‹ La Transfusion du Sang chez le Nouveau-néChapitre 14 sur 48 · ART RUE · texte numérisé non relu

ART RUE

logique sur lesquelles nous insisterons plus loin, il est indiqué de transfuser de préférence du sang maternel.

Cherry et Langrock, en 1919, ont préconisé le sang de la mère comme étant toujours compatible. Ils ont éprouvé le sérum de trente enfants avec le sang de leur mère sans obtenir d’agglutination.

Norman Capon, plus récemment encore (1924), conseille de choisir la mère comme donneur sans effectuer les groupements sanguins préliminaires.

P.-E. Weill et Isch. Wall (1925) pensent aussi que le nouveau-né peut recevoir directement, sans examen préalable, le sang de sa mère. Le sang du nouveau-né étant, d’après eux, indifférent au point de vue du groupement et ne contenant pas d’agglutinines.

Decastello, Sturli (1900), Langer (1904) prétendent, en effet, que l’iso-agglutinine est excessivement rare dans le sérum du nouveau-né et n’apparaît qu'après plusieurs mois.

Schenk (1908) affirme aussi qu’elle ne s’y trouve jamais à la naissance.

Le nouveau-né ne possèderait donc pas de groupe.

Enfin, on peut aussi penser, avec un esprit trop simpliste, que le sang du nouveau-né, étant le sang de la mère transfusé à travers le placenta, doit posséder les mêmes agglutinines.

Il n’y aurait donc aucun danger à injecter du sang maternel.

Or, il semble cependant bien que le nouveau-né peut appartenir à un groupe différent de celui de sa mère et que son sérum peut agglutiner les globules rouges

maternels.

Dès 1900, Halban avait constaté cette agglutination 4 fois sur 13 cas, immédiatement après la naissance.

Happ (1920) admet que si le groupe n’est généralement pas établi à la naissance et durant le premier mois de la vie, il peut, lorsqu'il est constitué (16,3 % des cas), différer du groupe maternel et le sérum de l'enfant peut agglutiner les hématies maternelles.

Mac Quarrie (1923) fit des constatations du même ordre lorsqu'il voulut vérifier sa théorie de l’agglutination maternelle des globules rouges du fœtus, celui-ci appartenant à un groupe sanguin différent, comme cause de la toxémie gravidique.

Il examina le sang de 180 femmes, comparativement avec celui de leurs enfants. Il détermina d’abord les groupes de la mère et de l’enfant par les méthodes indirectes. Puis, il fit l'épreuve directe d’agglutination entre le sérum de la mère et les globules rouges du nouveau-né, d’une part, et entre le sérum du nouveau-né et les globules rouges de la mère, d’autre part.

Les groupes sanguins des enfants furent trouvés complètement établis dans 11 % des cas et partiellement établis dans plus de 50 % des cas. La mère et l'enfant étaient du même groupe dans 28,8 % des cas.

L’agglutination des globules rouges de la mère par le sérum de l’enfant, qui seule importe, ne se produisit que dans 2,7 % des cas.

Les résultats de Travlos sont différents. Sur 89 cas examinés, il trouva un groupe établi complètement dans 59 cas, soit 66 %. Les caractères de groupe sont établis incomplètement dans 34 % des cas.

La mère et l'enfant sont de groupes différents dans 38 % des cas. L’agglutination des globules rouges de la mère par le sérum du nouveau-né a lieu dans 7,6 % des cas.

De Biasi a fait une étude analogue sur 100 cas.

La mère et l’enfant sont de même groupe dans 54 % des cas et de groupes différents dans 46 % des cas. Cependant, les globules rouges de la mère ne furent agglutinés par le sérum de l’enfant que 4 fois.

Chavasse trouve un groupe identique dans 66 % des cas et un groupe différent dans 33 %.

Banssillon, dans sa thèse (1925), a repris cette étude.

L’agglutination des globules rouges de la mère par le sérum de l’enfant s’est produite 22 fois sur 155 cas, soit dans 15,4 % des cas.

Sur 152 cas, les groupes sanguins de la mère et de l'enfant sont différents 55 fois, soit dans 36 % des cas.

Parmi ces 55 cas, il n’y avait pas d’agglutination des globules rouges ni de la mère, ni de l'enfant. dans 8 cas.

En ce qui concerne les 97 cas de groupes semblables, Banssillon n’a jamais constaté l’agglutination des hématies soit de la mère, soit de l'enfant, ce qui lui fait accorder une grande confiance à l'épreuve de Beth-Vincent.

Dans 6 cas, cependant, les globules de l’enfant, bien qu’appartenant au groupe IV, ont été agglutinés par le sérum de la mère.

Pas une fois, ce qui est très important, les globules

— Adi

maternels du groupe IV ne furent agglutinés par le sérum du nouveau-né.

Cathala et Le Rasle n’ont rencontré le même groupe sanguin chez la mère et son enfant que dans 72 % des cas, la discordante existait donc dans 28 cas sur 100.

Briand et Spindler ont trouvé des groupes sanguins différents dans 24 % des cas.

Pour plus de clarté, nous résumerons les résultats de ces différents auteurs dans le tableau suivant :

Agglutination Groupes |Sgrum fœtal + non établis hématies materneliss

Groupe Groupes Groupes

établis |i lèt ERP différent | complètement tes

Chavasse CON 33 %

Travlos 620% 38 % 7,6 0Jo

De Biasi 54 46 4 4 oo

Mac Quarrie | 28,8 © | 30° 30 oJo | 2,7

Banssillon 649% ; 15,4 0/0

Cathala et Le Rasle

Briand et Spindler

Page 1