‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 23 sur 106 · VE IE EST F · texte numérisé non relu

VE IE EST F

ne voyait les alentours que vaguement, à travers un rideau humide.

— Nous revoici au déluge! dit Bertrand, qui avait endossé pour la circonstance son costume ciré de marin. — Au fait, répondis-je, le déluge n'aurait plus de nos jours d'aussi grands inconvénients, étant donné le grand nombre de navir: dont nous disposons : ils prendraient de: char ments complets d'émigrants avec des conserves pour les nourrir pendant les quarante jours. Seulement il serait à souhaiter que ceux qu se chargeront des exemplaires d'animaux omettent cette fois certaines espèces dont l'utilité est au moins contestable et que Noé embarqua, je gi le dire, assez

la légère : tels les serpents venime ux, les moustiques, les scorpions et Re s, les chiques et tant d'autres dont nous nous passerions bien en Afrique.

Pendant les deux semaines qui ont suivi l'inon dation, une boue jaunâtre et limoneuse couvrit les alentours ; elle mit NE à sécher à cause des pluies qui « ommençaient et qui ne laissèrent plus que de rares éclaircies de soleil. Nous nous réinstallâmes sous nos tentes, car tous les hangars et abris avaient disparu, et, sauf quelques rugissements de lions, rien ne vint rompre la monotonie des nuits

Les journées se passèrent en palabres interminab les pour trouver des porteurs. La famine régnait

L peu près partout; en avril, les sauterelles étaient

’enues et avaient mangé toutes les réc oltes; en sep-

tt , 1ÈS NaDItants avant FE nouveau pu cultiver

uelq les épis de maïs, elle: réeparurent, rasant les

dim À

bananiers jusqu'au niveau du sol, dévorant les cucurbitacées, même le tabac, et désolant le pays (1). Les indigènes n'étaient donc pas disposés, surtout en ce moment, à entreprendre de voyage, et 1l nous fallait aller recruter du monde ailleurs. Nouveau retard, nouvelle attente, tandis que les pluies augmentaient.

Aux environs, je tue quelques antilopes qui nous aident à faire marcher l'ordinaire ; Bertrand surveille ce département avec soin et nous mangeons d'une façon fort convenable en utilisant les ressources du pays : patates douces, poulets, œufs, venaison fraîche. Aussi n’avons-nous recours à nos conserves que lorsqu'il ny a pas moyen de faire autrement.

Croyant pouvoir utiliser la bicyclette dans ces ions, jen avais emporté une d'Europe ; c'était le premier «vélo» qu'on ait jamais introduit dans l'Afrique centrale. Alors qu'ils ne faisaient pas at-

DE à rés

tention à moi lorsque j'étais à pied, les indigènes fuyaient avec épouvante devant cet engin diabolique; les femmes poussaient des cris stridents en se sauvant de toutes leurs forces, comme si un lion eût été à leurs trousses. Ce n’était d’ailleurs là qu'un léser inconvénient de ce moyen de locomotion; Je n'avais qu'à descendre de ma machine pour que l'émotion se calmât : on m'entourait bientôt comme un vulgaire camelot qui faisait son boniment, et on

(1) Elles ne l’ont plus quitté depuis. La patate douce (convolvulus batatas) est le seul comestible que les sauterelles ne touchent pas; aussi les indigènes en ont-ils augmenté et multiplié les cultures,

se haussait sur la pointe des pieds pour mieux voir ma bicyclette.

Le véritable obstacle au cyclisme dans cette résion est le caractère accidenté des chemins; Je n’appris que lentement à me conduire dans un sentier étroit et ‘en entonnoir; puis, une fois que JY fus arrivé, J6 brouvai de fâcheuses surprises : tantôt un énorme tronc d'arbre + placé à un détour, en travers du sentier, me faisait esquisser un panache; tantôt je rencontrais brusquement le lit escarpé d'une rivière, et jen dégringolais les bords, impuissant à ARTE au milieu des rochers et des pierres. Je amassai ainsi, aux environs de Tchiee ARS «nobles pelles». Je faillis tomber dans le Chiré par suite d'un éboulement et ne me rattrapai sur le bord que grâce à des roseaux enchevêtrés. Une autre fois, lancé à fond de train, je roulai de onze mètres de haut dans le hit à sec de la Larantché, heureusement garni de sable fin. Je sortis de là tout contusionné.

Quant à la bicyclette, elle tenait bon et se tirait à son avantage de ces épreuves plus que décisives. Ses caoutchoucs étaient creux ; un pneu n eût pas résisté un jour aux épines de toutes sortes qui jJonchaient les sentiers. C'était une machine plutôt lourde, établie très solidement et pouvant supporter n'importe quelle fatigue. Avant de soupçonner les cabrioles que me réservait son emploi, ] J'avais installé un porte-fusil sous le siège de rene à faire” bicyclette des excursions de chasse. Mais, à part quelques rares espaces de plaines sablonneuses où «ça marchait», le reste du pays mettait tellement mon arme en danger, sans parler de mon individu, que je dus en revenir à la méthode plus lente, mais

ts gré ns ge e*

a me . PETITS lé mms Vr © DE CT et é 7! ess

gare

das r 7 ” Ps dete mb Lo - « . , . t

"FER Fr : ; à n.

te me mt ee mr rt D. ébs se ml d

Scala à: 2

Tete Le dy r = D OP c L ”

“5 à he dd. ni tnt Sd Ha

ds

Page 1