‹ La Transfusion du Sang chez le Nouveau-néChapitre 15 sur 48 · D 0/ TR · texte numérisé non relu

D 0/ TR

De l’étude de ce tableau, il semble bien, comme le remarque De Biasi, que le fait de ne pas appartenir au même groupe n'implique pas toujours l’agglutination dangereuse des globules rouges de la mère par le

sérum du nouveau-né.

Ce fait est en relation avec celui signalé par Happ de l’absence, dans certains cas, d’agglutinines dans le sérum du nouveau-né.

Dans les cas où l’agglutination ne se produit pas, la transfusion reste donc pratiquement possible. Il n’y aura pas hémolyse et mise en liberté d’albumine hétérogène, donc pas d’accident grave.

Le groupement des sangs par la méthode de Beth- Vincent peut donc conduire à éliminer un donneur acceptable.

Si l’on considère, en plus : la difficulté qu’il y a à se procurer des stoks-sérums frais et riches en agglutinines, les infractions au schéma de Moss signalées par Guthrie et ses collaborateurs et plus récemment par Paul Michon, si l’on fait aussi mention du fait signalé par Nadia du Bouchet à la Société de Biologie le 9 janvier 1926 d’interagglutination positive malgré l’identité de groupe entre le sang de la mère et celui du nouveau-né, nous devons admettre que les épreuves indirectes de compatibilité par détermination du groupe sanguin (épreuves de Beth-Vincent) perdent de leur intérêt au bénéfice des épreuves directes d’agglutination.

En résumé, la moyenne des statistiques montre que dans 33,6 % des cas le groupe sanguin de l’enfant est différent de celui de sa mère.

L'incompatibilité du sang maternel, traduite par l’agglutination de ses hématies parle sérum du nouveau-né, se produit dans 7,4 % des cas, en moyenne.

Il y a donc nécessité absolue de s’assurer de la compatibilité du sang maternel avant de pratiquer une transfusion chez un nouveau-né.

NS

La préférence doit être alors donnée aux épreuves directes d’agglutination (1).

Parmi celles-ci, nous donnons la préférence à celle indiquée par Jeanbrau au Congrès International de Chirurgie de 1920.

Personnellement, nous avons transfusé trois fois des nouveau-nés avec du sang de leur mère, sans épreuves préalables de compatibilité. Ayant observé, au cours de notre troisième transfusion, des accidents inquiétants chez le receveur (apnée, cyanose, ébauche de crises convulsives), nous avons, dans les autres cas, pratiqué une épreuve directe d’agglutination entre le sérum du nouveau-né et le sang de sa mère.

Depuis que nous effectuons ces examens préalables, nous n’avons jamais constaté le moindre accident au cours de nos transfusions. -

Lorsqu'il y a contre-indication ou incompatibilité du sang maternel, le père doit être choisi, de préférence, comme donneur.

En effet, le pouvoir agglutinant est héréditaire et, en vertu des lois mendeliennes, l’enfant peut posséder

(1) Ce travail était écrit lorsque nous avons eu connaissance des récents travaux de MM. Robert Debré et Hamburger. (Société de Biologie, Paris, 8 mai 1926.)

Ces auteurs ont étudié la constitution du groupe sanguin au cours de la première année de l’existence. Dans 2/3 des cas étudiés, il existe des agglutinines dans le sérum. La classification de Moss leur est donc applicable.

Dans 1/3 des cas, il n’existe pas d’agglutinines ; dans un cas seulement l’absence d’agglutinines était partielle.

Les auteurs concluent à la nécessité de l’étude complète du sang du nourrisson avant la transfusion, car l’épreuve de Beth-Vincent ne permet pas de constater l’absence partielle ou totale des agglutinines dans le sang du nouveau-né.

Ces conclusions viennent donc confirmer ce que nous

disons de l’intérêt des épreuves directes d’agglutination.

ee yes

le groupe de son père ou celui de sa mère (Hirzfeld et Zborowski). S'il ne rentre pas dans l’un ou l’autre groupe, l'enfant appartiendra au groupe IV, résultant, d’après Landsteiner, de la fusion des groupes II et III.

Si les globules rouges maternels sont agglutinés par le sérum de lenfant, on peut s'adresser au sang paternel en sachant, cependant, que celui-ci peut être incompatible à son tour.

S'il y a impossibilité à choisir le père comme donneur, on recherche un donneur compatible dans l’entourage.

Nécessité d'un nouvel examen dans le cas de transfusions répétées. — Il est souvent indiqué, comme le montrent nos observations, de pratiquer chez les nourrissons plusieurs transfusions. Il est alors prudent de répéter l’examen de compatibilité avant chaque transfusion. Dans l'intervalle de temps séparant les deux interventions, il peut être apparu dans le sang de l'enfant des agglutinines qui ont modifié ses caractéristiques. Cette apparition d’agglutinines peut se produire jusqu’à l’âge d’un an et quelquefois même jusqu’à deux ans, ainsi que l’a montré Happ.

Un cas d’accident publié par Astrowe illustre cette notion. Cet auteur transfusa du sang maternel à une fillette de 18 mois. Vingt jours après, il fit, sans nouvel examen préalable, une deuxième transfusion de sang maternel qui provoqua des accidents graves.

tag.

Indications de la transfusion du sang chez le nouveau-né Observations. — Résultats

On peut, à l'heure actuelle, grouper les indications de la transfusion du sang chez le nouveau-né sous

trois chefs :

Hémorragies du nouveau-né; Débilité; Infections et intoxications aiguës.

Page 1