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CHAPITRE IX

Extraction de l’Orchitine. — Procédé cle d'Arsonval, dit procédé du Collège de France. — Mon procédé. — Parallèle entre les deux procédés.— Titrage de l'orchitine d’après le procédé de d’Arsonval, dit procédé du Collège de France. — Titrage d’après mon procédé. — Parallèle des deux procédés et des deux titres.

La récolte des organes ayant été faite dans de bonnes conditions, comment isoler le principe actif ?

Au laboratoire du Collège de France, on procède de la façon suivante : —

Etant donné une quantité déterminée de testicules, on les coupe en tranches minces ou on les réduit en pulpe selon la nature de l’animal dont ils proviennent, puis on y ajoute un poids égal de glycérine neutre à 30 degrés, stérilisée par l’ébullition à 110 degrés et on laisse macérer pendant 24 heures à la température ordinaire.

On procède ensuite au filtrage et à la stérilisation à l’aide de l’appareil à haute pression d’acide carbonique de d’Arsonval. On obtient ainsi un liquide qui représente la liqueur mère. L’orchitine ainsi obtenue porte le titre d’orchitine à moitié. Lorsqu’on veut la mettre en ampoules ou en flacons, on l’étend de dix fois son volume d’eau bouillie additionnée de chlorure de sodium à deux pour cent. Cette préparation, désormais prête à être injectée, est donc titrée au vingtième, si on prend pour étalon la liqueur mère. Mais le titrage est absolument fictif. En effet, si l’on considère, ainsi que j’ai pu m’en rendre compte par des pesées rigoureuses, qu’une masse d’un kilogramme de testicules, n’abandonne à la glycérine que 30 grammes de son poids total pendant une macération de 24 heures, il s’en suit que le titre réel de la liqueur mère au lieu d’être à moitié n’est qu’au trente-troisième, et que celui de la liqueur prête à être injectée au lieu d’être au 20ème n’est en réalité qu’au 330ème. Chaque centimètre cube de liquide injecté représente trois milligrammes de principe actif très exactement.

Mon procédé d’extraction diffère de celui de d’Arsonval par la durée et le nombre des enrobages successifs. Dans l’espoir d’obtenir une liqueur mère plus concentrée, j’essayai de prolonger pendant 48 heures au lieu de 24 la durée

de l’enrobage. J’obtins ainsi une liqueur beaucoup plus riche, contenant de 70 à 75 parties de principe actif pour un kilogramme de liqueur après filtrage. Afin de m’assurer si la pujpe formant résidu dans le filtre renfermait encore une partie de son suc, je la fis macérer à nouveau dans une nouvelle quantité de glycérine, mais je ne récoltai du filtrage que de la glycérine pure. L’épuisement avait été total.

Deuxième expérience. — Je composai un mélange de deux parties de pulpe testioilaire et d’une partie de glycérine et je laissai macérer pendant deux jours. Le filtrage devint presque impossible et le liquide obtenu n’était guère plus riche.

Troisième expérience. — }e pris la liqueur provenant de la première expérience après filtrage et ie la mêlai à une nouvelle quantité de pulpe testiculaire fraîche. LTne macération de deux jours me donna, après filtrage, un liquide contenant 150 pour 1000 de principe actif.

Poursuivant mes expériences, j’acquis la certitude que par une série d’enrobages avec de la pulpe fraîche à chaque enrobage, et un filtrage au filtre à haute pression d’acide carbonique, après chaque enrobage, on arrivait à obtenir une liqueur mère

saturée du principe actif ; que ce degré de satura-

tion de la liqueur était représenté par la proportion de 30 pour cent de principe actif, et obtenu par quatre enrobages successifs d'une durée de 48 heures pour chacun d'eux.

Ce sont ces expériences qui ont servi de base à mon procédé d’extraction de l'orchitine.

Je place, dans un mortier, un poids égal de pulpe testiculaire de cobayes et de glycérine neutre à 30 degrés, chimiquement pure et stérilisée par l’ébullition à 110 degrés. Je laisse macérer pendant 48 heures à la température ambiante. J’ajoute quantité égale d’une solution composée d’eau distillée, de 2 pour cent de chlorure de sodium, chimiquement pur, de 2 pour cent de biborate de soude et de 1 pour cent d’acide borique, puis je filtre à l’appareil d’Arsonval. Reprenant la liqueur ainsi obtenue, je la traite avec une même quantité de pulpe nouvelle et je fais ainsi quatre opérations d’enrobage d’une durée de 48 heures. Avant de filtrer, j’ajoute une quantité’ de la solution chlorurée et boriquée égale à la quantité totale de pulpe employée. Le quatrième filtrage me donne l’orchitine mère, titrée exactement à 30 pour cent de principe actif, c’est-à-dire dix fois plus riche environ que le liquide préparé par le procédé d’Arsonval. Cette préparation saturée de principes organiques est additionnée de quatre fois son volume d’eau bouillie chlorurée à 2 pour cent avec la chlorure

de sodium chimiquement pur, 2 pour cent de biborate de soude, 1 pour cent d'acide borique, puis stérilisée définitivement, filtrée et mise en ampoules par mes procédés spéciaux que j’ai indiqués dans un chapitre précédent.

L’orchitine ainsi obtenue est prête à être utilisée pour l’injection. Elle est désormais inaltérable et conservera indéfiniment toutes ses vertus régénératrices. Son titre effectif est de 6 pour cent, c-à-d. vingt fois plus élevé que celui des liquides préparés par le procédé du Collège de France. Chaque injection d’un centimètre cube de mon orchitine contient exactement six centigrammes de principe actif, tandis que la même quantité du liquide de d’Arsonval n’en renferme que trois milligrammes.

L’orchitine préparée d’après mon procédé a le précieux avantage d’introduire dans l’économie, sous un petit volume, une force d’une puissance considérable, d’éviter la douleur, les accidents consécutifs à l’injection d’une grande quantité de liquide et tout le mouvement de réaction qui l’accompagne; enfin de réduire au minimum le nombre des séances d’inoculation.

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