‹ La Transfusion Sanguine d'UrgenceChapitre 10 sur 27 · LES DONNEURS · texte numérisé non relu

LES DONNEURS

Leur recrutement.

Les donneurs proviennent de milieux très différents : les uns ont donné pour la première fois du sang pour un membre de leur famille et sont restés inscrits sur les fiches de l’œuvre; d’autres sont des malades guéris, parfois même précisément grâce à la transfusion, et qui paient ainsi largement leur dette. La famille et les amis de ces donneurs viennent souvent se joindre à eux. A l’occasion d’un examen de contrôle par exemple, un donneur amène un parent, candidat donneur. Chaque année, Etudiants en Médecine, Externes des Hôpitaux, Sages-Femmes, Infirmières, fournissent un contingent appréciable de nouveaux donneurs. Certains Chefs de Service, certains Transfuseurs conseillent sur ce point leurs Elèves ou leurs Externes qu’ils jugent spécialement aptes à devenir de bons donneurs. Signalons également que chaque article publié dans la presse amène, en général, à la PERMANENCE de l'Hôpital Saint-Antoine quelques donneurs nouveaux; une place à part doit être faite aux Gardiens de la Paix, qui, autorisés par le Préfet de Police, fournissent un contingent important de donneurs. Le Corps des Sapeurs-Pompiers de Paris a été autorisé, lui aussi, à fournir son contingent de donneurs, et la surveillance médicale des sapeurs-pompiers donneurs de sang est poursuivie en collaboration avec le Médecin Chef du Régiment des Sapeurs-Pom-

piers de Paris.

A ÛU

Qualités exigées des donneurs.

Chaque candidat donneur doit fournir un minimum de références physiques et morales. On lui demande, avant tout, d’avoir une bonne santé; il doit, à ce sujet, fournir tous les renseignements possibles concernant ses antécédents héréditaires, collatéraux et personnels; il doit se soumettre à un examen physique complet. On recherche systématiquement, non seulement les stigmates physiques et humoraux de syphilis et de paludisme, mais encore les modifications particulières du terrain (états de sensibilisation) qui peuvent se transmettre passivement; on se méfie encore des tares latentes du malade. L’intégrité physique étant établie, il faut encore s’assurer du groupe du sang de l’aspirant donneur; en pratique, jusqu’à maintenant, on n’a guère pu utiliser que les donneurs universels (groupe IV). Enfin, on fait état des maladies infectieuses que le donneur a pu présenter et qui,-après guérison, peuvent permettre des immuno-transfusions vraies, ou des phylacto-transfusions (1).

Il existe, d'autre part, des obstacles d’ordre social presque aussi importants. Il faut se faire une règle absolue de ne jamais employer de donneurs mineurs sans une autorisation formelle de leur famille.

Il existe des obstacles matériels : l’émotivité, nous

(1) Abrami et Tzanck (Paris Médical, août 1931) ont montré, en effet, qu'il fallait distinguer deux problèmes différents: l’immuno-transfusion dans les infections capables de réaliser un état réfractaire et Ja phylactotransfusion dans les infeclions qui ne créent pas cet état. Dans ce dernier cas, l'observation montre que la transfusion peut encore donner des résultats favorables, mais par un mécanisme tout différent (biophylaxie). En vue de ces phylacto-transfusions, des donneurs sont spécialement

préparés au Laboratoire de la Maternité de l'Hôpital Saint-Antoine et par les docteurs Jaubert et Gory.

Cette carte, pour être valable, devra être visée par le laboratoire de la transfusion tous les trois mois.

Translusion Sanguine d'Urgence

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