DU CHIRÉ AU LAC BANGOUÉËÉOLO,CHEZ MPÉSÉNI ET CHEZ MOASSI
Personnel. — Marche de l'expédition ; méthode de campement. — Recrutement des porteurs. — La danse du nzâou chez les Magandijas. — Saison des pluies. —
Comment nous vivons, mes compagnons et moi, — Les Azimbas. — Croyances et préjugés indigènes : le
fita ; le moavr et ses verdicts. — Cruautés engendr( par la superstition ; cas de cannibalisme,— Tchinssinga roi des Atchécoundas. — Attaque de notre camp par un lion. — Chez les Sengas ; région abandonnée.
Azimbas, Maravis, Pimbés, Sengas et Ouizas, L'Aroangoua. — Chez Mpéséni. — Origine et mœurs des Angonis. — [L’Européen jugé par un noir. — Chez Moassi. — Esclavage et horreurs de la traite. — Effets de la civilisation sur le noir. — Ce que coûte un morceau d'ivoire. — Industries locales : fonderies, tissages, travaux en bois, lavages d’or, cultures, poteries. — Environs du lac Bangouéolo. — Un porteur tué par un crocodile. — Difficultés journalières. — Les fièvres paludéennes. — Arrivée au lac Nyassa.
En quittant le Nyassaland, l'expédition a voyagé pendant plus de deux ans dans la région ouest. Au point de vue géographique, elle y a accompli des travaux considérables, et 1l ne reste pas un territoire qu'elle n'ait visité en totalité ou en partie.
Les événements, nos besoins, nous ont souvent forcés à revenir sur nos pas, ce qui fait que la ré-
Le
sion entre le Zambèze et le lac Nyassa est presque ntièrement sillonnée par nos itinéraires. La carte ointe à ce volume donne une idée du travail géobhique de l'ex pédition ; la partie technique, Je dit, sera publiée à part. Pour ne pas lasser ntion du lecteur par des amoncellements de noms propres plus ou moins baroques, qui ne fe-
nt que [e Iatig'uel ans l'intéresser, en le for
cant à nous suivre dans le dédale de nos itinéraires, élerai aux données et OgTapniques sul] les regions VISILEES la des: riPption es IMŒUTrs des indi-
oènes dans ce qu’elles peuvent offrir de remar-
al: 1e parlerai des curiosités ethni-
- ) NAS ù "111 = 1N1NC] AIO 11 1 AY\7S = 11 1 » IN "1 Cf 6 : )A1 ‘ ques alns] q LE: CL Pays, CC qui 11€ 1 € 11 PE nNCra pas de raconter, chemin faisant, notre exISLENcE JOurna-
Nous visiterons ainsi successivement le pays des Magandijas, avec lequel le lecteur a déjà fait connaissance (1), le nord du territoire des Atchécoundas (2), celui des Azimbas (comprenant la haute Louyia et ses oo. des Se ngas, de l'Aroansoua, du haut Barotsé, de Mpéséni, enfin de Moassi. défaut d'autre Here ces PRE ont l'attrait, rare de nos jours, de l'inédit. Peu de voyageurs ont visité ces noirs, et les quelques mots qu'ils leur ont consacrés ne les ont pas fait connaître. Comme les indigènes disparaîtront probablement un Jour, isparaissent tous les peuples envahis, débordés, dénaturés par la civilisation, il y a intérêt à parler d'eux et à dire ce qu'ils sont.
À première vue, tous ces gens se ressemblent ;
(1) Du Cap au lac Nyassa, p. ra
(2) Du Cap au lac N'yassa, p. 258, 302.
éme ee by on aipemonttétenme = - Her.
re fe .—1tiléà p RL UE 7 % à — — x - — — . n der = Z 7 me te AE = z = 2 PRES FR as
dans toutes les parties de l'Afrique, on trouve chez les diverses races des caractères communs ; chacune d'elles à cependant quelque trait, quelque détail qui lui est particulier et qu'il faut découvrir et étudier. Cette caractéristique est souvent bien peu de chose, un rien; mais, réunis, ces riens qui définissent les mœurs les plus opposées formeraient dix volumes. Au cours de ce voyage, nous aurons à examiner quelques-unes de ces particularités. En attendant, allons rejoindre l'ex pédition qui s'apprête à quitter
le Nyassaland.
Le lecteur connaît déja mes camarades; 1l me reste à lui présenter mon personnel noir et à lui donner ensuite quelques détails sur notre manière de vivre.
Voici d'abord un personnage des plus importants : le cuisinier, I'chakouamba, d'aspect intelligent, et dont nous avions d'abord espéré faire un cordon bleu; mais malgré de nombreuses et patentes leçons, malgré une application raisonnée et constante de la peine du talon, qui consistait à lui faire manger en notre présence tous les corps étrancers trouvés dans nos plats, ou bien à lui saupoudrer de sable sa nourriture, nous avons fini par iC De. qu'il était inutile d'insister : on naïît cuisinier, dit Brillat-Savarin,on ne le devient pas. Tchak ALTET ER n'en était pas à ses débuts, il avait été marmiton dans la deuxième expédition sous les ordres de Vatel (1), mais il tenait plus à manger les restes
(1) Du Cap au lac N'yassa, p. 203. À mon retour, Vatel était mort d’une chute sur les reins, et Fortuna, après de nombreux vols, ornait les prisons ‘de Quilimane, sa patrie.
ll il Il MIE
(ll 8
qu à apprendre l'art de les accommoder. Les deux
autres cuisiniers (car chacun de nous en avait un,
pour le cas où nous aurions à nous séparer) étaient | | de la force du premier : leurs principales fonctions \h ! onsistaient à plumer des poules, à aller chercher du | Û bois mort et de l’eau, à allumer et entretenir le feu. UE rtrand et moi déni oénéralement les mets, | nous ne chargions les cuisiniers que de surveiller | CUISSON ; après dix minutes d'attention soutenue, (|
| conversation s engageait entre eux, les marmites |
taient d( éneé] -ale ‘ment! abandonné l66sS > elles mêm
gs ms à AT