‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 40 sur 106 · PRE · texte numérisé non relu

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MAGANDIAS. — Tisserands au travail.

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espèces de #0urious, plantes qui croissent naturellement dans les champs cultivés, dont quelquesunes ressemblent assez à nos épinards : pour mon compte, Je les trouve excellentes (1).

La chasse aux éléphants occupait autrefois des milliers d'individus ; il a suffi de quelques années pour que, dans le nord du Zambèze, cette industrie tombât complètement; les éléphants ont déserté les pays des Magandijas, des Atchécoundas et d'Oundi, sauf dans les parages du haut Kapotché et de l'Aroangoua, à l'ouest de Mpéséni et de Moassi, où on en trouve encore quelques-uns. On peut dire qu'ils ont …bandonné la région à la suite de la guerre sans trêve qui leur a été faite.

Le tribut à payer au roi est d'une défense par éléphant tué. Lorsque la bête est tombée, la défense qui est du cûté du sol est la propriété du chef du territoire: en pays portugais, cet impôt s'appelle ) dente da térra. Devenu insignihant dans les pays que je viens de citer, puisqu'ils sont dépeuplés d’éléphants, il constitue encore un revenu assez considérable chez Mpéséni et Moassi. Comme chasseur, je m'en suis généralement affranchi en payant au roi une indemnité que nous débattions ensemble. Le chef a droit, en outre, à une jambe de derrière, c'est-

(1) En voic l'énumération à l'usage des Européens. Le matakoïia-tsano seul peut se manger Cru €R salade ; il rappelle la mâche. Le roun:, espèce de trèfle, est amer comme de l’endive cuite. Le bonongoué, une amaranthacée, rappelle exactement lépinard. Enfin il ya diverses autres espèces comestibles, telles que la adz1,le niakaroukouaré, le nionkoloa, le mouanadoukoumoua, la doudoua,

le soungouroungbdé, le lirimé-ia-ngombé, etc.

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a-dire à un gigot d’éléphant. Chez les Atchécoundas, le roi seul peut manger la trompe : on la lui envoie immédiatement ; il s'approprie d’ailleurs les deux défenses et remet en retour à ses malheureux sujets une contre-valeur dérisoire.

Dans les rivières, les indigènes pêchent pour leur nourriture, mais ils ne font pas métier de vendre du poisson ; ils se servent, pour capturer celui-ci, de nasses, de filets, mais pas d’hamecons; à certaines époques de l’année, à l’aide d’une plante spéciale dont on sature les eaux à leur source, tout le poisson est empoisonné et on dépeuple complètement les cours d'eau; cette plante est nuisible au poisson mais non à l’homme, ce qui permet à ce dernier de manger impunément le produit de sa pêche.

Comme potiers, les noirs de cette région n'ont rien de remarquable ; ils font toujours des pots à moa, des marmites, des écuelles grossières. Les Atchécoundas exécutent dans le même genre des travaux plus soignés.

Les industries se résument, comme on voit, à fort peu de chose.

Ayant donné plus haut quelques détails sur les croyances et les superstitions religieuses, il ne me reste plus qu'à quitter cette région. J'en suis parti en mal 1806, reprenant mon projet primitif, qui était de me rendre au lac Bangouéolo.

L'expédition repassa l'Aroangoua et s'enfonça dans le pays des Barotsés. Le début du voyage fut des plus agréables : le gibier était abondant, les populations assez bien disposées, le terrain facile. Mais

plus nous avancions, plus les circonstances changeaient. Nous traversâmes bientôt des régions dévastées par la traite. Le recrutement des porteurs y était difficile. Le pays, cessant d'être montagneux ou accidenté, se transformait graduellement en une plaine monotone qui devenait de plus en plus détrempée. À peu de distance du lac Bangouéolo, ce n'était plus qu'un vaste marécage; nous étions alors

1 deux jours environ du vieux village de Tchi-

tambo. où est mort Livingstone. Un voyageur anglais, grand chasseur en même temps, le capitaine Weatherly, était à cette époque en route VErS le lac Bangouéolo, qu'il explora en août, comme je l'ai

appris lorsque que Jj'eus fait sa connaissance au Tan-

ganyika; il m'a dit avoir trouvé, lors de sa visite, e sud du lac à l'état de marécage, ce qui me porte

à croire que cette région ne se dessèche jamais; quand jy ai été, on aurait cru voir les suites d'une nondation récente, tellement le pays était humide. Une bonne attaque de fièvre qui nous prit, de Borely et moi, me décida à rebrousser chemin vers Moassi, où nous étions de retour en juillet.

Cette fois, je pris la direction du lac Nyassa et, traversant le pays des Angonis, Je vins camper sur

le Nidipé (1), qui se Jette dans le sud-ouest du lac.

L'impression que J'ai rapportée de mon voyage dans le sud du Bangouéolo est que ce pays a dû être complètement ravagé par deux traitants arabes appelés Tchikouanda et Tchikouala, qui résident toujours dans le pays et y inspirent la terreur ; ceux des chefs qui avaient une certaine puissance leur ont euls résisté. Les villages que l’on rencontre sont

(1) Et non Lintipé, comme on l'écrit sur les cartes.

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