‹ La transfusion vitaleChapitre 5 sur 46 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des effets produits par V or chitine sur l'homme jeune et bien portant. — Sur les vieillards. — Sur les faibles de tout âge. — Sur les malades. — Effets du traitement combinés avec les applications de la thérapeutique ordinaire.

Je vais examiner maintenant les effets de l’orchitine sur l’individu : —

1° Sur l’homme jeune et en parfaite santé; 2° Sur le vieillard qui ne se plaint que de sénilité ;

3° Sur les faibles de toutes catégories et de tous âges, quelle que soit la cause de leur faiblesse, sans aucune lésion organique;

4° Enfin sur les malades.

Sur l’homme jeune et en parfaite santé, les fonctions physiologiques ne subissent aucune modification appréciable.

Sur le vieillard simplement sénile et subissant les inconvénients que cet état comporte, l’action de l’orchitine, si les fonctions ne sont qu'amoin-

*) Extrait de mon livre “ Force et Santé,” La vie prolongée par la méthode de Brown-Séquard (Ire partie, page 81).

dries et non anéanties, se manifeste très rapidement par un relèvement progressif général de toutes les fonctions physiologiques. Il est rare qu’après un nombre de séances variant de d x à vingt, le sujet n’ait pas reconquis une grande partie des forces perdues.

Je suis heureux de dire que, sur ce point, mes observations personnelles, très nombreuses, sont venues confirmer d'une façon absolue la première communication de Brown-Séquard que i'ai reproduite textuellement au commencement de ce livre.

La marche du développement des forces humaines, depuis l’âge de puberté jusqu a la vieillesse complète, peut être comparée au voyage d’un touriste qui gravirait une montagne dont le sommet serait un plateau.

Au fur et à mesure qu’il en commence l’ascension, ses forces et ses facultés augmentent. Arrivé au plateau, il constate leur stationnement ; mais, sa marche ne s’étant point arrêtée, fatalement il arrive à la descente ; et graduellement aussi, dès qu’il l’accomplit, ses forces physiques et morales diminuent.

La sénilité commence au moment où il va être obligé de descendre.

La grande question que résout victorieusement la découverte de Brown-Séquard était de savoir s’il était possible de prolonger le séjour sur le plateau et de retarder cette descente fatale.

Non, la descente, quoi qu’on fasse, arrive à son heure; mais, dès qu’elle a commencé, et c’est là le point capital, le vaccin séquardien donne la possibilité de retourner facilement en arrière, si vous l’appliquez dès que vous sentez vos aptitudes fonctionnelles diminuer d’intensité.

Et tout ce temps de recul que la méthode vous aura fourni en vous permettant de rétrograder, temps qui peut se prolonger pendant des années dans l’entière plénitude de vos fonctions, est une conquête véritable sur la vieillesse et, par conséquent, une prolongation indéniable de l’existence.

Loin de nous la pensée d’affirmer pour cela que la méthode Brown-Séquard donne l’immortalité! Mais elle retarde l’échéance et rend les dernières étapes plus lentes et plus douces en les exonérant des infirmités si pénibles à la partie finale de la vie.

Logiquement, ceux qui suivent cette médication doivent mourir tard, doucement, de vieillesse, sans connaître ses cruels inconvénients, ce qui est incontestablement la moins pénible des morts.

Quant à la hauteur du plateau et à son étendue, il est impossible de les définir d’une façon générale. Tel l’aura parcouru à trente ans, quand un autre l’aura à peine atteint à cinquante. Pourtant on peut dire que la sénilité commence

ordinairement de quarante-cinq à cinquante-cinq ans.

Sur les faibles de toute catégorie et de tous âges sans altération organique, que leur faiblesse provienne d’un défaut de constitution, de fatigues corporelles et morales, d’excès, de privations, de douleurs, de manque d’hygiène, de tout ce qui, en un mot, peut être une cause de déperdition des forces ou empêchement à leur développement, en dehors, bien entendu, de la maladie, l’orchitine trouve les indications de son application et produit de prompts et de merveilleux effets.

Il est rare que cinq à dix injections n’amènent pas chez eux un relèvement complet.

Il est surtout à remarquer que, dans tous les cas que nous venons de citer, le vaccin sequardien suffit seul au relèvement des forces.

Il n’en est plus de même quand la dépression physique ou morale a pour cause une lésion organique ou une maladie quelconque.

Chez les malades, c’est-à-dire, dans les cas pathologiques, l’orchitine trouve encore son utilité; mais, dans ces cas, elle devient un auxiliaire plus ou moins puissant de la thérapeutique ordinaire.

L’orchitine agit toujours de la même manière, comme régénérateur de la force: c’est en redonnant de la virilité aux fonctions physiologiques, dont elle est le régulateur par excellence; qu’elle

permet aux médicaments de produire leur maximum d’action, qui consiste- à guérir ou tout au moins à prolonger la vie.

C’est ainsi que, dans les affections valvulaires du cœur, dans les dégénérescences du muscle cardiaque lui-même, alors que l’organe essentiel de la circulation avait perdu une grande partie de sa puissance, quand les moyens thérapeutiques ordinaires, tels que la digitale, la caféine, le strophantus et autres agents du même ordre, employés seuls, ne produisaient plus d’effets, que le malade marchait rapidement vers le terme final, c’est alors, dis-je, que j’ai vu, par l’emploi simultané de ces mêmes agents et de l’orchitine, les fonctions physiologiques du cœur se régulariser et permettre au malade condamné à une mort prochaine, de reprendre une existence possible pendant plusieurs années.

Ce que je viens de dire pour le cœur se produit également pour les autres organes, ainsi que le démontrent les observations qu’on lira plus loin.

Dans le traitement de l’anémie, par exemple, les meilleures préparations ferrugineuses voient leur action décuplée sous l’influence de l’usage simultané des injections d’orchitine et des préparations ferrugineuses à l’intérieur. Dans toutes les diathèses, dans toutes les maladies infectieuses, causées par les virus ou les agents micro-

biens, l’action du suc testiculaire est la même: elle augmente l’action de la médication destinée à les combattre. Brown - Séquard pensa tout d’abord que l’orchitine avait pour action unique de rendre aux vieillards la faculté de virilité perdue et, par celle-ci, les autres énergies vitales disparues avec elle.

C’était là une erreur. Les faits ne tardèrent pas à démontrer que l’orchitine a un champ d’action beaucoup plus étendu. Le premier, j’ai pu constater que l’absence ou la diminution de production d’orchitine dans le testicule coïncide d’une façon constante avec l’existence des phénomènes morbides. Soit que cet état de vacuité du testicule fut la conséquence d’une dépense plus grande du suc par résorption, pour faire face à la lutte de l’organisme contre la maladie, soit que la production elle-même se fût ralentie sous l’influence du mal, le fait n’en était pas moins exact. La tentation était grande de déduire de cette constatation qu’en suppléant à la pénurie d’orchitine dans le testicule pendant la maladie par l’introduction dans la circulation d’un suc de même nature pris sur un animal jeune, vigoureux et bien portant, on empêcherait la déperdition des forces du malade, ou augmenterait ses chances de sortir victorieusement de la lutte et d’abréger la durée de la convalescence. J’avoue que la logique me poussant, je ne résistai

pas à la tentation et je fis à plusieurs malades qui me le demandaient les injections d’orchitiîte. Le premier de ces malades, M. Masseron, obtint de la médication des résultats si manifestement heureux que Brown - Séquard communiqua l’observation à la Société de Biologie.

L’impulsion, une fois donnée par moi et encouragée ensuite par Brown-Séquard, produisit rapidement ses effets. Un grand nombre de médecins se mirent à l’œuvre et bientôt le Maître put lire à l’Académie des Sciences le résultat des expériences de plus de douze cents médecins français et étrangers. Au premier chapitre de la deuxième partie de ce livre, le lecteur trouvera, in extenso, ce remai-quable rapport.

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