‹ La Transfusion Du Sang Citrate Chez Les Blessés De GuerreChapitre 28 sur 40 · OBSERVATION X XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION X XIV

Transfusion pour blesssure de guerre. — Plaies multiples par obus. — Arrachement complet d'une jambe. — Shock très marqué. — Transfusion citratée: — Survie de vingt-quatre heures. (Jeanbrau, in Murard. Lyon Chirurgical, janvier-février 1918.)

P. KF.., blessé, le 21 août 1917, à 4 heures, par des éclats de torpille. Entre au poste chirurgical avancé de B.., le même jour, à 7 heures.

Diagnostic. — 1° Arrachement complet de la jambe gauche au tiers inférieur (garrot) ;

2° Fracture comminutive ouverte de la jambe droite;

3° Plaie de la région postérieure et supérieure de la cuisse droite ;

4° Plaie de la fesse gauche ;

5° Broiement du calcanéum droit.

Shock et anémie hémorragique prononcés. Réchautffage sérum, toni-cardiaques.

Intervention (Jeanbrau). — Le blessé est opéré, à 8 h. 50 du matin, le même jour.

Rachianesthésie à la novocaïne (0 gr. 08).

M. Jeanbrau pratique une amputation circulaire de la jambe gauche au tiers supérieur. Il extrait deux éclats de la

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cuisse droite, ensuite débridement et épluchage de la plaie jambière, puis esquilleetomie du tibia ; extraction d’un éclat du mollet droit; enfin, esquillectomie du calcanéum. À la fin de l’intervention, le blessé est dans un état des plus alarmants. Il est fortement shocké, son pouls est incomptable; il est couvert de sueurs froides et en menace de syncope.

M. Jeanbrau pratique alors une transfusion de 500 centimètres cubes de sang citraté. Sous l’influence de Ja transfusion, les lèvres se colorent, le blessé revient à lui et se met à parler, le pouls devient perceptible à la radiale. F1 est à 120, bien frappé, une demi-heure après la transfusion. Cette très notable amélioration n’est que passagère. Le blessé a succombé, le 22 août, à 9 h. 15, vingt-quatre heures après la transfusion, en pleine convalescence.

Il eut été préférable d’attendre plusieurs heures avant d'opérer ce blessé, qui était fortement shocké. Malheureusement, 1l était menacé de faire des hémorragies au niveau du broiement de jambe. C’est pour cette raison que M. Jeanbrau ne commenca pas par la transfusion et qu'il anesthésia le blessé à la novocaïne lombaire, au lieu de l’endormir par inhalation.

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