L. de Froidour, 388, p
7ADralets tal p. 248:
8 Voir La Vie pastorale, p. 100-101.
Pour ces raisons et, sans doute, pour d'autres qui tenaient de la tradition et du genre de vie, les troupeaux des Pyrénées centrales passaient l'hiver dans les villages de leurs vallées respectives. Il a pu y avoir quelques exceptions, des cas isolés de transhumance descendante. Ils ont été rares, limités à un petit nombre de communes et à des circonstances particulières, dans des années de sécheresse. Mais, même alors, les troupeaux, peu habitués à ces parcours dans des domaines inusités, se tenaient à faible distance
de la montagne. Jamais les troupeaux des Pyrénées centrales n’ont pratiqué les grands parcours.
Ce sont les vallées occidentales, d'Azun à la Navarre inclusivement, quiont alimenté la grandetranshumance hivernale en plaine. Le Pays basque, qui a abandonné à notre époque les très longs parcours, les à certainement pratiqués dans le passé. Par un acte de 1242, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir, on voit Henri IT, roi d'Angleterre, concéder au prieur et aux moines de l’hospice de Sainte-Marie de Roncevaux le droit de franche pâture pour leurs troupeaux dans toute l'étendue des diocèses de Bayonne et de Dax au delà de l’Adour. Ce privilège est confirmé en 1253 « pour toutes les terres du royaume de Gascogne” ». En 1289, Edouard [" enjoint à l'abbé de Sordes de ne prélever, sur les vaches et autres animaux qui franchissent le pont du Gave, que deux sous morlaàs par troupeau quel qu'il soit. Or Sordes ne pouvait guère livrer passage qu'à des troupeaux venus de la Soule. Les Béarnais passaient le Gave beaucoup plus en amont. Un Mémoire adressé en 1748 à l'intendant de Tourny par les habitants de la vallée d'Ossau cite les pasteurs basques parmi ceux qui hivernaïent dans les landes de Gascogne ”. Enfin Dralet dit encore des troupeaux de la Soule : « IIS restent dans la contrée où sont conduits dans les landes de Bordeaux *. » Il venait aussi du bétail espaoænol. Un document de 1368 cité par Yanguas parle de trente-sept troupeaux de vaches descendant de Roncal et de Sarasaz dans les landes de Bordeaux pour y chercher leur nourriture ”. De protestations émanées des Etats de la sénéchaussée des Lannes réunis en 1459, protestations sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir, il y a lieu de conclure que les mouvements d'animaux de pro-
9, Rôles gascons, t. I, n° 552 et 2095.