‹ La Transfusion du Sang chez le Nouveau-néChapitre 12 sur 48 · BE, VAE · texte numérisé non relu

BE, VAE

On peut s'assurer d’un donneur compatible de plusieurs façons :

MÉTHODE INDIRECTE. — Epreuve de Beth-Vincent. — Cette épreuve a l’avantage d’être rapide et de n’exiger qu’un simple examen à l’œil nu.

Mais elle réclame des sérums des groupes II et III rigoureusement étalonnés, riches en agglutinines (Dyke) et fraîchement préparés (Weïill et Lamy, Société médicale des Hôpitaux, 13 juin 1924).

Pour la réaliser, on prend une lame de verre propre et sèche ayant, dans un angle, le chiffre IT, dans l’autre angle le chiffre IT gravés ou inscrits sur une étiquette; on dépose, à l’aide d’un tube capillaire stérilisé, une goutte de sérum II dans le coin correspondant. :

Avec un autre tube, on dépose dans le coin correspondant une goutte de sérum III. On pique la pulpe d’un doigt du donneur éventuel et on fait, par pression, sourdre un peu de sang. Avec un petit agitateur en verre propre et séché, on prélève une goutte de sang que l’on mélange à la goutte de sérum II. Avec un autre agitateur on prélève une nouvelle goutte de sang que l’on mélange à la goutte de sérum IIT On imprime à la lame de légers mouvements de balancement en ayant soin de la placer au-dessus d’un fond blanc. .

L’agglutination, lorsqu’elle a lieu, est généralement rapide et l’on voit alors des petits amas de globules accolés, des grumeaux qui flottent dans le sérum.

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L L3 - Li ,. $ Quatre combinaisons peuvent avoir lieu qu’il faudra interpréter de la manière suivante :

1° Le sang examiné est agglutiné par les sérums II et III : il'appartient alors au groupe I;

2° Il n’est agglutiné que par le sérum II : il appartient au groupe II]; © 8° Il n’est agglutiné que par le sérum II : il appartient au groupe Il; |

4° Il n’est agglutiné ni par le sérum Il, ni par le sérum II : il appartient au groupe IV.

EPREUVES DIRECTES D’AGGLUTINATION. — Ainsi que nous le verrons plus loin, le sang maternel étant choisi de préférence, la méthode de Beth-Vincent perd de son intérêt pour la recherche de la compatibilité intersanguine. Nous sommes fervent partisan des épreuves directes d’agglutination. |

Technique de Jeanbrau. — On a fait (Charbonnier) à la technique de Jeanbrau le reproche d’être, au double point de vue du temps et de la technique, difficilement applicable pour la transfusion chez le nouveau-né.

Au point de vue temps, la transfusion du sang chez le nouveau-né n’a généralement pas le caractère d’urgence qu’elle possède chez l’adulte et on peut, dans la majorité des cas, disposer d’une marge de deux heures.

Voici la technique que nous avons suivie :

Au moyen d’une seringue de Luer stérile et sèche, armée d’une aiguille à injection intra-veineuse fine,

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de préférence conservée dans de l’éther paraffiné, on prélève au nourrisson un à deux centimètres cubes environ de sang par ponction du sinus longitudinal supérieur, au niveau de la fontanelle postérieure.

La ponction du sinus en ce point indiqué par Guéniot et Seguy, n’est certainement pas plus difficile à réaliser que la ponction du lieu d’élection, c’est-à-dire au niveau de l’angle postérieur de la grande fontanelle.

Guéniot préfère même la voie de la fontanelle postérieure pour la transfusion, le sinus étant, à ce niveau, plus gros qu’au niveau de la fontanelle antérieure.

Nous avons aussi utilisé cette voie pour la transfusion lorsqu'il y avait de grandes difficultés à passer par la fontanelle antérieure.

La région est préalablement rasée et aseptisée à l'alcool faiblement iodé; le nourrisson est tenu par un aide qui le maintient entre ses genoux de telle façon que l’occiput regarde en avant. La tête est en même temps fixée solidement par les mains de l’aide, en flexion marquée, sans exagération.

L'opérateur repère de l’index gauche l’angle antérieur de la petite fontanelle, enfonce l’aiguille à travers la fontanelle parallèlement à la suture sagittale, en se tenant bien exactement sur la ligne médiane. Sitôt qu’il a la sensation d’avoir perforé une membrane résistante, l’aiguille est dans le sinus. Grâce au

parâffinage préalable de l’aiguille, même trés fine, le sang vient facilement dans la seringue. L’opérateur aspire ainsi 2 centimètres cubes de sang qu'il laisse coaguler dans un petit tube à hémolyse bien sec,

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Il faut attendre environ deux heures au minimum pour obtenir la rétraction du caillot. Nous conseillons de placer le tube dans un endroit très frais.

Une fois en possession du sérum du récepteur, il est facile, en mélangeant sur une lame de verre deux gouttes de sérum du récepteur et une goutte de sang du donneur, et en communiquant à la lame un balancement continuel pendant deux minutes environ, de se rendre compte de l’agglutination éventuelle.

Celle-ci, si elle existe, se manifeste par l’apparition, au sein du mélange, de petits amas globulaires comparables à de la brique pilée, nettement visibles à l'œil nu. L'apparition de ces amas se fait en une ou deux minutes, parfois même en quelques secondes. S'il n’y a pas d’agglutination la teinte de la prép'aration est uniformément rose.

Si le sang de la mère n’est pas agglutiné par le sérum du nouveau-né, elle sera choisie comme donneur. Dans le cas contraire, on recherchera ün donneur dans l'entourage par le même procédé.

Si l’on désire que le donneur soit du même groupe que l'enfant, il faut confronter de la même manière le sérum du donneur avec les globules rouges de l’enfant et ne pas obtenir d’agglutination.

Technique de Bécart. — Elle permet d'obtenir plus rapidement un résultat, mais elle exige l’examen au microscope.

Il faut disposer de quatre verres de montre stérilisés à la chaleur sèche. Dans le premier, l’opérateur met deux à trois gouttes d’une solution de citrate de

soude à 2/100; dans le deuxième, deux à trois gouttes d’eau distillée. Il pique la pulpe d’un doigt du sujet à transfuser et fait tomber deux ou trois gouttes de sang dans chacun de ces deux verres. Dans le premier verre, il aura ainsi une suspension de globules rouges; dans l’autre, le sang se laquera et il obtiendra du sérum dilué du récepteur.

L'opérateur procède de même pour le donneur.

Il dépose ensuite, sur une lame, une goutte de sérum dilué du récepteur qu’il mélange avec une goutte de l’'émulsion citratée des hématies du donneur.

Il examine entre lame et lamelle au microscope.

L’agglutination, si elle existe, se produit environ après 15 minutes. S'il n’y a pas d’agglutination, le sang du donneur éventuel est compatible.

Technique de De Biasi. — Cette technique a été publiée en France dans la thèse de Salavert (Montpellier, 1925).

On met dans deux tubes à hémolyse 5 gouttes de solution citratée à 1,5 %. Dans l’un des tubes, on fait tomber 9 gouttes du sang du récepteur et une goutte du sang du donneur. Dans l’autre tube, on laisse tomber 9 gouttes du sang du donneur et une goutte du sang du récepteur. On agite et on laisse reposer durant une demi-heure.

Sur une lame, on met à une extrémité une goutte du tube I, à l’autre extrémité, une goutte du mélange du tube II. On ajoute à chacune de ces gouttes une goutte de sérum physiologique et on examine entre lame et lamelle.

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