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| ME: “ht pu AU à ar A ee vr= Re, < EAN UE 92 TRAVERSÉE DE L'AFRIQUE ÉQUATORIALE [Ent entourés pour la plupart de fortes palissades ; les
FU souverains indigènes qui paraissent avoir toutes ces LA tribus sous leur autorité absolue sont : Méri-Méri Li et Karonga dans l’ouest, Kabemba et Iomboué au il nord. Toutes les populations du sud du Bangouéolo | appartiennent à la race des Ouïzas, qui s'étend Jusqu'à l'Aroangoua. Ce sont des gens pacifiques et d'un commerce facile, beaucoup plus hospitaliers, à mon avis, que les Sengas ou les gens de Mpéséni. Entre le Bangouéolo et l'endroit où nous avons rebroussé chemin, Jestime quil doit ÿY avoir une étendue de 80 kilomètres de marécages : J'aurais bien pu à la rigueur pousser jusqu'au Louapoula, qui n'était qu'à deux jours de voyage dans l’ouest, mais, voulant visiter le lac Nyassa, je ne devais pas perdre de vue que marcher dans cette direction | meût, pour toujours peut-être, éloigné de mon but Au cours de cette expédition, nous avons visité une région assez élevée appelée par Thomson, je crois, le pays d’Ilala (1), puis nous avons passé à quelques heures du lac Moir; de ce côté encore nous avons rencontré force marécages jusqu’au pied des monts Îroumis, que nous avons franchis. A part notre mauvais état de santé pendant le retour vers l'Aroangoua, ce voyage n’a été coupé par aucun incident notable ; mais, après, il n’en fut plus ainsi. À peu de distance du fleuve, nous fûmes arrêtés en chemin par une trouvaille que firent les porteurs : c'était un buffle tué par des lions et que des nuées de vautours nous avaient signalé; son dépeçage ayant duré fort longtemps, nous dûmes nous ré-
(1) Les indigènes m'ont donné ce nom comme étant celui d’un grand village disparu.
soudre à ne pas atteindre l’Aroangoua ce jour-là, et on campa au bord d’un ruisseau. Nous avions avec nous deux moutons et une chèvre achetés aux indigènes, et le soir, comme d'habitude, on les attacha à un piquet au milieu du camp; pendant la nuit, les lions prirent leur revanche et, avec une audace extraordinaire, vinrent enlever un mouton au milieu des dormeurs ; les appels désespérés de lanimal mirent tout le monde sur pied, mais trop tard. Je m'installai à l'affût en mettant le deuxième mouton bien à portée des fauves, mais ils jugèrent prudent de ne pas recommencer.
Le lendemain, l’arrivée à l’Aroangoua fut attris-
tée par un accident horrible : un de nos porteurs fut saisi par un crocodile pendant qu'il se baignait, et, malgré nos efforts, nous ne pûmes le: sauver; :la bête l'avait saisi-par une cuisse, et elle l’entraîna pendant que le malheureux criait au secours en se -cramponnant à quelques branches peu solides, hélas! Un de ses camarades parvint à lui saisir la main, mais le crocodile donna une violente secousse qui fit casser les branches et lâcher prise au sauveteur ; on tira des coups de fusil, on poussa des cris, on tendit une perche, mais ce fut en vain ; le malheureux, se débattant de ses membres restés libres, s’en alla à la dérive, luttant jusqu’à la dernière minute. Il finit par disparaître pour toujours. Vous ne sauriez vous imaginer combien il est navrant d'assister à un tel combat. Rien n’est plus terrible que cet ennemi invisible, inexorable, qui peuple les rivières africaines.
Quelques jours plus tard, un #ouanamambo (1) de Mpéséni, sous prétexte que le cadeau que je lui
(1) Ministre représentant ; textuellement : fils de roi.
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