‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 58 sur 83 · J. Passy · texte numérisé non relu

J. Passy

Nous ne saurons probablement jamais quels furent les premiers usagers de la lande, des gens de la plaine ou de ceux de la montagne. Mais cela importe assez peu. Une chose est certaine, c'est qu'elle fut de très bonne heure disputée entre les uns et les autres. Les Ossalois y paraissaient armés, en corps de bataille et enseignes déployées, «ab arms et host feyt et senhe desplegats », dit le For. * Le Pont-long fut un lieu de rencontres et de combats séculaires. Dans ces conflits, il est vraisemblable que l'avantage fut pendant longtemps aux montagnards, ardents à la lutte et peut-être plus nombreux que les habitants des communautés, On peut parfaitement admettre que les populations de la plaine, assez nombreuses au temps de Rome, s'étaient trouvées beaucoup plus exposées et beaucoup plus éprouvées par les invasions que celles des vallées. Il est certain que Lescar fut détruit par les Normands. Les populations, dispersées, laissèrent le champ libre aux gens de la montagne. Ils en profitèrent. Les Ossalois durent être maîtres de la lande pendant toute la période qui suivit les invasions et une partie du moyen âge.

Mais la situation ne tarda pas à se modifier. La sécurité revenue, la plaine se repeupla. Les ordres religieux défrichaient le sol et regroupaient les laboureurs. Le pouvoir seigneurial, de son côté, des hauteurs du Vic-bilh ou Vic-vieux, où il avait installé sa capitale à Morlaàs, veillait à maintenir l’ordre public. L'activité reparaissait et partout le paysan s’attaquait à la lande. Celle du Pontlong fut, pour ainsi dire, investie de toutes parts par les communautés voisines. À partir du XIF siècle, la lutte devint pour les Ossalois plus difficile à soutenir.

A la même époque, leur indépendance dans la région montagneuse se trouvait menacée. La maison de Moncade qui succédait alors à la dynastie des Centulle, s’efforçait d'établir son autorité sur les populations de la région montagneuse. Guillaume-Raymond et Gaston VII confirmaient les Fors des vallées ** d’Ossau et d’Aspe, recevaient leur hommage et les rattachaient définitivement à leurs domaines. Pour assurer et développer son autorité, Guillaume-Raymond fonda en 1220 la Cour majour. Et celle-ci entreprit de définir et de défendre les droits de la seigneurie et de rechercher ses titres sur les terres inoccupées ou d'attribution incertaine.

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