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ffures de Baloubas
L'indigène ne perd jamais ses bonnes habitudes : pendant la campagne du Dahomey, lors des premiers engagements, à Kotonou, les Européens manquaient absolument de viande (le 5 mars 1600, par exemple); les tirailleurs gabonais (1) en avaient, eux, et leurs marmites en étaient pleines ; Je parierais bien que c'était du Dahoméen de choix!
Pendant les grandes expéditions qui ont marqué la conquête du Congo belge, campagne arabe, campagnes des chutes de Stanley, du haut Itouri et tant d’autres, des hordes d'indigènes suivaient les armées, comme ces requins qui accompagnent les navires; tous les morts ou les blessés qui tombaient entre leurs mains étaient boucanés ou consommés sur place; si, par hasard, l'expédition revenait sur ses pas, elle ne retrouvait jamais, à la place de chaque cadavre, que la tête et les intestins : le reste avait disparu.
Les gens de Basoko ne respectent rien; non seulement ils mangent les prisonniers et les esclaves, mais ils se régalent encore de tous ceux des leurs qui meurent d'accident ou de maladie (à moins que ce ne soit de la lèpre ou de quelque autre affreuse affection de la peau); si le défunt a succombé à une plaie, ils se bornent, de même que pour les blessures causées par les flèches empoisonnées, à enlever et à jeter la partie malade.
Voilà bien, n'est-ce pas, une étrange façon de prouver aux morts les regrets qu'on a de les voir partir, et surtout un procédé d’enterrement pratique et expéditif? Il fait penser à ce missionnaire revenant dans un pays où, quelques années auparavant,
(1) Ex-Pahouins Nyams-Nyams ou gens de l'Oubanghi.
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