‹ La Transfusion Du Sang Citrate Chez Les Blessés De GuerreChapitre 6 sur 40 · DRE (0 RER · texte numérisé non relu

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briné. Mais c'était là un procédé bien impratique aux armées : les manœuvres nécessaires pour défibriner le sang sont longues et compliquées. Il faut recueillir le sang dans un ballon contenant des perles de verre, agiter pendant un quart d’heure, filtrer sur du coton de verre, puis sur du papier. De plus, comme l’a démontré dernièrement M. Hédon, le sang défibriné frais est toxique. D'où la nécessité d’avoir du sang défibriné en réserve. Une telle précaution est impossible à réaliser aux armées. D'ailleurs, si les hcnnnes consentent à donner de leur sang pour sauver un camarade qui va mourir, ils n’accepteraient pas de le faire en toute autre circonstance.

M. Jeanbrau revint donc à sa première idée: rendre le sang incoagulable en employant le citrate de soude.

Sur sa prière, M. Hédon entreprit une nouvelle série d’expériences qui démontrèrent:

1° Que le citrate de soude n’est pas toxique aux doses nécessaires pour rendre le sang incoagulable ;

2° Qué le sang citraté ne risque pas de déterminer l’hémophilie chez le récepteur.

Encouragé par ces résultats, M. Jeanbrau se procura du citrate de soude et, le 13 et le 15 mai 1917, pratiqua, coup sur coup, trois transfusions citratées chez trois mourants, avec deux résurrections, suivies de deux guérisons définitives. Le 11 juillet, dans une communication à la Société de chirurgie de Paris, il apporta 11 nouvelles observations, avec 8 succès, dont 3 guérisons définitives. Enfin, dans une deuxième. commuication à la même Société, le 17 octobre 1917, les résultats de 43 observations donnaient 67 p. 100 de succès, dont 40 p. 100 de guérisons définitives et 27 p. 100 de durée variable. ;

D’autres transfusions de sang citraté ont été pratiquées depuis aux armées et de nombreux succès ont pu être en-

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registrés, qui démontrent bien l’efficacité de la nouvelle méthode.

En ce qui concerne sa technique, elle est des plus simples et répond parfaitement aux quatre conditions que M. Jeanbrau se proposait de réaliser pour la rendre applicable dans les ambulances du front.

I1 est maintenant intéressant de se demander à qui revient la paternité de la transfusion citratée? Les recherches qu’entreprit à ce sujet M. Hédon, établissent que c’est M. le professeur Luis Agote, de Buenos-Ayres, qui en eut, le premier, l’idée, et qui la pratiqua, pour la première fois, le 9 novembre 1914, chez une femme atteinte d’hémorragie obstétricale. À ce moment, M. Agote fit part de sa découverte à toutes les légations des nations représentées en Argentine, mais dans la tourmente causée par la guerre européenne, cette communication passa inaperçue.

Quelque temps après, en janvier 1915, M. Lewisohn, de New-York, publia, dans le Medical Record, un article sur - «Une méthode nouvelle et très simple de transfusion du sang ».

La technique de M. Lewisohn diffère peu de celle de M. Agote. Tous deux recueillent le sang par ponction, dans un récipient, où 1ls le mélangent au citrate de soude. Ensuite, M. Lewisohn ‘injecte le sang dans la veine du récepteur, à l’aide de la pression atmosphérique, en se servant d’un flacon de salvarsan, tandis que M. Agote refoule le sang avee une soufflerie, par l'intermédiaire d’un tube monté sur une aiguille. |

Ces méthodes n’ont malheureusement pas été connues assez tôt. Elles auraient rendu les plus grands services si elles avaient pu être appliquées à nos blessés dès le début

de la guerre.

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