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cuire dans des marmites avec de la graisse et du sel, selon la méthode ordinaire. Ou bien, ils la boucanent, en la coupant en menus morceaux que l'on passe sur de petits bâtons. On expose alors ces brochettes à un feu lent (1). On fait également boucaner les doigts et les parties osseuses pour les conserver.
Dans une case d’un petit village de l’'Ouroua où j'arrivai la nuit, je fis tomber par mégarde un sac de paille qui était pendu au plafond : une partie du contenu s’en échappa et jy trouvai quelques échantillons de ces appétissantes conserves une mâchoire, quatre doigts humains tout noirs et recroquevillés et des morceaux de viande boucanée.
Les chefs collectionnent les crânes de leurs victimes et en font des trophées; les indigènes portent des bracelets ou des colliers faits d'incisives percées et enfilées, de doigts humains, etc.
Lorsque j'ai parlé de la révolte des soldats du baron Dhanis, on a déjà pu voir que les Bakoussous, les Batétélas et les gens de lArouimi qui composaient les milices étaient retournés à leurs vieilles habitudes et qu'ils avaient vécu pendant longtemps de chair humaine. Après avoir «con sommé» les quinze blancs qu'ils avaient massacrés, ils avaient mangé les boys ou petits domestiques, les femmes et enfin bon nombre de leurs propres auxiliaires ou porteurs.
(1) Celles que j'ai vues chez les Baloubas et chez les Mombouttous ressemblaient absolument, sauf la graisse, à des morceaux de porc ; la viande en était blanche et d'un tissu assez serré.