LE DIX RS SERRE
romo, elle accomplit un parcours sinueux d'environ 150 milles. À l'entrée, après quelques collines, se trouve le Moroumbala, haut d'environ mille mètres. Cette montagne, isolée en apparence, se relie en réalité à la chaîne qui borde dans l’est la vallée du Chiré et qui se continue jusqu'aux lacs, comprenant dans ses ramifications le mont Tchipéroni, un des plus hauts de la région. Aussitôt après le Moroumbala commence la plaine immense du même nom, marécageuse et humide, sans fin. Impossible d'y débarquer : c'est le royaume des moustiques; en dépit de toutes les moustiquaires, les infortunés voyageurs qui ont à y passer une nuit doivent renoncer au sommeil.
On va ainsi jusqu'à Pinda, où se trouvent, à 14 saison sèche, de légers rapides peu dangereux vu l'absence de pierres : le fond y est uniquement composé de terre glaise très résistante. En cet endroit et aux environs aboutissent les branches du Ziou-ziou, par lequel le Zambèze correspond avec le Chiré. La monotonie du paysage est rompue par quelques bouquets d’yplænæ où palmier à éventail ; puis la brousse, les roseaux, les hautes herbes, poussent de chaque côté et se prolongent jusqu'à Missandjé (1). Près de ce dernier point commencent, à l’ouest, des inégalités de terrain qui se changent bientôt en une chaîne non interrompue de collines, chaîne qui, sous des noms divers, arrive jusqu'au nord du lac Nyassa.
Le fleuve, à partir de Missandié, se trouve donc bordé, à droite et à gauche, de montagnes qui sont,
en général, assez éloignées des rives, sauf apres
(1) Appelé aussi Port-Herald.
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