‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 35 sur 83 · Arbos, 2, p. 591 et · texte numérisé non relu

Arbos, 2, p. 591 et

4, Voir La Vie pastorale et agricole, p. 23-24, 228, 376-381.

cours de l'été, vers les hauts pâturages des montagnes voisines. Ces montagnes ne sont jamais très loin. De son champ, le paysan des rivières et des coteaux béarnais peut apercevoir à l'horizon prochain les sommets au profil familier, où, l'été venu, il mènera pacager ses brebis et ses vaches.

De l’un à l’autre, l'ascension du bétail se fait de la façon la plus simple. Le long de l’étroite bordure où il vit s'ouvrent, de dislance en distance, tous les quinze où vingt kilomètres, les grandes vallées transversales relevées des régions basses vers les hauts massifs de la chaîne. Vers ces portes d'entrée, les animaux s’acheminent. De là, le voyage se fait tout droit, du Nord au Sud. Il y a aussi une poussée de l'Ouest vers l'Est dans la direction des montagnes les plus élevées. Des troupeaux de la Soule et de Barétous vont demander aux vallées d’Aspe et d’Ossau les herbages qu'ils ne trouvent pas dans leur voisinage immédiat ; les brebis béarnaises se répartissent entre les estives du Béarn et celles äe la Bigorre ; les troupeaux de Lourdes et du bas Lavedan gagnent, nou seulement Azun et Barèges, mais aussi les pacages de la vallée d'Aure, La qualification de « béarnais », donnée à des troupeaux dont la plupart viennent de cantons purement bigourdans, exprime bien, en même temps que l'extension de l’ancien élevage béarnais, le sens de la poussée qui porte les transhumants vers les grands massifs de la chaîne, les plus riches en herbages d'été, les plus différenciés des régions inférieures (Voir fig. 1, p. 27). Mais ce n'est là qu'une poussée complémentaire et, aujourd'hui, peu considérable. Le plus souvent, on va au plus près, le bétail des environs d'Oloron vers Aspe et Ossau : celui de Bruges vers Arbéost ; celui de Lourdes, vers Gèdre et Gavarnie : celui des Baronnies vers Arreau et au delà. En deux ou trois étapes, chaque troupeau à gagné son pacage.

T'en résulte qu'il n'y a jamais de très grands rassemblements. Sans doute, à certains moments de l’année, Arudv, Lourdes, Luz, Arreau, présentent la plus vivante animation. Les troupeaux venus des campagnes voisines se groupent ou se succèdent, les bergers en arrière de la colonne, escortés du bourricot qui porte les bacages et le matériel de campement. Sur les flancs. partout présents, les chiens, de cette curieuse et jolie race des labrits pvrénéens, l'œil vif sous le poil en broussaille, vont et viennent, attentifs au moindre signal, et ramènent les bêtes écartées et les retardataires. Pendant plusieurs jours, c’est un passage ininterrompu... Mais, le plus souvent ces vovages se font par groupes distincts, par petits troupeaux, de cent, deux cents ou trois cents bêtes, parfois par

groupes plus réduits encore, Ce n’est pas une invasion en masse du type de celle qui se produit dans les Alpes françaises, dans les Abruzzes, dans les Balkans ou les Karpathes, mais plutôt une sorte d'infiltration. Pour ces troupeaux, la Compagnie des chemins de fer du Midi n’a jamais eu à organiser de transports spéciaux, Car personne jusqu'ici, n’a songé à s'adresser à elle °.

Il n'en est guère autrement sur le versant méridional. Les ramades espagnoles, comme les troupeaux français, viennent des villages de la bordure montagneuse. Celles que l’on trouve en Aspe et en Ossau appartiennent à Anço, à Canfranc, à Salhen, à Biescas, c'est-à-dire aux vallées de l'Aragon et du Gallego : celles du Marcadau, au Quiñon ou quartier de Panticosa ; celles de la montagne d'Aussoue, à Torla et à Broto, du rio Ara : celles qui pacagent sur les immenses pelouses de la Géla, du Moudang et du Rioumajou, en Aure, montent de Bielsa, de Boltaña, de Campo ou de Graus qui s échelonnent sur les rives du Cinca ou sur ses abords. Sans doute, cette bordure est beaucoup plus large que celle des avant-monts béarnais et gascons, et les troupeaux v sont plus nombreux. Mais

elle n'en est pas moins, comme elle, parfaitement distincte des plaines inférieures,

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