OBSERVATIONS PERSONNELLES DE L’AUTEUR
Sénilité simple.
Des effets de l'orchitine employéei des les premières manifestations de la sénilité. — Retour rapide à l’âge viril.
OBSERVATION I
M. A. D...., âgé de soixante-six ans, architecte, est d’une constitution excellente. Jamais il n’a été sérieusement malade, mais il a eu une longue existence de travail intellectuel et physique dont il a certainement abusé. Depuis quelques années, sans que ;M. A. D.... puisse accuser la moindre souffrance, le sommeil est devenu mauvais, l’appétit a diminué; l’amaigrissement général, l’atrophie musculaire se sont accentués progressivement, les membres inférieurs, puis les bras sont devenus faibles. Au moment où nous voyons M. A. D. pour la première fois, le 25 octobre 1890, il ressemble à un véritable château
branlant que le moindre souffle semble devoir renverser. Il lui est impossible de gravir un étage sans l’appui d’un bras, et il est incapable, seul, de monter soit en chemin de fer, soit en voiture. Le dynamomètre accuse cette faiblesse extrême. C’est à peine si la vessie a la force de projeter l’urine qui tombe sur les chaussures; la faculté d’érection est complètement abolie, et la défécation est impossible sans le secours de lavements ou de laxatifs pris à l’intérieur. Les battements du cœur sont réguliers mais faibles, la respiration est bonne; je constate seulement un peu de toux et quelques crachats épais le matin. ,M. A. D... s’enrhume très facilement depuis trois ans et garde quelquefois la chambre pendant l’hiver. Le 28 octobre 1890, je conduis •M. A. D... chez le professeur iBrown-Séquard, qui pose le diagnostic de parésie, en éliminant, pour le moment du moins, toute idée de paralysie ou d’ataxie locomotrice, et conseille l’emploi des injections sous-cutanées d’orchitine de cobayes. Ce jour-là, la force mesurée au dynamomètre accusait à droite 5 à la pression de la main et 6 à la traction; à gauche', 4 'à la pression, 5 à la traction. Les jambes étaient si faibles que M. A. D... pouvait à peine produire l’effort suffisant pour les détacher du tapis, et, une fois assis sur une chaise, il ne pouvait se lever seul. Le traitement fut commencé le 30 octobre et continué jusqu’au 11 décembre sans interruption, à raison d’une séance d’une injection d orchitine, d’un centimètre cube, tous les deux jours, ce qui portait à vingt le nombre des séances et des injections.
L’essai n’avait pas été infructueux, l’état général avait beaucoup gagné, l’état local s’était amélioré d’une façon appréciable. Le sommeil était complètement rétabli, l’appétit excellent, la projection de l’urine s’était accrue de vingt centimètres, et la défécation avait lieu d’une façon régulière sans le secours de lavements ou de laxatifs. La toux ainsi que les crachats du matin avaient cessé rapidement pour ne plus revenir. La sensibilité au froid était bien moindre qu’avant le traitement, la physionomie et l’œil en particulier avaient retrouvé l’animation et la vie; la mémoire et la faculté de travail avaient subi une notable amélioration. M. A. D... sentait en lui un bien-être qu’il ne connaissait plus depuis longtemps.
Les forces musculaires, quoique minimes, avaient augmenté au lieu de décroître. Au dynamomètre, la pression accusait 15 à droite et 13 à gauche, au lieu de 5 et de 4, chiffres constatés par le professeur Brown-Séquard, le 28 octobre; la traction donnait 14 à droite et 11 à gauche, au lieu de 6 et de 5 constatés à la même consultation. M. A. D... pouvait se lever seul d’un siège bas, en prenant un point d’appui avec les mains. Donc, la force des bras et des jambes s’était accrue, il pouvait marcher sans traîner le pied sur le tapis et descendre un étage, même sans tenir la rampe.
M. A. D..., se trouvant beaucoup mieux, suspendit le traitement et put s’occuper activement de ses travaux qui nécessitaient parfois des déplacements importants. L’amélioration acquise se maintint jusqu’au 25 janvier, c’est-à-dire pen-
dant quarante-cinq jours, lorsqu’à la suite d’un léger refroidissement les forces baissèrent rapidement. Quand M. A. D... vint me voir au commencement de février 1891, le dynamomètre était tombé de 15 à 7 à gauche, et de 13 à 5 â droite; l’ascension de l’escalier sans tenir la rampe était devenue impossible. Six séances suffirent pour ramener les forces au point où elles étaient arrivées au commencement de décembre, 1890. Depuis lors, M. A. D.., a continué le traitement jusqu’au 22 juillet dernier, sans interruption, à raison d’une séance par semaine. Le dynamomètre accuse 22 à droite, 19 à gauche, la marche est beaucoup plus légère, la miction et la défécation se font aussi bien que possible, l’appétit et le sommeil sont excellents. En un mot, l’état général laisse peu à désirer.
Les organes génitaux seuls n’ont rien ou presque rien gagné au traitement.
Un fait à noter. M. A. D..., affligé depuis une année d’une fistule à l’anus, a constaté que celleci avait suppuré de moins en moins et fini par disparaître complètement. A la reprise de la médication, j’avais fait administrer chaque semaine, en plus de la séance d’injection, deux lavements d’orchitine.
Dr Goizet.
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)
Cette observation ne permet pas de douter un seul instant de l’action dynamogéniante de l’orchitine sur ce vieillard, qui n’avait d’autre maladie que la sénilité : —
1° Parce qu’aucun autre médicament n’a été employé concurremment avec l’orchitine;
2° Parce que le relèvement des forces coïncide exactement avec l’application du traitement;
3° Parce que ces mêmes forces retombaient quelques jours après la suspension de la médication, pour se relever promptement et se maintenir, en s’accroissant, dès la reprise des injections.
Cette observation est d’accord, en tous points, avec les faits consignés dans la communication faite à la Société de Biologie par Brown-Séquard.
Si les fonctions génitales n’ont retiré aucun bénéfice du traitement, c’est que, dans ce cas particulier, ces fonctions étaient complètement éteintes, et qu’aucune puissance au monde, pas même celle de l’orchitine, ne peut ressusciter les organes qui sont vraiment morts. Les choses se seraient passées certainement tout autrement si les organes de la génération n’avaient été qu’affaiblis; et, si faible qu’eût été l’étincelle de vie, elle se serait rallumée sous l’influence de l’agent régénérateur.
OBSERVATION II
Madame A..., soixante-quatorze ans, ne peut se remettre d’une violente attaque d’influenza survenue en février 1890. L’examen des organes ne permet de constater aucune lésion pouvant entraîner la mort. Pourtant, l’état général devient
de jour en jour si misérable, que le dénouement fatal paraît inévitable, à courte échéance. Ce sont surtout les fonctions digestives et la circulation de retour qui sont atteintes. Madame A... ne supporte plus aucun aliment; le lait, le bouillon, le vin de Champagne sont rejetés par les vomissements. Les membres inférieurs sont œdématiés jusqu'au-dessus du genou, la faiblesse est si grande que la pauvre femme ne peut même plus se tenir assise sur son lit. Les urines sont presque nulles. La nuit est agitée par la fièvre et du délire accompagné d’hallucinations. Ni la caféine, ni la digitale n’ont pu relever le muscle cardiaque.
Le 15 novembre, 1890, je décide la famille à accepter les injections d’orchitine, et le jour même je pratique, à six heures d’intervalle, deux injections d’un centimètre cube. La nuit qui suit cette première séance est plus mauvaise que les précédentes ; la malade a une fièvre intense 39°, 5 et des frissons à plusieurs reprises. Mais, dès le lendemain, les vomissements cessent et quelques cuillerées de bouillon, un peu de Champagne sont pris avec plaisir et tolérés. Le 16, je pratique une nouvelle injection d’un centimètre cube; la nuit se passe sans fièvre. Madame A... dort pendant quatre heures. Les 17, 18, et 19, le traitement continue à la dose d’un centimètre cube, l’état général s’améliore chaque jour: le bouillon, le lait, le vin, un œuf à la coque sont parfaitement supportés, les urines sont abondantes, les membres inférieurs désenflent et, le 30 novembre, la malade est debout, après dix injections.
Pendant le mois de décembre, je fais seulement quatre injections et le 15 janvier, 1891, après deux nouvelles injections, je cesse tout traitement. Madame A... a repris ses forces, peut descendre ses quatre étages et faire ses petites affaires. Depuis cette époque, la guérison ne s’est pas démentie.
Dr Goizet.
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)
Dans cette observation, comme dans celle qui précède, il est impossible de nier l’action du suc testiculaire.
Je pourrais consigner, ici, dans tous leurs détails, quinze autres cas de sénilité simple constatés nt soignés sur des vieillards des deux sexes, 9 hommes et 6 femmes, de soixante à soixantequinze ans. Mais, pour ne pas répéter des faits qui tous se ressemblent, je me contenterai de dire que les résultats, sans aucune exception, ont toujours été prompts et satisfaisants, que la durée du traitement n’a pas dépassé trois mois et que, dans trois cas, cinq injections ont suffi. J’ajouterai que, sur les vieillards, quand l’amélioration est bien établie, les lavements d’orchitine rendent de réels services.
OBSERVATION III
M. S..., homme de lettres, âgé de cinquanteneuf ans, est d’une forte corpulence, le tour de la taille mesure 1,28 m. La santé habituelle est excellente. Les appareils digestifs et circulatoires sont irréprochables. Les fonctions de la génération s’accomplissent sans effort, sans fatigue et avec une puissance qu’on rencontre rarement à cet âge. Les facultés intellectuelles sont excellentes, et le travail est aussi facile qu’il y a vingt ans. M. S... pourrait à bon droit se dire jeune encore, s’il ne sentait en lui l’impression de la vieillesse qui commence à s’installer. C’est la projection de l’urine qui est plus faible, c’est la défécation qui est plus laborieuse, c’est le sommeil qui est interrompu par les rêves et moins réparateur. Enfin et surtout c’est l’emphysème pulmonaire qui rend la respiration très pénible. C’est à la respiration que le temps a fait la première brèche qui livrera peu à peu passage au cortège des faiblesses diverses qui constituent la vieillesse. Pourrons-nous repousser ces premières manifestations de la sénilité, puis réparer la brèche faite par le temps et retarder de quelques années un nouvel envahissement ? L’expérience va se charger de répondre.
Je commençai le traitement dans la première quinzaine d’avril dernier, à raison de trois séances d’inoculations d’orchitine de cobayes t chaque semaine. La dose injectée à chaque séance était de 1 centimètre cube. Après trois semaines de traitement et neuf séances d’inoculations, nonseulement je n’avais obtenu aucune amélioration*
mais 'M. S... était beaucoup plus lourd après les repas, se sentait moins disposé au travail et éprouvait une lassitude générale qui le portait au sommeil. Je conseillai un repos de quinze jours. Deux semaines plus tard, M. S... reprenait courageusement la médication. Cette fois, je crus devoir diminuer l’intensité du traitement et me bornai à administrer, deux fois par semaine, 1 centimètre cube de vaccin séquardien.
Aujourd’hui, après un nouveau traitement de deux mois, c’est-à-dire de 17 séances d’inoculations, l’emphysème a presque complètement disparu. M. S... monte les escaliers et marche avec une facilité beaucoup plus grande. Au moment où je commençai à l’injecter, il ne pouvait gravir plus d’un étage sans s’arrêter; maintenant il visite plusieurs fois par semaine un parent qui habite un cinquième étage, et peut accomplir cette ascension sans se reposer et presque sans essoufflement. Le tour de la taille, qui mesurait 1,28 m. ne mesure plus que 1,12 m., soit une différence de 16 centimètres; le sommeil est devenu très régulier, plus profond, sans rêves, et toutes les autres fonctions, entre autres la défécation et la miction, s’accomplissent dans des conditions notablement meilleures qu’auparavant. M. S... n’a plus l’impression fâcheuse de la vieillesse qui s’implante. Il sent bien nettement que le traitement l’a reporté en arrière, en plein sur le plateau de la virilité ou il se sent en humeur de rester plusieurs années encore, tellement il a conscience de la force et de la vie qui sont revenues en lui.
M. S... avait, depuis de longues années, un eczéma très persistant qui a presque complètement disparu au cours du traitement.
Dr Goizet.
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)
Cette observation importante prouve d'une façon évidente : —
1° Qu’il est possible, avec emploi des injections de vaccin séquardien, d’arrêter la marche de la sénilité, d’en faire disparaître les premiers symptômes et de ramener à la virilité ceux qui viennent d’entrer dans le champ de la vieillesse, en prolongeant ainsi la durée de la vie active et réelle pendant un certain temps. Ce temps peut durer plusieurs années; mais, si court qu’il soit, il n’en constitue pas moins une conquête véritable sur la mort, personne ne peut plus en douter;
2° Qu’il ne faut pas se décourager après un premier échec, et qu’il suffit parfois d’une simple modification dans le dosage du traitement pour obtenir un résultat plus heureux;
3° Que les effets du vaccin séquardien se sont accomplis lentement et sans secousse. Cette façon d’opérer de l’orchitine n’est pas rare chez les personnes dont l’embonpoint est exagéré, et
elle est constante chez celles dont la dépression est encore peu accusée. Il est à remarquer, en effet, que plus la faiblesse est grande, plus le relèvement des forces est promptement appréciable.
L’observation de M. S... répond victorieusement à la lettre que m’écrivait M. J. L... Cette lettre exprime d’une façon précise l’état d’un si grand nombre de personnes, hommes et femmes, parvenues au sommet du plateau et tout près de faire le premier pas vers la descente, que je ne puis résister au désir de l’insérer 'à cette place même.
Monsieur,
Voulez-vous me permettre de vous adresser la question suivante: —
Il me semble que le procédé de notre grand Brown-Séquard pourra être très utilement employé dans les conditions suivantes : —
Prenez un homme de cinquante ans, mais très bien portant, sans lésion organique d’aucune sorte, sans affaiblissement quelconque, mais cependant se rendant compte que, depuis quelques années, il y a légère dépression, la devinant comme logique, plutôt que la ressentant.
Ne serait-ce pas le moment d’avoir recours à ce traitement revivificateur, non plus a titre de guérison, mais à titre de conservation, ^ de réexcitation des facultés physiques et cerebrables, ce qui, chose très importante, retarderait la période critique de soixante ans et au moment où l’homme a toute sa valeur et son expérience
acquise, lui permettrait de travailler plus utilement ?
Telle est l’idée que je vous soumets: prévenir la vieillesse et la maladie et non plus seulement lutter contre un état maladif ou sénile.
Excusez-moi de mon indiscrétion et veuillez agréer l’expression de mes sentiments les plus distingués. J. L...
M. J. L... a du reste fait sur lui-même l’expérience de l’agent puissant que nous préconisons, et la dernière phrase d’une lettre qu’il m’écrivit, au mois de mai dernier, témoigne des bons résultats obtenus; voici cette phrase: —
“ Permettez-moi, mon cher docteur, de pro- “ clamer les résultats merveilleux de la méthode “ dont j’ai ressenti très nettement les effets.
“Agréez, etc., etc. J. L...”
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.’’)
Je pourrais citer plus de vingt-cinq cas identiques à ceux que je viens de publier, mais tous se ressemblent tellement que je me contente de les signaler, afin d’éviter les répétitions. Pourtant je dois mentionner un fait important qui s’est manifesté dans le cours de la cure de Mme V..., âgée de cinquante-quatre ans.
OBSERVATION IV
Depuis six ans, c’est-à-dire depuis l’âge de quarante-huit ans, la menstruation chez Mme V... avait cessé sans reparaître même une seule fois. Au bout de sept semaines de traitement
et après la onzième séance d’injections d’un centimètre cube d’orchitine, en même temps que Mme V... retrouvait les forces perdues, elle reprenait la physionomie, la vigueur et l’ardeur d’une femme de quarante ans. Comme complément de ce regain de jeunesse, les règles firent à nouveau leur apparition, et, depuis le mois de février, date de cet heureux événement, c’est-àdire depuis six mois, cette fonction physiologique s’est accomplie avec une régularité parfaite.
Dr Goizet.
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)