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Récompenses et punitions. — L'argent que les enfants reçoivent en paiement de leur travail est certainement la meilleure des récompenses, car le montant des gains est exactement proportionné à l'ouvrage fourni ; il est ainsi un encouragement constant ; il est très moralisant, car il fait comprendre à l’enfant, comme nous l'avons déjà dit,
qu'il peut gagner sa vie en travaillant.
Nous ne saurions au contraire admettre comme punition la privation de parloir ; en effet, si les parents sont d'honnêtes gens, l’intérèt de la moralisation de l'enfant doit passer avant l’idée de punition : onne saurait en effet aller à l'encontre de lagrande idée d'éducation qui domine le droit français actuel sur les mineurs délinquants ; si au contraire la famille est mauvaise, il fautéviter, durant le temps dela détention, tout rapport de celle-ci avec les enfants. Il faut reconnaître du reste qu'à la Petite Roquette les précautions sont bien prises pour n’admettre au parloir que des parents d'une moralité incontestable : il faut, pour être admis à visiter un détenu, obtenir la permission du préfet de police ou dujuge d'instruction,permission quin’estaccordée qu'après une enquête sur la moralité des parents. Il arrive cependant que, sans la grande surveillance exercée au parloir même, ces mesures resteraient sans effet,ainsiqueletémoigne l’anecdote suivante : «Un père avait obtenu la permission de voir son enfant ; celui-ci fut demandé un jour au parloir par une jeune femme qui se disait sa sœur ; on lui refusa l’autorisation de voir l'enfant qu’elle demandait, le père seul ayant une autorisation. Quelques jours après, la femme revintavec une autorisation pour elle ; le directeur
de la Petite Roquette, ne serait-ce qu'en les prenant sur leurs heures de sommeil, beaucoup trop longues à notre avis.