STONE
étudié les réactions consécutives à 280 transfusions pratiquées chez 99 malades. Ces auteurs ont obtenu frissons et fièvre dans 64,4 % des cas de transfusion de sang pur et 64,8 % des cas de transfusion de sang citraté.
Lewisohn, après les expériences minutieuses sur Panimal, a montré : 1° qu’il suffit d’une solution très diluée de citrate de soude (solution à 0,2 %) pour empêcher la coagulation du sang pendant 20° ;
2° que le citrate à ces doses minimes n’est nullement toxique pour l’organisme ;
3° qu'il n'empêche pas la coagulation du sang ën vivo et par conséquent ne diminue en rien l’action hémostatique de la transfusion sanguine.
Enfin de nombreux auteurs, dont Huber et Abricossof, pensent que le sang citraté est du sang stabilisé et non modifié et que l’addition de citrate au sang n’en altère nullement les propriétés biologiques.
Mieux, Phelizot et Tassowatz soutiennent que l’adjonction de citrate de soude au sang modifiant son état colloïdal, augmente ainsi son pouvoir de choc sans diminuer son pouvoir bactéricide. Or comme ces auteurs envisagent surtout la transfusion sanguine dans le cas des maladies infectieuses, ils sont donc d’avis que l'emploi du sang citraté est préférable à l'emploi du sang pur car il a une action antiinfectieuse complète (action de choc et action bactéricide).
Sans vouloir prendre parti dans ces discussions
théoriques, il nous suffit de savoir que les résultats
pratiques sont sensiblement identiques avec les deux méthodes. Aussi avec MM. Debré, Lamy et G. Sée, les employons-nous l’une et l’autre.
Lorsqu'il s’agit d'effectuer une transfusion rapide ou très abondante, nous avons recours au sang pur.
Lorsqu’au contraire la transfusion doit être lente, continue et prolongée, nous pensons qu’il y a avantage à faire une injection de sang citraté dans la faible proportion de 0 gr. 10 de citrate pour 30 cc. de sang. C’est d’ailleurs ainsi que nous procédons dans certains cas de déshydratation aiguë ou de bronchopneumonie. Dans ces cas nous recueillons le sang dans un ballon préalablement stérilisé et muni d’une double tubulure : par l’un des tubes se fait l’écoulement du sang dont on règle le débit au moyen d’un stiligoutte et d’un voyant en verre, par l’autre l’arrivée de Pair dans le ballon. Avec cette méthode la durée de l’instillation sanguine varie entre une et deux heures. En agitant de temps en temps le ballon, on évite la sédimentation des hématies et l’obstruction des tubulures et des tuyaux.