Rôles gascons, t. II, n
L’ANCIENNE TRANSHUMANCE ET LES POUVOIRS PUBLICS 7accoutumés. Il leur mande de n’apporter et de ne permettre aucun empêchement à l'exercice de ce droit d'usage *.
Pendant toute la domination anglaise, les troupeaux pyrénéens, béarnais et basques circulèrent donc librement à travers la Gascogne. Le pouvoir souverain leur assurait sa protection et les défendait contre les entreprises toujours possibles des petits seigneurs et des communautés de la plaine. Les vicomtes de Béarn. comtes de Bigorre et de Foix, plus intéressés que quiconque au libre parcours des troupeaux, puisque les populations de leurs domaines montagnards vivaient de l'élevage du bétail, s’appliquaient par tous les moyens à entretenir avec leur puissant voisin des relations de bon voisinage. C’est là, sans aucun doute, la raison de la prudente neutralité qu'ils observèrent longtemps dans le conflit qui mettait alors aux prises les deux royaumes de France et d'Angleterre, Les Etats, dont le rôle ne cessa de grandir dans le courant du XIV*° et du XV° siècles, secondaient leur politique avec persévérance et avec succès
En retour de la protection qu'il leur accordait, le roi d’Angleterre percevait sur les troupeaux un droit de passage désigné par le nom même du sauf-conduit dont il était le paiement : guidonnaqium ; en gascon et en béarnais. quiit : en français, guidonnage. Ce droit de passage était un peu plus élevé que celui qui avait jadis été percu par le vicomte sur ses propres terres. Le traité de 1279 l'avait fixé, nous l’avons vu, à trois deniers par tête de gros bétail tandis qu'il en reconnaissait deux au vicomte. Il était donc fort modéré. Nous ne savons s'il fut plus élevé par la suite, mais Îles documents nous prouvent qu'il ne cessa d’être perçu pendant tout le temps de la domination anglaise. Nous connaissons des actes de 1340. de 1341. de 1405 qui désignent les personnages chargés du soin de percevoir le guidonnage sur « les vaches étrangères
Après la chute de la puissance anglaise, le roi de France continua à prélever les droits de passage sur les troupeaux. C'est à ce moment que semble s'ouvrir, parmi les populations intéressées, une campagne contre le prélèvement des vieilles taxes. Les nouvelles administrations francaises, peu habituées aux usages, en avaientelles auementé le taux ? Avaient-elles, par néglisence où par ignorance. laissé les nouvoirs locaux lever des taxes insolites ) Ou, simplement, les Béarnais espéraient-ils obtenir de la domination francaise en Gascogne la suppression des droits de passage réalisée