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CHAPITRE VI

Stérilisation de Vorchitinc. Filtrage , Procédés spéciaux. — Stérilisation de l'aiguille , de la Seringue. — Choix de la Seringue.

Dans la communication faite par Brown- Sequard a la Société de Biologie, le professeur signale les troubles généraux et les douleurs violentes occasionnées par les injections. En outre, des accidents de septicémie, trop fréquents, de la lymphite, des furoncles, des abcès, des phlegmons* survenaient souvent à la suite des injections.

Il était urgent de parer à tous ces obstacles, qui, dès le début, rendaient impraticable une si précieuse découverte. La précipitation inconsidérée d’un .grand nombre de médecins en France et particulièrement aux Etats-Unis, à mettre en pratique une méthode qui venait à peine de voir le jour, leur imprudence, leur ignorance des dangers auxquels ils exposaient leurs malades, amenèrent de tels accidents que

bientôt, surtout en Amérique, les injections séquardiennes tombèrent dans un discrédit très grand. Aujourd’hui encore, aux Etats-Unis, les médecins, restés sous le coup de cette première impression, hésitent à pratiquer la méthode devenue la plus inoffensive des médications.

Je ne rappellerai pas ici toutes les recherches, tous les tâtonnements auxquels je dus me livrer pour arriver à obtenir un liquide d’une pureté absolue et d’une conservation indéfinie. L’historique de toutes ces péripéties scientifiques a été fait dans mon livre “ Force et Santé” auquel je renvoie les lecteurs désireux de connaître ce début de la méthode. Je me contenterai de dire que, le premier, j’ai obtenu une conservation indéfinie de l’orchitine à l’état de pureté et d’innocuité absolues, sans rien lui enlever de son efficacité; que cette pureté ne peut être altérée ni par la température des milieux ambiants, ni par le voyage, ni par le temps. Personne, jusqu’à ce jour, n’a pu atteindre ce résultat, ainsi que le prouve la lettre d’un professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux, dont voici un extrait:

“ Vos liquides se conservent en état de limpidité parfaite après un séjour prolongé dans des milieux à température variable. Ce résultat n’a jamais été atteint avec des produits similaires qui deviennent troubles ou se solidifient en peu de temps.

“ Je vous serais bien reconnaissant si vous vouliez m’indiquer votre procédé que je désire appliquer à la conservation de certains virus.”

De plus, j’ai contribué d’une façon persistante à la vulgarisation et à l’innocuité de la méthode en enfermant, le premier, dans des ampoules de verre stérilisées et fermées au chalumeau, les liquides amenés à l’état de pureté absolue par une stérilisation parfaite. Je fournissais ainsi au médecin et au malade un médicament d’une innocuité parfaite, divisé en doses exactes à injecter à chaque séance, et j’évitais la contamination qui se fait infailliblement dans tout flacon lorsque l’opérateur est obligé d’y puiser à plusieurs jours d’intervalle, la quantité nécessaire à chaque séance d’injections jusqu’à épuisement du flacon.

Tous les préparateurs qui, depuis, ont mis leurs liquides en ampoules n’ont été que des imitateurs.

La pureté de mes liquides constitue à elleseule leur innocuité. Cette pureté absolue est due à la perfection des moyens de stérilisation et de filtrage spéciaux que j’emploie. Voici comment je procède: —

Après avoir réduit en pulpe dans un mortier de verre les testicules des cobayes, ie verse dessus un poids égal de glycérine, chimiquement pure, à 30 degrés, stérilisée à la température de 110 degrés et je laisse macérer pendant 48 heures. J’introduis le mélange dans le tube du filtre à haute pression d’acide carbonique de d Arsonval

et je le soumets à une pression de 100 atmosphères que je maintiens toujours au-dessus de 80 dès qu’elle tend à baisser. C’est le procédé du Collège de France, employé par tous les préparateurs jusqu’ici.

Eh bien, la pratique a démontré d’une façon irréfutable que ce procédé classique, si vrai théoriquement, était insuffisant. Brown-Séquard et d’Arsonval le reconnurent eux-mêmes. Lors de la distribution gratuite du liquide du laboratoire du Collège de France à tous les médecins qui en faisaient la demande, une note accompagnant chaque flacon recommandait d’interrompre l’injection du suc testiculaire dès que celui-ci se troublait, inconvénient qui se produisait habituellement du quinzième au vingtième jour.

Pour rémédier à l’insuffisance du filtre d’Arsonval, j’enferme le liquide, à sa sortie du filtre à pression d’acide carbonique, dans un long tube de verre, traversé dans toute sa longueur par plusieurs fils de platine réunis en faisceau à chaque extrémité du tube, au moment de leur sortie. Je le soumets alors pendant deux heures en l’agitant sans cesse, à l’action continue d’un courant puissant d’électricité. Puis, je termine l’opération par un filtrage sur scories ferrugineuses finement porphyrisées. Cette deuxième phase de la stérilisation — courant électrique et filtrage sur scories ferrugineuses — n’est employée

qu'après le passage à travers le filtre d’Arsonval de la quatrième macération de pulpe testiculaire, ainsi que je l’expliquerai plus loin au chapitre de l’extraction de l’orchitine.

Sous cette triple action, j’obtiens la liqueur mère d’une pureté absolue et d’une conservation indéfinie.

Il n’y a plus aucun accident de septicémie à redouter du fait de l’injection de l’orchitine dans l’économie, à condition toutefois : —

1. Que la peau ait été bien lavée préalablement avec une plaquette de coton hydrophile imbibée d’éther sulfurique pur ou avec une solution antiseptique au bichlorure d’hydrargire chez l’opéré au lieu d’élection de la piqûre, chez l’opérateur sur toute la surface des doigts destinés au contact de la seringue et au pincement de la peau du patient;

2. Que la seringue et l’aiguille ne contiennent aucun élément de fermentation.

La meilleure seringue, à mon avis, est la plus simple, c-à-d. la seringue de Pravaz ordinaire, avec cylindre et piston en verre. Le secret pour éviter tout accident provenant de la seringue, consiste à laver l’intérieur du cylindre avant et après chaque séance d’injections, en aspirant et en refoulant à huit ou dix reprises successives et à plein cylindre, de l’eau ordinaire préalable-

ment bouillie à gros bouillons pendant une demiheure et refroidie suffisamment pour ne pas faire éclater le cylindre à son contact.

L’aiguille doit être en platine irridié. Le moyen le plus sûr de la stériliser est de la passer avant l'injection à la flamme d’une lampe à alcool en chauffant jusqu’au rouge. Je recommande d’une façon absolue, de ne jamais toucher avec les doigts ni le piston de la seringue ni la partie de l’aiguille destinée à pénétrer dans les tissus, une fois que celle-ci a été flambée à la lampe. L’avantage de cette seringue si simple est qu’on la trouve partout, que son prix est modique, qu’enfin tous les médecins et bon nombre de malades en sont déjà pourvus.

Cette seringue suffit. Je l’ai toujours employée sans jamais avoir eu un seul accident de septicémie à déplorer. Je la préfère aux instruments perfectionnés qui exigent, à chaque séance, un démontage et un remontage complets. En effet, c’est toujours dans le maniement de l’instrument que se fait la contamination.

Avec un liquide préparé d’après les procédés que je viens d’indiquer, en se servant de la seringue ordinaire entièrement en verre, soumise aux précautions voulues et munie d’une aiguille en platine irridié préalablement rougie à la flamme d’une lampe à alcool, l’injection d’orchi-

tine est une opération qui n’est pas douloureuse, qui est la plus inoffqnsive de toutes et que chacun peut pratiquer avec assurance sur luimême ou sur les siens.

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