RS EE
Te Te
inutile de songer à aller trouver l’envahisseur ; à plusieurs reprises, comme Je le vis par les traces, le lendemain, 1l vint jusqu'à la limite du rayon lumineux et s y arrêta ; puis, voyant sans doute que tout le monde veillait, 1l s’en retournait, dans sa rage, saccager nos ustensiles. On entendait notamment un Eat semblable à. celui que ferait une boîte en fer-blanc dans laquelle on fout sauter de l'argenterie; 1l " secouait et la secouait encore. Je crus d’abord que c'était une boîte à biscuits à moitie vide qu'il agitait ainsi, mais on verra que Je me trompais. La nuit entière se passa de cette façon des alternatives de silence pendant lesquelles le hon venait nous SHARE, ve le bruit recommen- Çait ; nous fimes qu qui feux de salve, mais 1 ne sen préoccupa guère et n'abandonna la place qu'au premier chant du coq, c'est-à-dire vers quatre heures et demie, heure à laquelle tout bruit cessa définitivement
Nous dûmes attendre le jour pour nous rendre compte de ce qui s'était passé, et ce que je vis me parut si extraordinaire que Jhésiterais à le croire si on me le racontait.
La bête s'était d'abord jetée sur les pagnes et les couvertures que les capitans avaient abandonnés dans leur fuite ; elle les avait lacérés à coups de dents et de griffes ; As elle s état a ain indifféremment à tout ce qui lui était tombé sous la patte : un sac de voyage en cuir fut percé d’un coup de dents ; des bottes furent traversées de part en part, le talon montrant des trous que l’on avait cru faits par un projectile ; une carabine Martini fut portée dans la gueule à dix mètres de là. Des sacs contenant du lard entouré de sel gisaient éventrés à
terre, ayant été traînés dans toutes les directions : le 2 ) LAB sd / / “ St ;
sel qui s'en était échappé blanchissait l'herbe comme une tombée de neige ; enfin une malle en acier avait été brisée; son contenu gisait épars dans l'herbe et ses parois étaient tellement traversées de morsures
dans tous les sens que l’on eût juré qu'elle avait servi de but à un tir à la cible. La bête s'était acharnée particulièrement sur cet objet, et c'était là l’origine du bruit de ferraille qui nous avait tant intrigués; dans un des colis où 1l avait mordu, les redoutables canines du fauve avaient passé à un centimètre d'une boîte de détonateurs à dynamite, et c'était miracle qu'il ne se fût pas fait sauter la tête. Je
nai jamais vu d'autre exemple d'un fauve s’atta de quant à des objets inertes. Il n'avait même pas KE : 4
entamé le lard. La piste sur le sol et l'écartement
l’homme qu'il avait blessé au camp, 1l mourut peu après des suites de ses blessures, la perforation des
tt tiennent GE I EE , ten = | mn = ‘
toujours égal des canines dans les traces de mor- | û à sures indiquaient que le lion était seul. Sa taille | L était considérable, Je me mis aussitôt à sa poursuite; | fi nous suivimes sa piste Jusque sur les collines, à | 1 À quatre kilomètres de Mtchéna, puis nous les per- | FE dimes à cause de la nature pierreuse du terrain. LEA J'appris, à mon retour, que ce lion était un redou- | L table mangeur d'hommes : 1] avait tué pas mal de | 1 sens depuis une année; mais 1l n'avait pas donné | |de ses nouvelles pendant assez longtemps. Quant à (ll | | Fr
LH
intestins, déjà très grave, s'étant compliquée d’une | Hit péritonite. | | | k |
Je reprochai à Tchinssinga de ne pas m'avoir 1 h prévenu que le village était fréquenté par ces re- ILE Lu doutables visiteurs nocturnes ; mais 1l me répondit, | (4! non sans quelque raison, qu'il avait mis à ma dis- (ll a: : LE (A à
Le,
4 + SRG TESTS IN TOME EE mn WE + ( J.
position une case dans son enclos, que je n'avais pas voulu l’accepter; d’ailleurs, ajouta-t-il, 1l y avait déjà plusieurs mois que le lion avait cessé ses visites.
Je réfléchis qu'en somme il y avait peut-être moins de danger à accepter son offre qu'à rester où j'étais, et, cédant aux instances de mes gens, Je pris possession, le jour même, du logis qu’on m'offrait. D'ailleurs, je m'empresse de reconnaître, à la louange de Tchinssinga, que mes soupçons étaient
mal fondés : il me fit excellent accueil et se conduisit toujours avec moi comme un honnête homme. Je dois dire, à propos de cet accident, que J'avais dérogé à mes habitudes en campant dehors et près d'un village. Mille inconvénients se rattachent généralement à ce genre de bivouac : vous ne trouvez pas de bois à brûler; vos hommes se disputent ave les indigènes ou s'enivrent avec eux; les naturels sont toujours fourrés dans vos jambes ; votre camp est envahi du matin au soir par une foule de curieux qui surveillent vos moindres gestes ; enfin, vous êtes exposé souvent aux déprédations des fauves qui fréquentent nuitamment le village et contre lesquels les habitants prennent précautions, se calfeutrant généralement chez eux sans même vous prévenir, vous qui êtes à la belle étoile. D'ordinaire, si je campe dans un village, Je demande pour moi et mes hommes un certain nombre de cases dans lesquelles nous nous enfermons pouf la nuit, tout comme les indigènes. En pleine jungle, au contraire, on campe avec les précautions et d'après la méthode ordinaire. Il y a, je le répète, beaucoup moins de danger à attendre des fauves
qu'aux alentours immédiats des
toutes leurs
dans la brousse
heux habitées.
DU ZAMBÈZE AU CONGO FRANCAIS 62 (ll
En mai et juin, l'expédition continuant sa marche explore les massifs montagneux de Matchinga, de Katoa, de Msakara, de Mano, de Missalé, et se | retrouve sur le haut Kapotché; puis elle descend | vers le Zambèze en juillet, repasse à peu de dis- LA tance d'Oundi, de triste mémoire (1), et traverse le ll | pays des Sengas, visitant la rive gauche du Zambèze. |
J'ai montré tout à l’heure combien les Azimbas avalent été persécutés par leurs puissants voisins. Les Sengas n’ont guère été plus heureux : d’un pays abondamment peuplé et relativement prospère, la guerre et les razzias ont fait un désert où ne se voient plus que les emplacements d'anciens villages. Quelques endroits déboisés, des monticules de terre, des débris d’ustensiles, quelquefois des ossements humains, indiquent seuls aujourd’hui au voyageur | que ces lieux étaient autrefois habités: la nature a | ‘épris son domaine et ses droits : l'herbe et les broussailles remplacent les cultures, et l’on marcheà travers ces régions en tous sens, parfois pendant des semaines, sans rencontrer une âme.
Les causes auxquelles on doit attribuer ces changements sont toujours les mêmes : la lutte du plus fort contre le plus faible pour alimenter la traite des esclaves, l'instinct de s’entre-dévorer qu'ont partout les hommes, et surtout les usages sociaux qui veulent que la femme fasse toutes les besognes, lais- {| sant l'homme dans une inaction absolue dont la con- | | séquence est un besoin d'activité qu'il ne peut sa- EL RUES tisfaire qu’à la chasse ou à la guerre ; de plus, la Al | Ë
Ps En ARE LA SN Rte TN ie ee — ————— . A + né L L< - - p
coutume invétérée d’avoir des esclaves et de mesu-
« \ T°) y ÉD : A GA VIE A7 ACO/A - y Det fp (1) LU Cap au Lac À Vassa, P. 27.
rer au nombre que l’on en possède sa richesse et son bien-être, ou bien encore la possibilité de se procurer auprès des caravanes arabes contre ces mêmes esclaves tout ce que l’on désire : étoîtes, poudre, verroterie, sel, etc.
Azimbas, Sengas, Maravis, Pimbés ou Chèvas, qui peuplaient le pays entre Makanga et l'Aroangoua, au nord du Zambèze, tous ont eu le même sort ; tantôt les Atchécoundas, tantôt les gens de Mpéséni, ont fait sur és terpéoire des incursions dévast: itr ices, réduisant d’abord à l'impuissance, puis à la misère absolue, a et Thasonarilira. qui en étaient les chefs et dont les descendants n'ont plus aujourd'hui aucun prestige. Les M: ravis, les Pimbés, ont disparu avec leurs usages, leurs idiomes particuliers ; il ne reste plus que quelques malheureux Azimbas et Sengas clairsemés ; les pets que Jai déja cités, au nord et à l’ouest de Makanga, au sud de Mpéséni; les seconds, aux environs de l Aroangoua.
Au point où j'en suis de mon récit, c'est chez ces derniers cu nous nous trouvons. La rive gauche du Zambèze est partout hérissée de hautes montagnes
1 LE - PP . CO r . "3 distribuées en différents massifs entre lesquels se développent des plaines Ho: s, sénéralement b:
arrosées. Tout cela est désert, ou à peu près; de
4: L n 4 . r .? ai > rares hameaux sengas se dissimulent aux flancs des
montagnes, sur des aspérités formant des balcons naturels. Les habitants ont là des cachettes où 1 ardent leurs vivres; à la momdre alerte, la population disparait en quelques minutes.
Au physique, les Sengas offrent une seule parti-
. - 1 ! in 7
f 4 | NZ -ularit 5) MOCECE :: LIS OL QULULIIIC LJ 1111101 LC LUI :
ÈZE AU EONGO FRANCAIS 69
lents en pointe, en haut comme en bas. Quand ils rient, leur bouche rappelle vaguement celle du bro chet ou du requin; mais Le n'en ont pas FA férocité : ce sont de pauvres gens bien paisibles, tranquilles
et, à cause de cela, tres persécutés.
Ne nous attardons pas dans ce pays de misère | et ne suivons pas l'expédition dans son voyage | 4
de retour vers le nord à travers les régions que je | viens de citer ou dont j'ai fait mention dans mon {1 précédent ouvrage; il est plus intéressant d'en arriver au mois de novembre 1805, époque à la-
quent nous nous dirigions pour la deuxième fois
ER enes
s l'Aroangoua, ce grand fleuve, affluent principal Re rive oauc he * du Zambèze, dont l'embouchure à Sobenbe et la source au nord du lac Nyassa. Mon intention, à cett au lac Bangouéolo et agner ensuite le Nyassa
y ar le pays de Moassi. C'était faire un crochet
x époque, était de me rendre
( le ; BÉST |
norme du nord à l’est, mais 1l couvrait un pays peu connu et, par conséquent, intéressant à visiter.
Les circonstances m'ont forcé à modifñer certaines arties de ce programme ; les délais que je m'étais A
] 1 & 4 1 - x = - 1 ” + d'abord fixés pour le remplir ont dû être prolongés ;
néanmoins j'ai fini par l’exécuter à ma satisfaction.
Nous EN donc en marche vers l’Aroangoua,
ritoire des Sengas dans celui des
— pt bpmt es a ep] in (US Ps dond M es Fr
RÉ Éere
ea
AE sp ‘é ce sur les deux rives du fleuve. | ‘ette partie de notre itinéraire traverse un pays esque plat où, à part quelques collines, le ter-
coivent être extrêmement marécageuses. Nous bivouaquons sur le bord de l’Aroangoua en un endroit auquel nous avons donné plus tard le nom de camp
rain est humide. Au moment des pluies, ces plaines | |
ee