I. — Son état actuel
La transhumance du gros bétail a presque entièrement disparu. La vallée d’Aspe garde tout son bétail à cornes, et il en est de même du pays de Barétous. En Ossau, le bas de la vallée agit de même. Seul, le haut Ossau envoie une partie de ses vaches pacager, pendant trois mois environ, de mars à mai, dans la lande du Pontlong. Encore cet exode est-il limité à trois ou quatre communes (Laruns, Aas-Eaux-Bonnes, ete...) et à un petit nombre d'animaux. Le bétail, appartenant à des propriétaires différents, est placé sous la garde de bergers nommés et appointés par le syndicat du haut Ossau... D'autres animaux, venus des mêmes communes, mais fort peu nombreux, hivernent aux environs d'Oloron et de Gan (huit kilomètres au Sud de Pau) payant leur entretien par la vente du lait, La vallée d’Azun n'envoie ses vaches dans la plaine que d’une façon tout à fait exceptionnelle, dans les années où une extrême sécheresse a restreint les réserves de foin. Encore ne partent-elles qu'au nombre d’une cinquantaine. En revanche, les deux communes de l’Ouzon, Ferrières et Arbéost, font descendre dans le bas pays une assez forte proportion d'animaux. Leurs vaches pacagent, de la fin d'octobre à la fin de janvier, sur les coteaux où confinent la Bigorre et le Béarn, aux environs de Tarbes, à Aureilhan, à Vic, à Maubourguet, à Pontacq.
La transhumance des brebis déplace, chaque année, 30.000 à 40.000 animaux environ, La moitié, peut-être un peu plus, pacage le long des rivières et sur les coteaux sous-pvrénéens. L'autre moitié se répartit en proportions inégales sur les plateaux qui s’inclinent vers la Garonne ou aux abords mêmes de la vallée du fleuve.
Ainsi la transhumance hivernale, comme la transhumance d'été, a vu se réduire ses effectifs. Mais, elle aussi, est restée fidèle aux plus essentiels de ses anciens parcours et de ses habitudes traditionnelles. Comme aux temps les plus lointains du passé, ce sont toujours les troupeaux des vallées béarnaises et ceux de quelques