CHAPITRE PREMIER
La transhumance d'été, qui mène les troupeaux des régions extérieures vers les hauts pâturages des montagnes, à toujours été en usage dans les Pyrénées. Cependant on en a mis en doute l’existence. Bladé n'observe, dans le domaine qui nous occupe, que des parcours d'hiver, de montagne en plaine. Il ne dit rien de la transhumance inverse *. De Roquette-Buisson, avec le désir très justifié de réagir contre des affirmations hasardeuses et de plaider la cause de l'élevage pyrénéen, affirme qu'il n'y a jamais eu, dans les vallées, de troupeaux venus de la plaine”. « La transhumance n’a jamais existé dans les Pyrénées, déclare-t-il. Les troupeaux des plaines subpyrénéennes n'y venaient point estiver. C’est le contraire qui se produisait, les troupeaux appartenant aux propriétaires montagnards allaient hiverner dans les plaines... Il n’y a eu qu'une transhumance intérieure entre communautés voisines, entre vallées françaises et vallées espagnoles. » Il en trouve la preuve dans le fait qu'aucun document ancien ne fait allusion à des droits de passage sur les troupeaux gagnant la montagne, droits que les seigneurs n'auraient pas manqué de prélever s'ils en avaient eu l’occasion. Et il en donne comme exemple le Cartulaire des Vicomtes de Lavedan, dit Livre Vert de Bénac, compilé en 1406, dans lequel se trouve l’énumération des redevances dues au vicomte. Il n’y est, en effet, nulle part question de taxes prélevées
sur des troupeaux transhumants de la plaine à la montagne, bien
que les documents figurant au Cartulaire se répartissent sur plus”
de cinq cents ans, de la fin du IX° siècle au début du XV°”.