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CHAPITRE Y

Grandes névroses.

Hystérie, catalepsie, épilepsie, éclampsie, chorée, paralysie agitante, hypochondrie.

Toutes les fois qu’il s’agit de régulariser les fonctions troublées du système nerveux, sans qu’il y ait altération organique de l’élément anatomique, l’usage du suc testiculaire est indiqué, et ses effets bienfaisants ne tardent pas, généralement, à se faire sentir.

Les observations qui suivent suffiront à le démontrer.

OBSERVATION I

M. G..., banquier, quarante-cinq ans, éprouva, dans le cours du mois de septembre 1890, le contre-coup d’une véritable catastrophe. Il perdit, emportés par la fièvre typhoïde, sa femme et son unique enfant. Au même moment, sa fortune engagée dans une spéculation financière se trouva

fort compromise; un procès important exigea la rédaction d’un long mémoire et par suite un surcroît de travail, pour lequel M. G... dut consacrer presque toutes ses nuits pendant plus d’un mois. Surmené de toutes façons, il tombe un jour dans la rue, frappé d’une congestion cérébrale dont il se remet au bout de quinze jours. Mais, à partir de ce moment, des vertiges se manifestent à de courts intervalles, les malaises les plus variés se succèdent; le cerveau semble traversé par une barre, les pupilles sont dilatées, les bâillements, les nausées, les palpitations du cœur, la dyspnée font à M. G... la vie intolérable.

Cependant tous ces troubles disparaissaient assez vite et complètement dès que le malade s’étendait sur son lit. Cet état ne fit qu’empirer jusqu’au mois de décembre, malgré le repos de tout travail, le séjour à la campagne et une médication bien appropriée.

C’est à cette .époque, 4 décembre 1890, que M1. G... commença le traitement. Le 31 janvier 1891, moins de deux mois après la première injection, le banquier retournait chez lui, dans un parfait état de santé, qui ne s’est pas démenti un seul instant depuis. 18 séances et 46 injections d’un centimètre cube de suc testiculaire avaient suffi, sans le secours d’aucune autre médication, pour amener ce résultat remarquable.

Dr Goizet.

(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)

OBSERVATION II

M. X..., ataxique depuis une année environ, est atteint de priapisme nocturne qui se renouvelle chaque nuit pendant cinq ou six heures. Cet état, résultat de la maladie, est non seulement gênant, mais devient à la longue très douloureux et même intolérable. Après six séances de deux injections sous-cutanées d’un centimètre cube de suc testiculaire, le phénomène morbide cessa pour ne plus reparaître depuis.

Cette observation nous montre, mieux que beaucoup d’autres, que l’action du suc testiculaire sur la moelle est surtout une action régulatrice et dynamogéniante, qui se manifeste tout aussi clairement, en rendant aux organes génitaux affaiblis leur puissance 1 physiologique normale, qu’en tempérant l’excitation de ces mêmes organes, dont les fonctions ont été déséquilibrées par la maladie.

(Extrait de mon livre “Force et Santé.”)

OBSERVATION III

Mademoiselle T..., vingt-deux ans, est atteinte d’hystérie depuis sept ans. Plusieurs fois par mois, à la moindre contrariété, éclate la grande attaque avec tous ses symptômes, tels que les décrit le professeur Charcot. Dans les intervalles qui séparent les grandes attaques, la douleur ovarienne et deux ou trois autres clous hystériques, la sensation de la boule ascendante, les

palpitations de cœur, la dyspnée, la strangulation, le rire sans motif alternant avec les larmes, etc., etc., existent presque constamment.

Le 3 janvier 1891, je soumets Mlle T... au traitement par les injections sous-cutanées de suc testiculaire, à la dose d’un centimètre cube par jour. A la fin de la première semaine de traitement, les crises étaient plus intenses et plus rapprochées. La malade était dans un état de surexcitation extrême. J’éloignai alors les séances en faisant une seule séance chaque semaine, mais j’injectai trois centimètres cubes de liquide au lieu d'un. Mlle T... n’a pas eu une seule grande attaque jusqu’au 5 février, et l’état nerveux s’est montré beaucoup plus calme. Le 5 février, sous l’influence d’une vive contrariété, la grande attaque éclate, mais elle est moins longue et moins intense. Je continue le traitement jusqu’au 5 avril, en portant la dose de suc testiculaire à quatre centimètres cubes injectés tous les cinq jours.

Depuis six mois Mlle T... n’a pas eu une seule grande attaque, et toute manifestation hystérique a disparu, à peu de chose près.

Dr Goizet.

Pendant toute la durée du traitement par les injections sous-cutanées de suc testiculaire, Mlle T... n’avait pris aucun médicament. Je m’étais contenté d’ordonner des promenades au grand air pendant plusieurs heures et une douche tiède en pluie, tous les jours.

L’hystérie est une des névroses qui exigent le plus de tact de la part du praticien pour le dosage des injections. Si le succès est long à se dessiner, s’il y a parfois même une recrudescence dans l’intensité et le nombre des attaques, ce n’est pas une raison pour se décourager. Une simple modification dans le mode d’administration suffit quelquefois, ainsi que le prouve l’observation précédente, pour amener une prompte amélioration.

Plusieurs fois il m’est arrivé de voir, après une période de surexcitation, le calme se rétablir de lui-même sans changer ni les doses ni le mode d’administration.

(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”) OBSERVATION IV.

M. X..., vingt-neuf ans, employé de bureau, a deux ou trois fois par mois, au moment où il y pense le moins, tantôt à son bureau, tantôt dans la rue, mais le plus souvent la nuit, une attaque, convulsive sur la nature de laquelle les divers éléments symptomatologiques ne laissent planer aucun doute : c’est de l’épilepsie. La médication bromurée combinée avec les purgatifs avàit dans les premières années, — ces crises datent de onze ans, — éloigné les crises et même diminué leur intensité. Mais, depuis cinq ou six ans, ces agents thérapeutiques ont perdu leur action, malgré la dose énorme à laquelle M. X... était arrivé progressivement.

En novembre 1890, M. X... me pria de le soumettre à la méthode Brown-Séquard. Du 16 novembre 1890 au 31 mai 1891, M. X... reçut régulièrement, deux fois par semaine, trois injections d’un centimètre cube de suc testiculaire: c’est-à-dire 52 séances et 156 injections. Dans cet espace de six mois et demi, il y eut quatre attaques; deux dans le mois de novembre, la troisième le 8 décembre, et la quatrième le 26 janvier. Depuis le 26 janvier jusqu’au 31 juillet, le malade a bien eu quelques craintes, quelques avertissements; mais il n’est pas tombé une seule fois. Le 31 juillet, c’est-à-dire deux mois après la suspension complète des injections, tM. X... eut une attaque très courte, très faible et pendant laquelle, fait important, il n’y eut ni perte absolue de connaissance, ni émission d’urine.

iM. X... a repris le traitement depuis le 3 août, et aucune manifestation nouvelle n’a eu lieu.

M. X... et un autre malade, chez lequel je fis une vingtaine d’injections, sont les deux seuls épileptiques que j’aie personnellement traités par les injections sous-cutanées de suc testiculaire. Mes deux malades ont obtenu des résultats assez satisfaisants pour m’encourager à continuer mes essais; j’engage mes confrères à suivre mon exemple.

Dr Goizet.

(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)

OBSERVATION V

La jeune H. K..., dix-huit ans, a la danse de Saint-Guy depuis quatre ans. Les règles ont fait leur apparition il y a trois ans et demi, et n'ont pas reparu depuis. Cette jeune fille est peu développée pour son âge, mange par caprice et fort peu, en somme.

Le désordre des mouvements est poussé à un point extrême. Mlle H. K... marche avec la plus grande difficulté, sans direction, ne peut rien tenir avec ses mains, porte à grand’peine son verre ou sa fourchette à sa bouche, fait les* grimaces les plus hideuses, etc., etc.

Je commence le traitement, le 2 avril 1891, par une injection d’un centimètre cube de suc testiculaire, et je continue avec la même dose répétée tous les deux jours. Après vingt jours de traitement et dix injections, la malade était mieux. Le 28 avril, les règles revenaient, l’amélioration était manifeste pour tout le monde.

Le 25 mai, Mlle H. Iv..., qui était depuis dix jours à peu près débarrassée de sa névrose, eut une nouvelle recrudescence des symptômes. Mais ceux-ci disparurent trois jours après, en même temps que les menstrues revenaient fortes, trente jours après leur première réapparition.

Depuis ce moment la danse de Saint-Guy n’a pas reparu, les règles sont revenues deux fois aux époques prévues, et Mlle H. K..., qui s’est

développée rapidement, paraît en parfaite santé. Cinquante-deux injections ont été pratiquées en quatre mois.

Dr Goizet.

(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)

OBSERVATION VI

M. S..., soixante-cinq ans, avocat, est atteint de paralysie agitante depuis cinq ans. Au mois de janvier 1891, quand M. S... vient me consulter, je constate que le tremblement existe dans tous Jes membres, mais plus accusé à gauche, forme hémiplégique. L’écriture, avec ses jambages de lettres irréguliers et ténus, mais limités dans leur amplitude, est caractéristique. Les mouvements sont lents et embarrassés. Les muscles du cou, de la nuque, des membres, sont rigides et souvent le siège de crampes. Le corps est fortement porté en avant, la face est immobile; quand M. S... se lève, on dirait qu’il est mû par un ressort; il a un besoin incessant de marcher, de changer de place. Dans la marche, le corps est poussé en avant.

Vingt-cinq séances d’injections sous-cutanées de trois centimètres cubes de suc testiculaire, pratiquées en deux mois, ont amené une rémission très appréciable dans les divers symptômes que je viens d’exposer. L’écriture s’est particulièrement ressentie des bons effets du traitement. M. S..., qui pouvait à peine signer quand il

vint me voir pour la première fois, écrit aujourd’hui fort lisiblement une lettre de quatre pages. La constipation, qui était une véritable préoccupation pour M. S..., avant son traitement, a complètement cessé depuis celui-ci. La projection de l’urine a également gagné notablement en intensité.

Dr Goizet.

(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)

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