‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 53 sur 83 · Thomas. Carte, 17, p. 100, 104, 111, 190, cf. B · texte numérisé non relu

Thomas. Carte, 17, p. 100, 104, 111, 190, cf. B

déjà dans l’ensemble des domaines béarnais ? Il est difficile de le savoir exactement. Ce qui est certain c'est que les redevances exigées des troupeaux furent vivement attaquées. Dès 1459, peu d’années après l'occupation du pays par les agents du roi de France, les Etats de la sénéchaussée des Lannes, réunis à Dax, protestent contre le droit de 12 deniers par livre perçu sur « les pourceaux et autres bestiaux qui sont menez au païs des Lannes, en Labort et ailleurs en lad. seneschaucée, des autres païs [de Navarre et d'Espagne! et Royaumes estranges, pour paistre seulement et non pour veudre », et demandent que « soient quittes lesd. bestiaux desd. 12 deniers en paiant au Roy... ce qui est accoustumé de toute ancienneté. » Ils protestent également contre la levée du guidonnage des « bestes entrans en ce Rovaume de France et au pays conquesté » sur les brebis et les pores « ce qui ne se soulait point fere, mais seulement se faisoit sur les grosses bestes... Ordonne que, sur cet article, information se fera par le lieutenant du Sénéchal des Lannes ou autre notable personne... » *

Les Etats des Lannes n’eurent plus l’occasion de renouveler ces protestatiors, car leur existence fut éphémère, et ils cessèrent bientôt d’être réunis. Mais les Etats de Béarn poursuivaient de leur côté la même campagne contre les droits de guidonnage. Et comme ils pouvaient agir en pleine indépendance, le Béarn se considérant comme pays souverain, il n’est pas téméraire d'affirmer que leurs démarches furent plus efficaces. Dans les dernières années du XV° siècle, ils entamèrent des négociations « en France » pour obtenir l’exemption des péages contre lesquels les Etats des Lannes avaient déjà protesté. En 1492, deux de leurs membres, les syndics Castagnède et Médeville, furent envoyés « en France » pour mener cette négociation : en 1498, trois autres se rendirent à Bordeaux, chargés de « la poursuite du guiit ». ”

Nous ignorons quel fut le résultat immédiat de ces démarches, mais nous savons que les Béarnais finirent par avoir raison. Pendant tout l’ancien régime, leurs troupeaux furent exempts de tous droits de passage dans les domaines du roi, comme ils l’étaient déjà dans ceux de la maison de Béarn-Albret. Ces franchises furent à plusieurs reprises reconnues et confirmées. En 1644, un règlement du duc de Gramont et une décision du seigneur de Poyanne reconnaissaient les Béarnais affranchis de tout droit de

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