rendrait à sa famille, aurait été sinon amendé, au moins arrêté
dans sa déchéance morale.