‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 29 sur 106 · DE · texte numérisé non relu

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écru (environ o fr. 80) par journée de marche. Pour les expéditions de chasse, où, une fois rentrés au camp, les porteurs se reposaient souvent plusieurs jours, je ne donnais que moitié prix, en y ajoutant le 2diou ou {chissaoui, c'est-à-dire un peu de viande pour manger avec le maïs, si la chasse avait été fructueuse. D’autres fois, le paiement se faisait entièrement en viande, à raison de six lanières de beltong (viande séchée) pour une, brasse. Vous pouvez exiger que tous ces gens se nourrissent eux-mêmes, sauf à modifier leur paiement en conséquence. Jamais je ne manquais de porteurs pour les expéditions de chasse; ils s'engagealent pour huit, dix, quinze jours, un mois, avec un plaisir marqué.

Dans une expédition, on change donc au moins quatre fois de porteurs par mois. La recherche de ces hommes, leur engagement, leur inscription sur les carnets de route, la distribution respective des charges, le contrôle journalier et le paiement occasijonnent un travail considérable. Si tous ceux qui partent arrivaient à destination, il n'y aurait que demi-mal: mais il se produit des accidents : blessures aux pieds, indispositions, insoumission, etc. qui vous obligent à chercher des remplaçants; vous êtes quelquefois immobilisé pendant deux Jours pour trouver cinq ou six hommes qui vous manquent. Tout fâcheux et lent que puisse paraître ce système de recrutement, il est infiniment préférable à celui qui consiste à engager à Zanzibar, par exemple, 300 hommes pour une durée de deux années. Au bout de quelques mois, vous traînez à votre suite quantité de non-valeurs, malades ou blessés, qui mangent énormément, et 1l vous faut nourrir par

vos propres soins cette horde, qui devient de plus en

plus paresseuse à mesure que le temps passe : on part avec des charges de trente kilogrammes, et on arrive à n'avoir, au bout de quelques mois, que des paquets de dix ou quinze, à cause des traînards ou

des soi-disant infirmes. Vous avez attaché à votre partout, car vous manquez généralement de moyens de les rapatrier. Il s'ensuit que vous devez un jour recourir aux porteurs indigènes pour remédier à 122. à à 4 . v . | ] + | insuffisance des votres, et vous tombez dans | ennuis que vous aviez essayé d'éviter.

Dans certaines régions où le recrutement des por-

teurs est à peu près impossible, on doit emmener

des gens à sa solde; il faut alors les choisir en y

mettant le temps et avec un soin que les chefs d’expéditions y consacrent rarement, ce qui a souvent

les plus £

TAves conséquences.

[I ny a que le premier pas qui coûte, dit un proverbe. C'est à peu près ce que pensent les indigènes africains. Le plus difficile d’un voya,

ge est de

; leur faire quitter leur village ; ils lambinent, dispa- |

raissent tour à tour, se font attendre, échangent avec leurs familles des adieux interminables, comme s'ils s’en allaient pour cinq ans, oublient successivement tous les objets dont ils ont besoin, finalement vous font partir à trois heures de l'après-midi, quand vous comptiez vous mettre en route dès l'aube.

Aussi, ne dût-on aller qu’à cinq kilomètres, il faut

démarrer ce jour-là, à n'importe quelle heure : le lendemain, cela va tout seul, et on n’a plus de souci le 0 n À 4 1Y |] te. SA Fra >. nAasE. ln . An 4 À pa de ce coté pour quelques Jours, à part les accidents

dont J'ai parlé, qui vous obligent à combler des lacunes dans votre personnel.

suite des gens que votre contrat vous force à mener

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