‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 40 sur 83 · Arch, de la Gironde, C · texte numérisé non relu

Arch, de la Gironde, C

12, Dralet, Ï, p. 248.

13, Yanguas y Miranda, 61, t. I, p. 85; t. II, p. 172,

ot

venance étrangère n'avaient pas encore été abandonnés dans le courant du XV° siècle.

On n'insistera pas sur la transhumance basque et espagnole des Pyrénées occidentales, non plus que sur les troupeaux roussillonnais, parce qu'ils sont en dehors du cadre de notre étude. On s’en tiendra aux Pyrénées centrales. Dans ce domaine, la transhumance a été pratiquée exclusivement par un groupe de vallées, toujours les mêmes : les trois vallées béarnaises, Barétous, Aspe et Ossau ; les deux communes d’Arbéost et de Ferrières, sur l'Ouzon, et un petit nombre de communes de la vallée d’Azun, en Lavedan, tel a été le domaine de l’ancienne transhumance pyrénéenne de montagne en plaine.

Avant de la décrire, il nous paraît nécessaire de dire pourquoi ces vallées se sont adonnées à ce mode de parcours.

La transhumance de montagne en plaine est déterminée, essentiellement, par l'insuffisance des fourrages d'hiver et par le trop grand nombre d'animaux à nourrir. Les vallées béarnaises ont été, à cet égard, toujours assez mal partagées. L'étroitesse de leurs fonds, l’exiguité des épaulements et des terrasses, la moindre extension des dépôts glaciaires si favorables au développement des herbages, toutes ces circonstances limitaient l'étendue des surfaces que l’on pouvait consacrer à la culture et, par conséquent, aux prairies à foin, Enfin, pour des raisons qui n'apparaissent pas très clairement, l'irrigation y était peu pratiquée. À l'inverse, la grande étendue des montagnes faisait que lies ressources de l’estivage y étaient pratiquement illimitées, ce qui invitait à multiplier le bétail. Ce manque d'équilibre entre les disponibilités en fourrage sec destiné à l’hivernage et en herbages d'été est un trait distinctif des conditions auxquelles l’industrie pastorale se trouvait soumise dans ce groupe de vallées. Il se manifestait avec une rigueur toute particulière dans certaines communes. Aydius, en Aspe ; Aste-Béon et Gère-Bélesten en Ossau ; Ferrières et Arbéost en Lavedan ont toujours été très pauvres en surfaces cultivables et en prairies à foin. Elles se voient, aujourd'hui encore, obligées d'envoyer, chaque hiver, la presque totalité de leurs brebis subsister dans la plaine.

Toutefois cette condition ne suffit pas. Encore faut-il que les communautés obligées d’expatrier chaque année leurs troupeaux soient assurées de leur pouvoir fournir des conducteurs et des bergers de nombre et de qualité suffisants. La pratique de la transhumance n’est pas seulement un fait d'ordre géographique, imposé par les

conditions du sol et du climat. Elle est aussi, dans une large mesure, un fait d'ordre social. Précisément les vallées béarnaises se sont longtemps, à cet égard, trouvées dans des conditions très favorables. Fort peuplées, comme la plupart des cantons montagnards, elles avaient, en outre, un statut social qui assurait le recrutement d'un personnel parfaitement adapté à la fonction pastorale. Nous avons montré, dans un autre travail *, l'organisation toute patriarcale de l’ancienne société pyrénéenne, la forte constitution de la famille, soumise à l'autorité de son chef, le cap d’oustau, aîné de chaque génération, héritier et propriétaire du fonds cultivable, et insisté sur la situation faite aux cadets. Ces cadets des familles montagnardes avaient naturellement leur fonction dons la vie générale de la communauté. Bien peu s’employaient à des travaux purement manuels, car l’industrie était peu active dans les vallées béarnaises. Un certain nombre quittaient le village natal pour aller chercher du travail en Espagne, plus tard en Amérique ou dans les villes de la plaine. La plupart restaient fidèles aux occupations pastorales, Ceux-là demeuraient attachés à la communauté et s’occupaient du troupeau. Souvent ils avaient leur bétail propre, qui était leur bien. Avec un troupeau d'ne centaine de bêtes ovines, un cadet de famille lavedanaise ou béarnaise pouvait s’entretenir et laisser à sa mort un petit pécule.

Ce sont ces cadets qui fournissaient les bergers des troupeaux transhumants. Dévoués à leur fonction, sachant les soins à donner aux bêtes, la manière de traiter le lait et de fabriquer le fromage, fort capables de calculer, de débattre le prix de location d’un herbage, ils fournissaient un personnel nombreux et tout particulièrement apte à conduire au loin les troupeaux de la montagne.

D'autres conditions ont contribué à développer et à maintenir la transhumance descendante dans le groupe des vallées béarnaises. De ces conditions, sont les facilités de parcours que leurs troupeaux rencontraient dans le vaste domaine de landes étendues à portée des montagnes. À la vérité, elles n'ont eu qu'une influence limitée car, nous aurons l’occasion de le montrer, la plupart des troupeaux s’en allaient pacager dans les terrains de culture. Du moins, le voisinage et les facilités d'accès de ces landes expliquent la transhumance du gros bétail. C’est parce qu'ils étaient propriétaires ou usagers du Pont-long, au Nord de Pau, que les Ossalois ont eu beaucoup de gros bétail et qu'ils ont fréquenté, des siècles durant, les landes du Béarn et de la Gascogne. Il y a, enfin, un

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