‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 38 sur 83 · O1 R © ND · texte numérisé non relu

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Lo transhumance de montagne en plaine n'a été, dans le passé, pratiquée, comme de nos jours, que par un nombre restreint de vallées. Nous en avons la certitude par de très nombreux témoignages. Voici celui de Froidour. Parlant des montagnes du pays de Bigorre (Lavedan et quarteron de Bagnères), il dit : « Il faut observer qu'il y a cette différence entre ces vallées et la plupart des autres qui sont le long des Pyrénées qu'il y a toujours suffisaniment de fourrages pour la nourriture du bétail qu'on y tient, et qu'on n'est pas obligé de le faire descendre dans les plaines comme il se fait presque partout ailleurs". » Froidour croit Ia transhumance descendante plus répandue qu'elle ne l'était effectivement. Mais il montre fort clairement qu'elle était, de son temps, à peu près inconnue en Bigorre. Dralet, dont la Description des Pyrénées a paru en 1815, est plus précis : il ne cite, en fait de troupeaux hivernant en plaine, que les Basques, les Béarnais et les Roussillonnais *. Laboulinière, très bien informé des choses de la Bigorre (il fut secrétaire général de la préfecture des Hautes-Pyrénées au temps du premier Empire et publia en 1815 un excellent Manuel statistique du département), très exact aussi, remarque de son côté que « la plupart [des laboureurs] gardent leurs troupeaux dans leurs métairies, où ils ont amassé une certaine quantité de foin et de regain », que les quelques animaux qui descendent de leurs communes ne s'éloignent jamais beaucoup, et il oppose à ces habitudes sédentaires les longs parcours des troupeaux béarnais.

Ces témoignages, émanant tous les trois de bons observateurs, s'accordent ainsi pour affirmer le caractère sédentaire de l'élevage du bétail dans la partie centrale des Pyrénées et pour en donner la raison. Le bétail y était nombreux. Mais la récolte de foin y était particulièrement abondante, grâce à l'heureuse disposition des prairies de fauche et à la pratique des irrigations, très répandue et très ancienne, surtout dans la vallée de Campan et au pays de Barèges *. À cette raison essentielle, il en faut probablement ajouter une autre. L'industrie était, en Bigorre et surtout en Aure, plus développée qu'en Béarn et dans le Pavs basque. Elle retenait dans les vallées, pendant la mauvaise saison, une partie des habitants et limitait le nombre des bergers disposés à se charger de la conduite des troupeaux ou capables de s’en occuper, isolés et livrés à eux-mêmes, dans de lointains domaines d’hivernage.

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