NON
à la radiale. Le blessé est recoloré, la dyspnée a complètement disparu, il a toute sa connaissance et sa mémoire est intacte.
Intervention. — À 23 h. 30, une demi-heure après la transfusion, anesthésie avec un peu de chlorure d’éthyle. M. Sambue pratique une amputation circulaire de la cuisse au-dessus du foyer de fracture. Epluchage des autres plaies. |
L'amélioration n’est que temporaire, le blessé succombe à 1 h. 30, deux heures et demie après la transfusion.
OBsERvATION XLI
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples. — Broiement d'une jambe et section des vaisseaux huméraux droits. — Anémie extrême : mort imminente. — Transfusion citratée — Survie de douze heures. (Jeanbrau,
in Murard, Lyon Chirurgical, janvier-février 1918.)
C. A... 38 ans, blessé, le 18 septembre 1917, à 15 heures. Entre au poste chirurgical avancé de B... le même jour, à 18 heures, est opéré à 21 heures.
Diagnostic. — Plaies multiples par éclats d’obus :
1° Plaies de l’avant-bras gauche ;
2° Plaies du bras gauche;
3° Plaies du bras droit, avec section de l’artère et de la veine humérale ;
4° Broiement de la jambe gauche;
9° Plaies multiples de la cuisse droite;
6° Plaies de la jambe droite.
Le blessé est exsangue; son pouls, imperceptible à la radiale, bat faible, à 140, perceptible à la fémorale, Sa respiration est à 52; sa tension est impossible à prendre avec l’appareil de Pachon, qui ne présente aucune oscillation,
SURONC
Intervention. — Après réchauffement et toni-cardiaques, sous l’anesthésie à l’éther, MM. Costantini et Vigot pratiquent rapidement une désarticulation du genou gauche, pendant que M. Hertz fait une ligature de l’artère et de la veine humérale droites. Débridements multiples des autres plaies. L’opéré est alors d’une pâleur de cire; son pouls bat très faible à 150, perceptible à la carotide. MM. Costantini et Hertz pratiquent une transfusion de 500 centimètres cubes de sang citraté, suivie d’une injection de sérum physiologique. Le blessé reprend connaissance et semble ressusciter littéralement après la transfusion. Son pouls descend à 126, puis à 122, pour remonter ensuite à 138, bien frappé. Le lendemain matin, le pouls est plein et fort. Le bras droit est cyanosé, avec de la raideur des doigts; vers 10 heures, l’état s'aggrave; le blessé succombe à 11 h. 15, douze heures après la transfusion,
Osservarron XLII
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples du thorax et''es membres. — Shock très marqué — Transfusion de sang citraté. — Survie de dix heures. (Costantini et Vigot, in Murard, Lyon Chirurgical, janvier-février (1918.
B. J..., blessé, le 14 septembre 1917, à 20 heures. Entre au poste chirurgical avancé de B... à 24 heures. Opéré une heure après. |
Diagnostic. — 1° Plaie pénétrante du thorax. Orifice d’entrée au niveau du creux sus-elaviculaire ;
2° Fracture comminutive du bras droit;
3° Plaie de l’avant-bras droit sans fracture.
Intervention. — Après injection de 0,02 centigrammes de morphine et cinq ou six bouffées de chlorure d’éthyle,
SEVOOMEE
MM. Costantini et Vigot font un épluchage de la plaie d’entrée du thorax, avec esquillectomie de l’omoplate. Puis extraction du projectile sus-claviculaire, esquillectomie de la deuxième et troisième côtes. La plèvre n’est pas ouverte.
L'état du blessé est alors très grave, sa pression artérielle est impossible à prendre. Le pouls est presque imperceptible; il est difficilement comptable à la fémorale (150). Le facies est agonique.
Les opérateurs pratiquent une transfusion de 500 centimètres cubes de sang citraté, suivie de 500 centimètres cubes de sérum physiologique. L'amélioration est immédiate. Le pouls est à 130. Le facies se colore et, bien que très étourdi par l’anesthésique, l’opéré dit qu’il n’étouffe plus. On doit lui donner encore quelques gouttes de chlorure d’éthyle pour terminer rapidement l’intervention par une esquillectomie de l’humérus et épluchage de la plaie de l’a. vant-bras.
L'état du blessé s'aggrave à nouveau, malgré les tonicardiaques, et il succombe dix heures après la transfusion
Examen nécropsique. — Hépatisation de tout le poumon droit, pas d’hémothorax.
Ogservarion XLIII
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiplies avec broiement de la jambe gauche. — Shock marqué. — Transfusion de sang citraté insuffisante. — Survie de treize heures. (Jeanbrau, in Murard, Lyon Chirurgical
jJanvier-février 1918.)
J. J.., 30 ans, blessé, le 17 septembre 1917, à 11 h. 30. Entre au poste chirurgical avancé de B... le même jour, à 13 heures. Opéré à 18 heures.
Diagnostie. — Plaies multiples par éclats de grenade:
1° broiement complet de la jambe gauche au tiers supérieur ; 2° plaie de la jambe gauche avec vaste chambre d’attrition au tiers supérieur ; 3° plaie de la région maälléolaire interne du pied droit, avec fracas de la malléole; 4° plaie de la région deltoïdienne gauche; 5° plaie de la joue gauche ; 6° plaie de l’avant-bras gauche; 7° et 8° plaies superlicielles des deux mains.
Le blessé présente un shock très marqué. Son pouls est à 160. Sa tension maxima est à 10,5 et sa tension minima à 6 au bras.
Intervention. — À 16 heures, sous l’anesthésie à l’éther, MM. Jeanbrau et Hertz pratiquent simultanément : 1° l’amputation de la cuisse gauche au tiers inférieur; 2° l’épluchage de toutes les plaies dont les projectiles sont extraits.
Pendant qu’on préparait le blessé, M. Jeanbrau avait recueilli, chez un donneur de bonne volonté, 450 centimètres cubes de sang citraté. L’ampoule fut placée dans une boîte stérilisée à demi remplie de champs opératoires. L'’intervention terminée, M. Jeanbrau voulut pratiquer la transfusion dans la veine fémorale sectionnée au niveau du moignon d’amputation. Mais il s’aperçut qu’un caillot s’était formé dans l’extrémité de la canule. Comme le sang était liquide dans l’ampoule, enleva le caillot avec une pince. Le sang s’écoula et il put faire la transfusion. Maïs un second caillot se forma et on jugea plus prudent-de ne pas contiruer. L’opéré ne put recevoir ainsi que 150 centimètres cubes de sang.
On termina par l'injection intraveineuse d’un litre de sérum.
Le blessé est froid ; son pouls, très faible, bat à 144. Malgré les toni-cardiaques, il succombe à 5 h. 30, la nuit suivante, n’ayant survécu que treize heures à la transfusion qui a été insuffisante.
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