ITISTORIQUE DU PATRONAGE FRANÇAIS DES JEUNES LIBÉRÉS
C'est en 1833 que fut fondée la Société de patronage des jeunes détenus et libérés du département de la Seine. Le 17 février 1847, une circulaire ministérielle s'occupa pour la première fois du patronage des jeunes libérés. « Ce qu'il faut, disait-elle, c’est leur assurer le bénéfice d’une sorte de tutelle morale, les protéger dans l'avenir par une salutaire direction vers le bien, les rendre meilleurs et les défendre au besoin contre eux-mêmes, afin que la société n'ait pas à se défendre contre eux. »
Survint alors la loi de 1850 dont l’article 19 était ainsi conçu : « Les jeunes détenus désignés aux articles 3, 4, 10 et 16, $ 2 et 3, sont à l’époque de leur libération placés sous le patronage de l’Assistance publique pendant trois années au moins.» Le patronage légal des jeunes libérés était créé en théorie; l'initiative de la charité privée se ralentit, pendant que l'État de son côté restait inactif, et, en 1870, M. de Robernier pouvait écrire qu'en dehors de
(1) Voir, sur l'historique du patronage dans les différents pays, Füchs, B. S. G. P., 1889, p. 687 et suiv.
la Société des jeunes détenus et libérés du département de la Seine, aucune société de patronage n'avait encore donné de résultats appréciables.
En 1878, fut créée « la société des jeunes libérés engagés volontaires »; en 1879, la « société de protection pour l’enfance abandonnée et coupable »; en 1890, fut organisé le « comité de défense des enfants arrêtés et traduits en justice.»
L'essor était enfin donné, de tous côtés des patronages locaux furent organisés ; certains d’entre eux fonctionnent à côté de nos tribunaux de chefs-lieux d'arrondissement et rendent de réels services.
Les pouvoirs publics se décidèrent enfin, devant les résultats obtenus, à sortir de leur longue inaction: en 1894 et en 1895, deux circulaires de MM. Raynal et Peytral, gardes des sceaux, s'occupent du patronage. En 1895, sur la demande de M. Léveillé, professeur à la Faculté de droit de Paris et député, la Chambre augmente de 20.000 fr. par an le budget des sociétés de patronage.