OBSERVATION VI
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples avec lésions musculaires. — Anémie post hémorragique très marquée. — Transfusion de 750 €. c. de sang citraté. — Survie de cinq jours. (Costantini, in Murard Lyon Chi= rurgical, janvier-février 1918.)
B. A... blessé, le 13 octobre 1917, à 6 heures. Arrivé au poste chirurgical avancé de B..., le même jour, à midi.
Diagnostic. — Plaies multiples par balle: 1° séton de la cuisse gauche ,partie moyenne; 2° séton de la jambe gauche ; 3° séton de la région tibio-tarsienne gauche avec fracture du cou-de-pied. |
Anémie hémorragique très marquée, pouls misérable à 150. T. x. au bras: 5 et demi. À 15 heures, MM. Costantini et Vigot pratiquent une tranfusion de 750 centimètres eu. bes, suivie d’une injection de 500 centimètres cubes de sérum physiologique. L'état du blessé se remonte suffisamment pour qu’il puisse être opéré vers 16 heures.
Intervention par M. Costantini. — Sous rachianesthésie à la novocaïne (8 centigrammes), on pratique: 1° le débridement de la plaie de la cuisse gauche. On constate une plaie sèche de l’artère fémorale au niveau de la pointe du triangle de Scarpa. L’artère est déchiquetée, aux trois quarts sectionnée. M. Costantini tente en vain une suture du vaisseau et pratique la ligature de l’artère au-dessus et au-dessous. Excision de la chambre d’attrition musculaire ; 2° débridement de la plaie de la jambe; ligature de l’artère tibiale sectionnée, désinfection d’un foyer de fracl ture du tibia ; 3° débridement et désinfection de la plaie du cou-de-pied.
Le blessé se remonte notablement, mais le lendemain, 14
SONAN ES
octobre, à 20 heures, on constate une gangrène ischémique du pied et de la jambe gauches. Sous le chlorure d’éthyle, M. Costantini pratique l’amputation de la cuisse au-dessus de la ligature des vaisseaux fémoraux. Après des alternatives d’amélioration et d’aggravation, le blessé succombe brusquement à une embolie, dans la journée du 18 octobre, ayant survécu cinq jours, grâce à la transfusion.
OBsEervarTion VIT
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples et broiement de la jambe. — Shock grave — Transfusion citrafée. — Guérison (Jeanhbrau, Bullelin de lu Sociélé de vhirurgie de Paris, 11 juillet 1917. p. 1577.)
G. J..., 21 ans, blessé, le 14 mai 1917, à 20 heures. M. Jeanbrau le voit le 15 mai, à 8 h. 50. Il présente des plaies multiples par éclats d’obus, en particulier un broiement de la jambe droite au tiers supérieur et une plaie pénétrante de la cuisse gauche, avec une vaste chambre d’attrition musculaire. Shock très prononcé. Pouls à 160.
T1 pratique une injection intraveineuse d’un litre et demi de sérum spartéiné-adrénaliné. Le pouls devient perceptible, mais le blessé demeure aussi déprimé; il est inerte et froid.
M. Jeanbrau pratique alors une transfusion de 250 centimêtres cubes de sang eitraté (10 centimètres cubes de s0lution de citrate à 10 p. 100. Aussitôt le blessé se sent mieux ses lèvres se recolorent; il respire plus librement.
Deux heures après, l’amélioration est telle qu’il peut le faire anesthésier au chloroforme, lui amputer la cuisse droite, débrider la plaie de la cuisse gauche, exciser la chambre d’attrition, vérifier l’intégrité des vaisseaux fémoraux. Le lendemain, le blessé est hors de danger.