‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 27 sur 106 · UN SE · texte numérisé non relu

UN SE

eee + me mme et

ee GE gr ee

tières organiques, telles que débris de végétaux ou d'animaux, etc, un peu de permanganate de potasse les précipite en quelques secondes au fond du récipient. La teinte rouge we donne est inoffensive. Sont-ce des matières calcaires ou argileuses qui troublent l’eau, de la vase, on clarihe le liquide avec une pincée d’alun. Mais, en général, si celui-c1

est puisé avec soin, comme le nôtre l'était toujours, on a rarement occasion de recourir à ces expédients : il suffit de le laisser reposer dans un seau et de n2 consommer que la surface.

Pour une expédition en marche, l'eau est la chose fondamentale ; s1 elle est bonne et abondante, on en consomme sans parcimomie et le confort en est augmenté ; aussi quitte-t-on avec regret les endroits où elle remplit ces conditions.

Au terme de l'étape, on choisit, comme Je l'ai dit plus haut, l'endroit le plus propice à l'installation ; pour la nuit, le premier lieu venu est le bon; mais quand on doit séjourner plusieurs jours, 1l faut de lombre pour tout le monde, de l'air, de l'espace pour les colis, pour les tentes, selon la saison, et, si possible, une vue étendue. On procède ensuite à la répartition des places : celles des blancs, de la cuisine, des bagages, des femmes, des porteurs, des domestiques ; chacun, avec la précision de l'habitude, s'insta ile aussitôt, sans une observation, sa-

chant que je n’ai pas pris de décision avant d'avoir considéré le pour et le contre de chaque mesure.

Sous la surveillance des capitans, les charges samoncellent en une grande pyramide régulière, les bagages inutiles en dessous, ceux dont on peut avoir besoin, dessus; les ustensiles et articles d'usage journalier sont. laissés à part. S1 le temps menace,

on couvre le tout d'un prélart. Cette besogne achevée, les porteurs prennent les paquets qui leur appartiennent et qu'ils ont ajoutés sur leur charge : nourriture, pagne, marmite, etc, et 1ls vont s'occuper de leur propre campement.

Notre installation varie suivant le moment. Pendant la saison des pluies (décembre, janvier, février, mars, avril et ma), nous dressons nos tentes, celles des bagages et des domestiques, tandis que les porteurs se font, les jours de pluie, des abris en chaume. Je couche alors sur un lit de camp. Pendant la saison sèche, au contraire (juin, juillet, août, septembre, octobre et novembre), j'ai l'habitude de camper à la belle étoile et de coucher par terre, en faisant tendre une toile à voile au-dessus de ma tête, pour me gatantir de la rosée. Bertrand et de Borely préfèrent se servir toute l'année du lit de camp. On monte toujours une petite tente pour servir de salle

de bain.

Les bagages étant arrangés, quelques hommes sont désignés chaque jour pour aider à notre installation ; 1ls dressent les tentes avec notre aide et celle des domestiques, ou bien ils nettoient le terrain au sabre d'abatis, enlevant les racines, les plantes, l'herbe, et balayant soigneusement le sol de l'endroit qui nous servira de salle à manger et de chambre à coucher. Pendant ce temps, tout le monde s'’éparpille aux environs pour ramasser le bois mort destiné à allumer et à entretenir les feux pendant la nuit.

Le bois ramassé, ce qui prend généralement une demi-heure, chacun dépose sa brassée à l'endroit où il compte coucher. On va ensuite à l’eau ; chaque

| JD

rare de .

Page 1