TROUVÉES EN TRANSYLVANIE
Il a été question^ dans le monde savant, de quelques tablettes de cire^ les unes grecques, les autres latines^ trouvées en Transylvanie à la fin du siècle dernier. Ces tablettes^ qui remontent au règne de l'empereur Lucius Vems^ c*est-à-dire au deuxième siècle de notre ère^ sont^ comme on Ta dit, un monument plus querare^ un monument unique, si on admet leur authenticité. On a donc cherché à établir d'une manière posi* tive jusqu'à quel point on peut les regarder comme vraies. Les avis se sont partagés. M. Massman, professeur à Tuniversité de Munich^ a entrepris de démontrer l'authenticité des tablettes (1)) MM. Letronne et de Wailly ont adopté l'opinion contraire (2) ; l'Académie de Pest^ à son tour^ a donné ses observations (3). Après avoir pris connaissance des raisonnements
(1) Lihellus aurarius, sive tahuîœ ceratOBy nuper repertœ, quoi nunc primum edidit Joannes Ferdinandus Matimann. Lutetiœ, apnd Teehener.
(2) Jowrnal des Savants, septembre 1841.
(i) 12 juin, 16 août 1842.
produits de part et d*aatre, peut-être sommes-^nous en droit de dire ce qui ressort de cette discussion intéressante.
Avant touty nous distinguerons les tablettes latines des ta-^ blettes grecques. Les premières^ qui vont nous occuper d Sabord, n'ont pas été trouvées dans le même lieu et à la même époque que les autres. C'est à tort que les savants que j'ai cités les ont^ pour ainsi dire^ enveloppées dans une destinée commune^ de ihçon que les caractères de fausseté qui apparaissent sur les unes doivent influencer l'opinion qu'il s'agit d'exprimer sur les autres,
« Les tablettes latines, dit M. de Wailly^ sont composées de trois feuilles de sapin^ et renferment deux transcriptions d'un seul et même texte ; l'une de ces transcriptions commence sur le recto de la seconde feuille et se termine sur le verso de la première. Cette disposition, contraire à celle que nous adop-^ tenons aujourd'hui^ a été suivie également pour la seconde transcription^ dont le commencement est reproduit sur le recto de la troisième feuille, et la fin sur le verso de la seconde. Le recto de la première feuille et le verso de la troisième^ n'étant pas enduits de cire, servaient de couverture aux tablettes^ et assuraient ainsi la conservation de l'écriture tracée sur les quatre pages intérieures. Ces pages^ régulièrement encadrées par des marges de bois> ont à peu près la dimension d'un petit in-octavo^ mais les lignes y suivent une direction perpendiculaire à celle qu'on leur donne dans nos livres : elles sont tracées dans le sens de la longueur de la page. Le recto de la seconde feuille présente une autre singularité : la cire , au lieu d'y recouvrir tout l'espace qui est réservé à l'écriture sur les trois autres pages, s'y trouve divisée en deux surfaces inégales par une rainure en bois, où M. Massmann suppose, que l'on devait placer quelques styles. Celte rainure^ qui a environ deux centimètres de largeur^ occupe une position analo-