LES ÉCOLES DE RÉFORME
Les écoles de réforme françaises reçoivent les enfants délinquants qui n'ont pas encore 12 ans, et ceux-là seulement : voilà en principe la seule différence qui les sépare des colonies pénitentiaires proprement dites.
Mais pour peu qu'on s’y arrête, on ne tarde pas à voir que le mode d'éducation y est très différent; ces écoles peuvent remplacer pour les enfants qui leur sont confiés, fort jeunes, fort malléables encore par conséquent, la famille perdue ou mauvaise, et c'est ce à quoi elles visent le plus possible.
À cet âge, en effet, et à cet âge seul, il est possible de confier à des femmes en tout ou en partie l’éducation de l'enfant délinquant; et l'influence des femmes est excel-
lente dans ce cas (1-2).
Dans les écoles de réforme plus de gardiens, plus de professeurs, mais en quelque sorte des pères et mères
adoptifs.
Les principales écoles de réforme sont les suivantes : celles de Frasnes-le-Chäteau, de Saint-Eloi, de Saint- Hilaire, de Moisselles, qui sont dues à l'initiative privée ; l'école de réforme publique de Chanteloup.
(1) Puybaraud, Maisons d'éducation préventive el correctionnelle, p.28.
« Les femmes exercent sur les plus mauvais garçons, pourvu qu'ils leur soient remis jeunes, une influence dont les hommes n’ont pas le secret, »
(2) Notons aussi l'institution, que nous verrons plus loin, de la « matron » dans les écoles industrielles anglaises.