OBSERVATION X
Transfusion pour blessure de guerre. — (Murard, Lyon Chirurgical, janvierfévrier 1918.)
N. P..., entre, le 1° novembre 1917, porteur de plaies multiples par éclats d’obus. Plaie de la région pectorale droite, un projectile intrahépatique, plaies multiples du membre inférieur gauche. Shock et anémie.
Intervention. — Faite à la neuvième heure. Hémorragie de la jambe gauche, obligeant à intervenir à ce niveau. Anesthésie rachidienne à la novocaïne. La jambe présente quatre grosses plaies. Toilette, excision très large. On trouve successivement une plaie de l’artère tibiale antérieure qu’on lie, un petit fracas du tibia qu’on régularise, puis une plaie de l’artère tibiale postérieure; on lie. L’état du blessé ne permet pas d’amputer.
Toilette rapide de plusieurs plaies du membre inférieur droit.
Un litre de sérum intraveineux. L'état reste grave.
Transfusion de 450 centimètres eubes, amélioration immédiate, mais insuffisante (intervention # 22 heures).
Le 2 novembre, blessé cireux, sans pouls, même aux gros vaisseaux. À 9 heures, deuxième transfusion de 750 centimètres cubes. Transformation immédiate, le pouls est percu, le blessé devient rose. Le soir, amputation pleine de la cuisse, sous-anesthésie au chlorure d’éthyle.
Blessé encore en traitement fin novembre.
NU
OBservATION XI
Transfusion pour blessure de guerre. — Fracas de l'humérus, section du paquet vasculo-nerveux. Shock et anémie grave. — Echec du sérum. — Transfusion citratée. — Amélioration immédiate remarquable. — Amputalion. — Guérison. — (Murard, Lyon Chirurgical, janvier-février 1918.)
G.…., blessé, le 28 août 1917, arrive le 29 à la treizième heure, soit à 4 heures, avec fracas de l’humérus droit par balle et section du paquet vasculo-nerveux. Exsangue, le pouls n’est pas perçu.
Réchauffage ; 1.500 grammes de sérum. Strychnine, adré-
naline. Aucune amélioration.
Dans la matinée, transfusion de 400 centimètres cubes (Murard). Une demi-heure plus tard, le pouls est perceptible, les téguments se colorent; c’est une véritable résurrection.
Dans l’après-midi, M. Latarjet fait l’amputation du bras
À la suite, guérison; le blessé est évacué le 28 septembre.
OBsErRvATION XII
Trausfusion pour blessure de guerre. — Arrachement complet du membre supérieur droit. — Anémie hémorragiq''e et shock très marqués — Transfusion citratée. — Guérison (Jeanbrau, in Murard, Lyon Chirurgical, jan-
vier-feviier 1918.)
Q. CO... blessé, le 23 août 1917, à 8 heures. Entré au poste chirurgical avancé de B.., le même jour, à 10 heures. Diagnostic. — Arrachement complet par obus du membre supérieur droit. Shock très prononcé, état syncopal, pouls imperceptible à la radiale, très faible, à 160 à la fé-
morale, vomissements, sueurs froides,
Intervention. — Anesthésie par quelques bouffées de chlorure d’éthyle. M. Costantini pratique une amputation rapide du bras-droit au-dessous du col chirurgical de l’humérus. L'état du blessé paraissant désespéré, M. J'eanbrau fait une transfusion de 500 centimètres cubes de sang citraté. Le donneur est un petit blessé qui avait reçu, quatre . Jours auparavant, son injection de sérum antitétanique.
Le pouls du transfusé devient perceptible, immédiatement, à la radiale et bat à 120 peu après la transfusion. Le lendemain, le pouls est à 90, bien frappé.
Malgré la gravité de son état lors de son arrivée, le patient, qui n’avait qu’une seule blessure, a paru rapidement hors de danger après la transfusion. [1 à guéri, en effet, très simplement, a repris des forces et a été évacué( en excellent état, le 2 septembre 1917.
OBservaTron XIII
Transfusion pour blessure de guerre. — Broiement de la cuisse droite et arrachement de la main droite par obus. — Anémie post hémorragique et shock prononcé. - ‘“ransfusion citratée. — Guérison. (Jeanbrau, 77 Murard, jan-
vier-février 1918.)
M. L..., 21 ans, blessé le 30 août 1917, à 5 heures. Entré au poste chirurgical avancé de B..., à 8 h. 50.
Diagnostic. — 1° Broiement par obus de la cuisse droite, région sous-trochantérienne; 2° arrachement de la main droite en totalité, au niveau du poignet. |
Shock très prononcé, pouls à 160, très faible, imperceptible à la radiale, qui ne donne aucune oseïllation au Pachon. AT
Intervention. — Après réchauffement électrique et in-
jections de toni-cardiaques, vers 10 heures, le blessé est anesthésié avec quelques bouffées de chlorure d’éthyle.
M. Jeanbrau pratique l’amputation de la cuisse droite, tandis que M. Sambue ampute l’avant-bras droit au quart inférieur.
Le blessé paraissant sur le point de succomber, M. Jeanbrau lui fait une transfusion de 400 centimètres cubes de sang citraté. Immédiatement après, le pouls, qui était à 160, tombe à 132, bien frappé. La tension maxima est à 10 et demi. Le blessé revient à lui et parle. I] se rétablit rapidement sans avoir fait le moindre accident.
Trois jours après, sa tension maxima est de 13, sa tension minima de 8 et demi, son pouls à 95. Ses urines décèlent des traces insignifiantes d’albumine.
On suture secondairement ses moignons. Il est finaement évacué, le 21 septembre 1917, presque complètement guéri, en excellent état général. Urines normales.