‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 72 sur 83 · Voir ci-dessus p · texte numérisé non relu

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Il nous reste à dégager, des faits que nous venons d'exposer, les caractères de la transhumance pyrénéenne, Nous essaierons, en terminant, de définir sa fonction actuelle et les chances qu'elle peut avoir de se conserver dans l'avenir, $

I — Caractères de la transhumance pyrénéenne.

Des deux formes habituelles sous lesquelles se présente la transhumance, celle de l'été et celle de l'hiver, c’est la première qui déplace, dans le Sud-Ouest pyrénéen, les troupeaux les plus nombreux. Mais elle ne se meut qu'entre des domaines peu éloignés l’un de l’autre, et elle se distingue assez malaisément des mouvements effectués, dans l’intérieur des vallées, par les troupeaux hivernants. L'autre, la transhumance hivernale, n’entraîne que des effectifs assez restreints ; elle n’intéresse qu’un petit nombre de vallées et elle tend à se réduire encore. Mais les troupeaux qu'elle déplace ont des parcours très étendus ; ils descendent, non seulement dans les rivières et les plaines les plus voisines de la chaîne, mais vers les vallées et les coteaux, beaucoup plus lointains, de la Garonne et de la Dordogne, vers Toulouse, Agen et surtout vers Bordeaux.

Ainsi la transhumance, telle qu'elle se pratique entre les Pyrénées occidentales et les plaines de l’Aquitaine, est sensiblement différente de celle qui se développe sur le pourtour méridional des Alpes françaises. Elle nous paraît avoir plus d’affinités avec Îles mouvements des troupeaux roumains entre les Karpathes et Îles plaines danubiennes, et même, avec beaucoup moins d’ampleur, avec les déplacements du bétail balkanique entre les montagnes de l’intérieur (Pinde, Balkans) et les plaines basses qu’elles dominent. Elle a, surtout, un grand air de parenté avec la transhumance espaœnole. De même que les rebaños de la Mesta et les troupeaux de l'Espagne actuelle s’en allaient et s’en vont chaque hiver des régions montagneuses de la Castille (Léon, Logroño, Soria, Cuenca) vers les plaines bordières de l’Estremadoure, de l’Andalousie et

des huertas méditerranéennes, de même les troupeaux béarnais se déplacent des vallées riches de bétail et pauvres de fourrages vers les plaines agricoles où ils peuvent subsister au temps de la disette hivernale. Sur l’autre versant de la chaîne, la descente des ramades aragonaises et catalanes de la région des sierras sous-pyrénéennes vers les rives. de l’Ebre, au cours de la même saison, exprime clairement l’analogie et la simultanéité des migrations des troupeaux basques et béarnais avec celles des troupeaux espagnols,

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