‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 36 sur 50 · PARAGRAPHE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE PRÉLIMINAIRE

La libération (1).

L'enfant, lorsqu'on juge possible de le faire sortir de la colonie pénitentiaire, est devenu un travailleur instruit ; mais est-il réellement un ouvrier, connait-il la pratique de son métier? certainement non; il aura besoin d'un soutien qui, lui faisant connaitre la pratique journalière de ce métier, l’habitue à envisager les nécessités souvent très pénibles de l'existence libre; il trouvera ce soutien, nous le verrons, dans la société de patronage.

Même dans nos colonies les mieux organisées, l'enfant n'aura guère pu apprendre tout ce qu'il lui faudra savoir

(1) Règlement de 1869, art. 111 et suiv.

pour être, une fois libre, un parfait ouvrier : charron, il ne saura faire en général que de la carrosserie agricole ; coutelier, on n'aura pu lui apprendre que la fabrication des couteaux à bon marché... La société de patronage devra donc faire donner un complément d'apprentissage au jeune libéré.

Elle lui sera encore indispensable à un autre point de vue : l'enfant à la colonie est sûr d’être nourri et logé ; il est certain qu'il sera soigné, s’il est malade : aussi travaille-t-il souvent un peu nonchalamment. Que deviendrait cetenfant, sion lerendait sans transition à l'existencelibre, de lutte constante et souvent acharnée ? Ici encore la société de patronage interviendra, aidera l'enfant à se mesurer avec les difficultés de la vie, en le nourissant s’il est sans place, en le soignant s’il est fatigué ou malade, en le conseillant toujours.

Nous avons.vu autrefois que, si la famille en était jugée digne, on lui remettait son enfant à la sortie de la colonie pénitentiaire : la société de patronage doit être en quelque sorte la famille de celui quin’en a pas oudontla familleest indigne.Le patronage des jeunes libérés n'est pas un but, il est l’un desmoyens quipermet d'arriver à transformer nos petits malfaiteurs d'autrefois en d'honnêtes travailleurs, d'arriver à réaliser le but de l'éducation correctionnelle,

qui est celui que nous essayons de mettre en relief : la moralisation par le travail.

L'enfant peut sortir de la colonie de deux façons : {° Par la libération provisoire :

2° Par la libération définitive.

Page 1