‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 26 sur 106 · ë A 1 2 Gt ea des plats ou mi-crus, ou brûlés, ou trop · texte numérisé non relu

ë A 1 2 Gt ea des plats ou mi-crus, ou brûlés, ou trop

uits; exhortations et discours restant inefficaces, le | | uet en cuir d'hippopotame intervenait de temps à | | autre: : la cuisine s'’améliorai alors comme par en | | chantement, mais pour une durée « qui excédait rare- 14 ment une semaine, | | Outre les cuisiniers, nous avions chacun notre | | ou nos moulèques, ou boys, comme on appelle in- | différemment les domestiques. Parmi ceux qui nous | | furent fidèles, 1 citerai Ichapanga, La de | de Borely; Mvoukoutou, celui de Bertrand: Ms I biri et haute les miens, qui étaient Per |

hasseurs.

Personnellement j'avais en plus, comme chaseurs, Jambarika, Rodzani et Tchigallo. Chacun | de ces hommes avait des fonctions particulières l'ambarika faisait l'exploration et les reconnais-

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ances de chasse; Rodzani était capitan, c’est-à- || 8 dire chef de camp; Tchigallo, naturaliste-prépara- | | ||

teur. Pendant les marches, et lorsque j'étais avec l'expédition, ils surveillaient les porteurs, faisaient onction de chefs de caravane. Comme ce dernier cas était exceptionnel et que nous partions géné-

ralement en chasse de notre côté, Bertrand avait Jui-même un capitan : Msiamboza.

En plus de ce personnel fixe, il y avait toujours un certain nombre de surnuméraires ou volontaires qui rendaient des services; 1l faut y ajouter les

femmes — car la plupart des chasseurs et des domestiques avaient la leur — et une troupe de

porteurs variant entre 200 et 300, selon les époques. Telle était l’organisation du personnel de l'expédition pendant la première partie du voyage.

Les porteurs se renouvelaient souvent. Quand on n’en pouvait trouver le nombre nécessaire, 1l fallait faire plusieurs voyages : on envoyait en avant dix, vingt, cinquante hommes qui faisaient la navette entre les deux camps jusqu’à ce que tout le bagage en souffrance fût de nouveau réuni; dans ce cas, nous nous séparions et de Borely restait généralement en arrière, attendant que toutes les charges cussent été enlevées. Il s’occupait également du quartier général et s’installait sur un point avec le oros des bagages pendant que nous rayonnions aux environs avec les quelques porteurs indispensables.

Quoique assez souvent séparés par les nécessités de la vie nomade, nous nous trouvions rarement à plus de quelques jours de marche les uns des autres: de Borely a été plus longtemps seul que Bertrand, qui me suivait fréquemment dans mes excursions de chasse. Tous deux ont parfois vécu ensemble tandis que je voyageais de mon côté; enfin, à d'autres moments, nous avons été complètement isolés les uns des autres. Pour mon compte, j'allais journellement à la chasse, et, à certaines saisons de l’année, j'y consacrais des mois entiers. De temps à autre, toujours au hasard des événe-

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ments, nous nous trouv ‘ons réunis ; on passait q uelques Jours ensemble, et puis le manque de porteurs, les explorations locales, venaient nous séparer de nouveau; c'est de ces moments passés ensel nble que je veux parler, lorsque je donne des Hétails

ur notre vie journalière.

Notre existence était exempte de règles et de conventions ; c'était la liberté dans sa plus comblète acception ; à part le service de l'expédition,

acun vivait à sa guise; On mangeait quand on avait faim, sans souci des heures, attendant que l'estomac mamifestat un désir, sans l’obliger à se bourrer à heure fixe, souvent contre son oré, comme l'exigent les usages ridicules des pays civilisés.

Quelques grandes solennités venaient couper la monotonie de notre vie; le jour de l'An, le 14 Juillet, on confectionnait des menus que n'eussent pas désavoués les restaurants à |la mode. Une foule de petites fêtes aidaient en outre à attendre les grandes : c'était l’arrivée du courrier d'Europe, qui, âgé de deux mois au Nyassaland, alla en vieilhssant toujours jusqu à sept et huit: c'était encore les «Jours d'éléphant», cest: à-dire ceux où un de ces pachydermes tombait sous ma carabine : ces jours-là, le camp était en réjouissances; les chasseurs touchaient des primes, les domestiques, un supplément de paie ou bien un pot de moa, sans compter les orgies de viande, très appréciées des noirs. Aussi ce personnel ] référait-il de beaucoup les jours d’éléphant à ceux de courrier d'Europe, où il était défendu de faire du bruit, surtout de venir nous déranger pendant que, dans des postures diverses, sur

une chaise longue, une natte ou un lit de camp, dis-.

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paraissant sous des monceaux de lettres et de Journaux, nous restions pendant de longues heures plongés dans la lecture. Les lettres une fois lue , javais l'habitude de classer mes Journaux par date, et, pour faire durer le plaisir, j'en lisais un ou au plus deux par jour; nous les échangions ensuite entre nous. Le figaro, Les Débats, Le Temps, Le Petir Marseillais, l'Indépendance Belge, quelques illustrés français et anglais venaient ainsi par intervalle nous mettre au courant de la dernière crise ministérielle ou de la nouvelle pièce. Nous nous plaignions déjà de la rareté des nouvelles. Qu'aurais-je dit si J'avais su que, plus tard, je devais rester près de onze. MOIS sans en recevoir! Une fois les lettres et les journaux scrupuleusement lus depuis la date jusqu à la dernière hgne, la conversation roulait encore un peu sur les événements «du jour», puis on reprenait les sujets de causerie habituels On se lançait mutuellement sur son dada : de Borely était intarissable sur l’armée et l'histoire militaire ; 1] pos sède une mémoire extraordinaire, d’une précision impeccable pour les dates et pour les positions res pectives des corps de troupes avec leurs chefs dans les batailles. Les campagnes du premier Empire avec leurs épopées glorieuses ou leurs revers étaient un de ses sujets favoris. Bertrand, lui partait sut la marine, nous faisant suivre des évolutions d’escadre ou de torpilleurs avec mille détails intéressants de cette vie de marin que nous ne connaissions pas, nous décrivant l'existence à bord de ces O1gantesques cuirassés, depuis la soupe jusqu’au branle-bas de combat. Quant:à moi, on me faisait parler chasse ; je racontais ma dernière à l'éléphant, au rhinocéros ou au lion, avec les circonstances

diverses qui s'étaient gravées dans ma mémoire.

Les jours passaient ainsi sans quon se préoccupât de savoir si c'était un dimanche où un mardi, les dates seules étant exactement notées sur le journal et les cahiers d'observations quotidiennes

Comme campement, nous choisissions générale ment un endroit bien ombragé, surtout s1 nous la journée, et autant que possible

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pendant la sécheresse, on devait se contenter de n'importe quoi. Tantôt on creusait dans le lit desséché d’une rivière des trous où apparaissait une flaque plu 1: KU moins pot: ble, tantôt On avait comme boisson le produit verdâtre, boueux ou blanc d’un marais stagnant. Dans les montagnes on trouvait souvent qu qu Ca: ade, q 1elque trou de roche où l'onde était pur et fraiche. Jamais Je ne me suis servi de filtre, n’en ayant même pas em porté. Dans une maison, il est possible d'installer et d'entretenir un de ces appareils ; mais, en marche, c'est impraticable, Or, un filtre n'est efhcace que il est tenu dans le plus grand état de propreté ; dans le cas contraire, il ajoute à l’eau de nouveaux microbes au lieu d’en retirer, et, d’encombrant qu'il était, cet objet ne tarde pas à devenir malfaisant par-dessus le marché. En faisant bouillir les eaux par trop sales, on les améliore, mais on les rend

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