‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 34 sur 83 · Dralet, 26, I, p · texte numérisé non relu

Dralet, 26, I, p

Ainsi la transhumance pyrénéenne ne déplace

CRETE qu'un nombre assez limité d'animaux. Dans certains cantons S,

se il est vrai, à Luz, à Arreau, à Vielle-Aure, l’effectif des transhumants est égal, peut-

être légèrement supérieur à celui des hivernants. Mais, partout ailleurs, il leur est nettement inférieur. En Aspe, en Ossau, il n’en représente certainement pas plus du cinquième, peut-être moins encore. Et si l’on accepte pour l’ensemble du bétail étranger qui pacage en été sur les montagnes, le total de 70.000 têtes d'animaux, on constate qu'il est deux ou trois fois moins élevé que celui des hivernants ?.

Les Pyrénées reçoivent sensiblement moins de transhumants que les Alpes”. Toutefois c’est par la disposition et par la répartition de leurs parcours, beaucoup plus que par leur nombre, qu'elles s’en distinguent.

Le bétail transhumant qui, chaque été, s’en va pacager sur les estives de la chaîne, ne vient en aucune mesure des plaines basses, mais d’un domaine beaucoup plus proche et beaucoup plus restreint. Presque exclusivement aujourd'hui, il se recrute dans la région des coteaux et des avant-monts qui s'étend de l'Ouest à l'Est, tout le long de la chaîne et dans son voisinage immédiat, en Béarn, dans les cantons d'Aramits, d’Oloron-Est et d’'Oloron-Ouest, dans les communes les plus basses du canton d’Arudy et dans les plus hautes du canton de Nay-Ouest (Bruges, Arthez-d'Asson, Asson) ; en Bigorre et au delà, dans le bassin de Lourdes et la plaine d'Ossun, dans la vallée du Nez et sur les coteaux d’entre Gave et Adour, dans les villages de l’Arros et des Baronnies qui confinent à la Neste. Ce sont de petits pays au sol très mouvementé, qui ne sont plus la montagne, mais qui lui ressemblent par plus d'un trait ‘ : la propriété très morcelée, l'étendue des friches et des vacants, l'abondance des prés et des bois. Dans ce domaine, l'élevage du petit bétail s'est maintenu. Il n'est guère d'exploitation qui n'ait son troupeau de bêtes à laine : brebis laitières dans les cantons béarnais, moutons de boucherie dans ceux de la Bigorre et de la Neste. Elevés à l’étable et dans les cultures pendant les mois d’hiver et les saisons intermédiaires, ils attendent d'être conduits, au

2. On peut évaluer le nombre des têtes à laine, en 1913-1914, à 223.000, y compris les animaux qui vivent dans la région de la bordure, région de départ des transhumants. (Voir la

Vie pastorale, p. 191).

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