OBSERVATION LI
Transfusion au cours de septicémie consécutive à une blessure de guerre — Plaies multiples. — Frature de l'humérus. — Septicémie. — Tranfusion de saag citraté. — Guérison. (Combier et Murard, Lyon Chirurgical, janvierfévrier 1918.)
L. M... pionnier allemand, blessé en juillet 1917, nous est amené le 18 septembre, porteur de plaies multiples. Fracture de l’humérus gauche, très infectée plusieurs plaies ces deux cuisses, plaie de la région ano-réctale. Septicémie. On nous demande de lui faire une transfusion de sang, à l’aide d’un de ses camarades qui s’est proposé comme donneur.
Transfusion citratée de 250 centimètres cubes, précédée d’une injection préalable du mélange: 1 centimètre cube de solution citratée, plus 1 centimètre cube de sang veineux. Aucun incident.
Le blessé a guéri dans la suite et a été évacué en parfait état.
ne
OBSERvATION LII
Transfusion au cours de septicémie couséculive à une blessure de guerre. — Septicémie, état grave. — Trausfusion de sang citraté. — Mort immédiate par Shock anaphylactique, dû, peut: être, à l'injection de sérum anti- tétanique reçue, le matin même, par le donneur (?). (Jeanbrau, Bulletin de la Sociélé de chirurgie de Paris, 11 juillet 1917, p. 1580, obs ne VIL.)
S. P.., sergent, 24 ans, blessé, le 7 mai 1917, à midi.
Diagnostic. — Plaiés multiples par éclats d’obus de l’avant-bras droit, de la fesse, de la cuisse et du genou droits.
Entré et opéré, le 8 mai, à 15 heures. Débridement et épluchage de toutes les plaies, extraction des projectiles. Arthrotomie du genou: l’éclat a pénétré dans le condyle interne, en fracturant le condyle externe.
Septicémie consécutive qui oblige à pratiquer l’amputation de la cuisse droite le 29 mai. L'état général est si mauvais que M. Combier tente de remonter le blessé par la transfusion de 200 centimètres cubes de sang emprunté à un blessé injecté de sérum antitétanique le jour même.
Aussitôt après la transfusion, le récepteur meurt avec des phénomènes bulbaires: arrêt du cœur, apnée, dilatation des pupilles, relâchement des sphincters, pas de cyanose (Combier).
Réflexions. — Ce blessé, en pleine: septicémie, paraît avoir succombé au choc anaphylactique. Ayant subi une première injection de sérum antitétanique le 8 mai et une seconde le 15 mai, le patient était, par conséquent, anaphylactisé lorsqu'il fut transfusé le 29 mai. Or, on lui injecta le sang d’un blessé léger qui avait reçu, le matin même, 10 centimètres cubes de sérum antitétanique. Ce sang a-t-l provoqué le choc anaphylactique? Les phénomènes bulbaiïres, au milieu desquels a succombé le patient en quelques minutes, nous y font penser,
Ale L’autopsie a démontré l’absence de tout caillot pouvant faire attribuer la mort à une embolie,
Der te LUCE
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaie par éclat d'obus de la fosse sous épineuse droite. — Hémi-section dé la veine axillaire droite.— Section de la scapulaire postérieure. — Fracture de l'omoplate. — Plaie de poitrine. — Transfusion de sang citraté. — Guérison. (Inédile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef d'équipe chirurgicale.)
R. L..., 6° chasseurs. Blessé le 1° mars 1918, à 5 heures. Resté entre les lignes, amené au P. (!, A. à 22 heures. Opéré à 24. Blessé shocké. Réchauffage, strychnine, huile camphrée, sérum. Hémoptisie. Pouls à 130. On constate un volumineux hématome du creux axillaire droit, sans colloration de la peau.
À cause de l’hémoptysie, anesthésie au chloroforme. Incision de découverte de l’axillaire. Tout l’interstice, grand dentelé, grand pectoral est rempli de caillots qui sont évaeués. On trouve une double lésion :
1° Hémisection de la veine axillaire au contact de laquelle est extrait le projectile;
2° Section complète de l’artère scapulaire postérieure.
Double ligature. Esquillectomie et régularisation de la fracture de l’omoplate.
L’anesthésie a duré trois quarts d’heure. Le blessé est très pâle, ses conjonctives sont décolorées.
Le 2 mars, à 8 heures, le blessé étant toujours blême, présentant de la dyspnée, le pouls étant rapide et mal frappé, on pratique la transfusion veino-veineuse par la technique Jeanbrau (500 eec.).
Le blessé est évacué, au dix-huitième jour, en excellent état,
OBsERvATION LIV
Transfusion pour blessure de guerre. — Broiement de l'avant bras gauche par éclat d'obus. — Fracture du péroné gauché par éclat d'obus. — Transfusion citratée. — Mort. (Inédile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef d'équipe chirurgicale.)
G. A... 116° d’artillerie lourde. Blessé, le 17 février 1918, à 18 heures, opéré, le 18, à 2 heures.
Arrivé avec un garrot, exsangue. Pouls à 120. Réchauffage, sérum, huile camphrée, strychnine.
Sous anesthésie à l’éther, amputation en section plane du bras gauche. Esquillectomie au niveau de la fracture du péroné après régularisation du trajet de l’éclat d’obus. Le soir de l’intervention, température : 40° ; pouls filiforme. Le 20, hémorragie en nappe au niveau du mollet.
Transfusion de 500 centimètres cubes par la technique Jeanbrau.
Exitus le 21 au matin.
Ce blessé semble avoir été emporté par une toxémie que ni l’opération pratiquée cependant huit heures après la blessure, ni la transfusion n’ont pu arrêter.
OBsERVATION LV
.Transfusion pour blessure de guerre. — Plaie par balle du bras droit. — Fracture comminutive de l’humérus. — Transfusion de sang citraté. — Guérison. (Inédile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef
d'équipe chirurgicale.)
G. V..., 233° d'infanterie. Blessé, le 13 juin 1918, à 14 heures, opéré à 23 heures.” Le blessé est tellement exsangue que l’on pratique la li-
gature des deux bouts de l’humérale, sectionnée dans la plaie, sans anesthésie. Esquillectomie sommaire et transfusion veino-veineuse par la techinque Jeanbrau de 1.000 centimètres cubes.
. Le 14, à 8 heures, température: 39°5 : délire, odeur fétide de la plaie. Amputation. La température tombe et le blessé est évacué, le 18, en excellent état,
OBsEervaTION LiVI
Transfusion pour blessure de guerre. — 1° Double séton par éclat d'obus du bras et de l'avant bras gauches. — %° Plaie p+r éctat d’obus de la face postérieure de la jambe gauche au tiers inférieur. — Transfusion citratée. —
Guérison. ({nédile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef d'équipe chirurgicale.) É
D. du F. C.., 169° d’infanterie. Blessé, le 30 juin 1918, à S heures. Opéré, le même jour, à 15 heures. s
Le blessé arrive avec un garrot. Sous anesthésie à l’éther, on enlève ce dernier. Un flot de sang jaillit par l’orifice d’entrée à un tel point que l’on pratique immédiatement l’incision de découverte des vaisseaux huméraux. Ils sont intacts, mais on constate une hémorragie en nappe des veines musculaires de la région. On les lie et après exérèse des muscles contus, on fait un pansement compres- SIf.
Au niveau de la jambe, on trouve un volumineux hématome au niveau d’un petit éclat d’obus. Hémorragie en nappe abondante. Pansement compressif.
Après l’intervention, le blessé est exsangue. On pense à l’hémophilie et l’on pratique aussitôt une transfusion veino-veineuse, par la technique Jeanbrau, de 800 centimètres cubes,
Immédiatement, le blessé se recolore, respire profondément et accuse une sensation bien être. Il avoue être hémophile.
Il'est évacué, en très bon état, le 5 juillet.
OBsERvATION L VII
Transfusion pour blessure de guerre. — Fracas de l'extrémité supérieure de l'avant bras droit. — Seton par éclat d'obus du bras droit. — Plaie par éclat d'obus du bras droit. — Plaies multiples par éclats d'obus, face antérieure de la cuisse et du genou droit.s — Tran: fusion citratée. — Guérison. ({nédile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef d'équipe chirurgicale.)
V..J..., 233° d'infanterie, blessé, le 8 juillet 1918, à 8 heures, opéré, le même jour, à 18 heures. Le blessé est tellement exsangue que l’on pratique, avant l’intervention, une transfusion de 800 centimètres cubes, par la technique Jeanbrau. |
Sous anesthésie à l’éther, amputation du bras en section plane au tiers inférieur. Débridements et extractions des projectiles. Evacué, le 17, en très bon état.
OBsERvATION LVIII
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaie de poitrine par éclat d'obus, un peu au-dessous du creux axillaire droit. — Le projectle est inclus dans la ’égion médiastiuale. — Il est de petites dimensions. — Transfusion citrate. — Survie de 4X heures. ([né lile, due à l'obligeance de M. le Médecin Aide-Major Rouvière, chef d'équipe chirurg cale.)
V. L.., 13° tirailleurs. Blessé, le 14 juillet 1918. Opéré le même jour à 15 heures, douze heures après la blessure. Du sang s’écoule en abondance de la plaie. Le blessé est
blême et présente une dyspnée très marquée. On le réchauffe rapidement et, comme le temps presse, on intervient aussitôt sous anesthésie à l’éther.
Après résection de la quatrième côte, on évacue de la cavité pleurale plus d’un litre de sang et on découvre une déchirure pulmonaire déterminée par des esquilles entraînées par le projectile. Elles sont extraites. Une hémorragie en nappe se produit sur toute la tranche pulmonaire qui est suturée.
Le pouls est à 150, la dyspnée est très prononcée, le blessé n’a supporté l’opération que grâce à des injections constantes de caféine, strychnine, huile camphrée. Aussitôt après, on pratique une transfusion veino-veineuse par la technique Jeanbrau. L’opéré se remonte et présente une survie de quarante-huit heures, n’expirant que le 16 à 19 heures. Quantité de sang transfusé : 800 centimètres cubes.