‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 68 sur 83 · LE SENS ET LA PORTÉE DE LA TRANSHUMANCE HIVERNALE LE · texte numérisé non relu

LE SENS ET LA PORTÉE DE LA TRANSHUMANCE HIVERNALE LE

communes voisines qui s’en vont, à la descente. des estives, paca-

ger dans les rivières sous-pyrénéennes et le long des v dines. Il y a plus. En dehors même des régions où elle s’est main

SH tenue, l’ancienne transhumance hivernale se survit par ©

le multiples vestiges qui nous révèlent à la fois son extension et son immuable

persistance. Ce sont ces vestiges qu’il nous paraît nécessaire, en terminant, de rechercher et de grouper.

allées giron-

IT. — L'apport de l’ancienne transhumance.

Les troupeaux de gros bétail dont nous avons, au cours de ce travail, suivi les migrations séculaires de la montagne à la plaine, appartenaient à cette race pyrénéenne ou barétone qui peuplait autrefois et qui peuple aujourd’hui encore les trois pays d’Ossau, d’Aspe et de Barétous, une partie d’Azun en Lavedan, les plaines béarnaises et le Pays basque, c’est-à-dire toute la partie occidentale des Pyrénées françaises et des plaines limitrophes, Ce même troupeau, débordant les limites de la région pyrénéenne, s’étend, au Nord des Gaves et de l’Adour, dans les Landes, où il est représenté, au voisinage de la côte, par l’ancienne « race marine », et, dans l’intérieur, par des animaux mieux domestiqués mais du même type. Enfin le groupe bazadais se rattache, pur ou métissé de garonnais, à la même famille”. C’est donc une même espèce qui peuple tout le Sud-Ouest de la France, des Pyrénées aux abords de la Garonne inférieure, et de l'Océan aux coteaux de l’Armagnac. Ce domaine correspond exactement à celui des anciens parcours du gros bétail pvrénéen, dont Bazas marquait précisément la limite vers le Nord-Est. Nous avons dit précédemment que Île Bazadais, où les landes s’entremêlent aux cultures, recevait encore, il y a une centaine d'années, un contingent appréciable de bétail hivernant venu de la vallée d'Ossau. Il est impossible de ne pas conclure de cet ensemble de faits qu'il Y a un rapport étroit entre l'extension actuelle de la race du Sud-Ouest, comme on la désigne aujourd'hui, et la distribution des migrations anciennes.

Mais l’histoire de cette transhumance du gros bétail intéresse un domaine qui déborde très largement vers Île Sud les limités de l’Aquitaine. Ces mêmes animaux qui peuplent les vallées occidentales de la région montagneuse, les rivières et les landes, nous Îles retrouvons sur l’autre versant des Pyrénées. Ils occupent la Navarre

7, Voir la Vie pastorale, p. 196,

espagnole, les Provinces basques, les Asturies, la Galice et, dans la mesure où l’on est bien renseigné, le Nord du Portugal. Ici encore des rapprochements s'imposent entre le présent et le passé. Rappelons-nous ces droits de franche pâture accordés et renouvelés à maintes reprises, notamment en 1242 et 1253, par les rois d'Angleterre, ducs d'Aquitaine, aux troupeaux des moines espagnols de Poncevaux. Rappelons-nous ces documents du XIV° siècle, cités par Yanguas, mentionnant les troupeaux de vaches venues de Roncal et de Sarasaz, en Navarre, vers les landes de Bordeaux pour y chercher leur nourriture. Ils nous montrent qu'il faut reculer très loin vers le Sud, au delà des montagnes, le point de départ des anciens parcours qui conduisaient le bétail à cornes jusque dans le voisinage du grand fleuve aquitain. Ils confirment très fortement les constatations des techniciens qui, en se fondant sur les données somatiques, ont conclu à l'identité de la race pyrénéenne et d'une partie au moins des troupeaux de la Péninsule.

Ces vieux témoignages s’éclairent de tout ce que nous apprend l'histoire générale. Il est impossible de parler des migrations des troupeaux sans penser à ceux qui les conduisaient, Or nous savons d’où sont venus, à la faveur de diverses invasions dont les moins anciennes se placent au VI et au VIT siècle de notre ère, les peuples qui ont envahi le Sud-Ouest de la France. Ils descendaient des montagnes pyrénéennes et des plateaux qui leur font suite vers le Sud. Entre les hautes régions de l'Espagne septentrionale et les plaines aquitaniques, il existe tout un domaine où les chaînes pvrénéennes s’abaissent, une sorte de seuil entaillé de vallées, de bassins déprimés, de cols évasés où la circulation est facile. C’est une voie désignée par la nature aux invasions guerrières ou pacifiques, au passage des hommes et des animaux. Comment ne pas conclure que ces troupeaux qui ont occupé et qui occupent aujourd’hui le Sud-Ouest de notre pays sont venus avec les peuples envahisseurs ? Ce sont les anciens Vascons qui ont introduit leur bétail dans les Pyrénées et dans l'Ouest de l’Aquitaine”.

Les mêmes conclusions s'imposent en ce qui concerne le petit bétail. Lui aussi est, très probablement, d’origine ibérique. Qu'il s'agisse des béarnais, des lourdais ou des ariégeois, tous ont un

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