OBSERVATION XX
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples. — Anémie hémorragique et shock très prononcé. — Transfusion de sang citraté. — Survie de quatre jours.(Jeanbrau. Bulletins de la Société de Chirurgie de Paris, 11 juillet 1917, p. 1580, obs. n° VIII.)
L. C..., 24 ans, blessé le 1° juin 1917, à 23 heures. Il est epporté, le 2 juin, à 14 heures, dans un état de shock si prononcé que l’on juge toute intervention inutile. Il est littéralement eriblé de plaies; les plus importantes siègent an bras et à l’avant-bras gauches fracturés, à la cuisse et à la, fesse gauches.
Il a subi, dans la salle de préparation, une injection de sérum et d'huile camphrée. On le laisse au repos.
À 16 heures, le patient respire encore, bien que le pouls soit incomptable. Une transfusion peut seule sauver ce mourant. M. Murard trouve un donneur de bonne volonté (sujet vigoureux atteint d’une fracture fermée du fémur). Pour éviter le shock anaphylactique, on commence par injecter lentement au récepteur 3 centimètres cubes de sang du donneur, rendu incoagulable par l’addition de 1 centimètre cube de eitrate de soude à 10 p. 100. Le sang est pris par ponction veineuse avee une seringue en verre.
Transfusion de 120 centimètres cubes de sang. L’opération est rendue difficile à cause de la viscosité du sang du donneur qui, malgré le citrate, s’est coagulé par deux fois dans l’extrémité effilée de l’ampoule. Finalement, on dilue le sang dans du sérum physiologique et on injecte le sang citraté dilué. Saupoudrage des plaies avec de la poudre de Vincent. Injection de sérum de Leclainche et Vallée.
Le blessé revient à lui et, le lendemain soir est suffisam-